MAROC
08/11/2018 12h:30 CET | Actualisé 08/11/2018 12h:31 CET

11e édition des MEDays: Soutiens renforcés pour l'adhésion du Maroc à la CEDEAO

Une première journée du forum des MEDays marquée par des élans de fraternité entre le Maroc et des pays membres de la CEDEAO.

MEDays 2018

ÉVÉNEMENT - Des discours rassurants et fraternels et des réaffirmations de soutiens autour de l’adhésion du Maroc à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont marqué, hier à Tanger, l’ouverture de la 11e édition du forum des MEDays. Anciens chefs d’Etat, ministres et experts se sont exprimés lors d’ateliers et panels sur cet angle de réflexion plus que jamais au coeur de l’actualité marocaine et africaine. 

Soutien de poids, le président du parlement de la CEDEAO, Moustapha Cissé Lo, a réaffirmé, dans une intervention, son engagement à soutenir la demande d’adhésion du Maroc. “Le parlement de la CEDEAO, dont j’ai l’honneur de présider la quatrième législature, a maintes fois exprimé son soutien à l’adhésion du Maroc à la CEDEAO. Je réaffirme ici donc, notre détermination et notre engagement à toujours travailler de concert avec le parlement marocain pour soutenir toute initiative d’intégration en vue de la création d’un espace régional prospère, sûr et ouvert pour tous”, a-t-il souligné lors d’un atelier sur les fondements de la vocation ouest-africaine du Maroc. Appelant à un partenariat solide, M. Cissé Lo a notamment relevé l’importance de l’adhésion du royaume dans cet espace communautaire le plus dynamique en Afrique pour bâtir une plus grande puissance politique et économique régionale ayant du poids dans les négociations internationales. 

Le Sénégal a également révéré la contribution du Maroc aux objectifs de la Vision 2020 de la CEDEAO, en entretenant de nombreux liens avec les Etats membres de la communauté ouest-africaine. Intervenant dans le même atelier, Mankeur Ndiaye, ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal et conseiller de l’actuel président, a mis en exergue les alliances socio-politiques entre le Maroc et la CEDEO axées sur un fondement religieux séculaire et une pratique de l’islam “marquée par l’ouverture et la tolérance”, des “relations politiques et diplomatiques très étroites” et des échanges économiques “très denses”. 

Même son de cloche du côté du chef de la diplomatie du Cap Vert, Luis Filip Lopes Tavares, qui salue le retour du Maroc à l’Union africaine et soutient activement l’adhésion du Maroc, estimant que le royaume peut beaucoup apporter à la CEDEAO, “de par son capital humain, la connaissance scientifique produite ici, qui peut être partagée avec d’autres pays de la sous-région, et ses liens historiques très forts”. “On va porter cette candidature du Maroc pour montrer l’exemple à la CEDEAO, mais aussi parce que nous croyons à l’unité africaine, à l’intégration régionale (...) Avec l’adhésion du Maroc, la CEDEAO deviendra la 15ème puissance économique mondiale et fera partie des 10 premières, à l’horizon 2030” a indiqué le ministre cap-verdien.

Changer de paradigme pour repenser l’Afrique

Outre les questions liées à la CEDEAO, les intervenants du forum des MEDays se réunissent dans la ville du Détroit pour évoquer les disruptions que connait le monde d’aujourd’hui, entre montée des nationalismes et de l’ultra-protectionnisme, la politique internationale du président Donald Trump, la montée en puissance de la Chine qui chamboule la croissance économique mondiale et les crises migratoires, entre autres...

″‘Disruption’, le mot s’est imposé pour expliquer à quel point le monde nous paraît aujourd’hui plus imprévisible. Nous assistons à un renversement des grilles de lecture traditionnellement mises en avant. En matière de relations internationales, cette disruption, une rupture nette qui oblige à la recomposition, est particulièrement sensible”, a souligné Brahim Fassi Fihri, président de l’Institut Amadeus, dans son allocution d’ouverture.

La cérémonie des MEDays a été l’occasion de rappeler qu’il était nécessaire de changer de paradigme pour appréhender les problématiques qui concernent le continent africain. “Nous pouvons repenser les problèmes de l’Afrique, d’une manière disruptive, porteuse d’innovation et créatrice de valeurs”, a estimé Mohcine Jazouli, ministre chargé de la Coopération africaine pour qui innover et renforcer les liens de coopération avec tous les pays africains et réformer les relations sur le plan bilatéral et au sein d’institutions multilatérales pourraient, in fine, faire vivre la culture de la bonne gouvernance en Afrique et accroître son émergence en s’adaptant aux réalités du continent. 

La 11e édition des MEDays, sous haut-patronage du roi Mohammed VI, rassemblera jusqu’au 10 novembre une pléiade d’experts et personnalités politiques pour échanger sur les questions prioritaires de l’actualité internationale qui porteront notamment sur l’intégration régionale et continentale, les défis sécuritaires en Afrique et les nouvelles formes de coopération interafricaines.