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26/11/2018 09h:49 CET | Actualisé 26/11/2018 09h:49 CET

10 ans du PAM: De la nécessité de revenir à l’esprit des fondateurs

"Le moment n’est plus aux sourires de façade, ni aux grommellements muets, l’heure est à la gravité, au sérieux et au bilan."

PAM/Facebook

POLITIQUE - 10 ans après la fondation du PAM et alors que le parti passe sous les commandes d’un 5ème secrétaire général, et plus de 100 jours après la consécration de M. Abdelhakim Benchamach à la tête du parti, il convient de se poser une question: que reste-il de l’esprit des fondateurs?

Il y a 10 ans, le PAM devait être le pionnier d’une nouvelle génération de partis nationaux, incarner un renouveau que les partis historiques avaient du mal à faire vivre.

Incarner une alternative au moment où le danger islamiste pointait le bout de son nez, et où l’histoire s’apprêtait à démontrer qu’il était plus dangereux qu’il n’y paraissait.

10 ans après, nous sommes en droit de nous poser la question de notre identité, de notre projet social, de notre rapport avec nos concitoyens et de nos perspectives.

En réalité, faire le bilan, établir l’autocritique, tirer les leçons pour éviter les oubliettes de l’histoire; et faire de l’esprit qui a conduit à la naissance du PAM celui de son renouveau, de sa réconciliation interne et avec nos concitoyens.

Car voilà le danger qui nous guette désormais: l’échec.

L’échec simple, cuisant, total. Il est urgent d’agir, car l’échec n’est pas une option dans notre engagement pour notre pays, ni pour notre ambition nationale.

Les fondateurs ont voulu faire du PAM la concrétisation de l’esprit émanant de l’Instance Equité et Réconciliation, celui d’une patrie réconciliée avec son passé, assumant ses erreurs et consciente de sa communauté de destin. Une patrie qui prend la décision collégiale de se tourner vers l’avenir, et de le construire dans la modernité, le progrès et la démocratie.

Et à l’instar de cet esprit qui nous a conduits sur le chemin de l’engagement, il est temps pour nous, à notre tour, d’assumer les erreurs commises, de faire le bilan des 10 années passées et de se tourner vers l’avenir, le temps électoral est si cours, mais l’engagement patriote est celui de générations.

En l’élisant sur la base de sa feuille de route, c’est précisément ce droit d’inventaire que nous attendions du nouveau secrétaire général du parti.

A bientôt 6 mois de la dernière élection, il est temps de tirer l’alarme avant que nous nous engagions dans un cercle vicieux irréversible.

Aujourd’hui encore, les maux qui rongeaient le parti demeurent, et sont de plus en plus saillants: un appareil partisan otage d’une commission électorale, qui a échoué à faire gagner au parti l’élection et vit dans un déni d’échec la poussant à manœuvrer dans l’ombre au gré de ses intérêts du moment.

Des responsables de l’appareil aux abonnés absents, qui se perdent dans les bruits de couloirs jusqu’à en devenir inaudibles.

Une hétérogénéité de l’appareil partisan dans les territoires rendant le parti sourd aux besoins du terrain et muet face à la grogne de nos concitoyens.

Le moment n’est plus aux sourires de façade, ni aux grommellements muets, l’heure est à la gravité, au sérieux et au bilan.

100 jours ne sont certainement pas suffisants pour tout changer, mais ils ont largement témoigné de la détermination de l’exécutif partisan, pris en otage par un conflit générationnel, notamment une génération transfuge qui se bat pour que rien ne change.

Le chemin est long, il est parsemé d’embûches, l’héritage du nouveau leadership est lourd, mais le plus long des voyages commence par un premier pas, et il n’a pas encore été fait.

Certes, le PAM est un parti hétérogène, il se base sur la convergence de plusieurs volontés, mais il doit en faire sa force, son identité, sa culture.

Aujourd’hui, force est de constater que la volonté politique de changement manque au leadership du parti. Tandis que les militants ont placé leur confiance en sa capacité d’initiative, il se retrouve aujourd’hui prisonnier de la gestion des affaires courantes, et du monopole décisionnel, mortel pour le projet de société.

Deuxième force politique du Royaume, principale force d’opposition, le PAM risque désormais de voir son reflet dans ce qu’il est venu combattre: apathique, neutre, absent.

Notre pays est à un tournant historique, il revient au leadership du parti de trancher: sera-t-il au cœur de l’équation politique qui se prépare? Ou s’en exclura-t-il ? 

Nous, militants, avons fait le choix, il y a 10 ans, d’incarner cette nouvelle équation et de mettre notre projet au cœur du débat démocratique, malgré le scepticisme de ceux qui ont vu en nous un danger pour leurs privilèges chèrement acquis et jalousement défendus.

A notre leadership de suivre, et d’incarner ce projet, cette convergence des esprits et des volontés, cette ambition nationale forte: celle d’un parti résolument moderniste, attaché à l’héritage historique national et tourné vers la construction d’une société pluraliste, diversifiée et unie.