ALGÉRIE
05/02/2016 10h:13 CET | Actualisé 05/02/2016 10h:59 CET

"فانية وتتبدد" (Éphémère et appelée à disparaître) du réalisateur syrien Najdat Anzour, au cœur d'une polarisation politique

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Jamais un film arabe n'a suscité autant de débat avant même d'être projeté dans les salles de cinéma que celui du réalisateur syrien Najdat Anzour "فانية وتتبدد" (Éphémère et appelée à disparaître). Une réelle polarisation politique par médias interposés.

Les pour, les contres et ceux qui hésitent entre les deux, le film de Najdat Anzour ne laisse pas indifférent. Et pour cause!

Dans ce long métrage, particulièrement dur, le réalisateur a mis en exergue un scénario des plus noirs. Au centre de ce film réalisé en 45 jours, l'Etat islamique "Daech" et ses pratiques dans les régions dont il a pris le contrôle.

Inversant le slogan de Daech "باقية و تتمدد" " (durable et en extension) et lui opposant son "فانية وتتبدد "(éphémère et appelée à disparaître), Anzour annonce d'emblée le ton de son intrigue.

Tourné dans un décor réel, dans la ville de Daria en ruine, après sa reprise par l'armée syrienne, le film choque. Et pas que ses détracteurs. Il a suffi de 2'40min pour susciter un flot d'encre dans les médias du monde arabe et sur les réseaux sociaux.

Engagé depuis le début des attaques terroristes en Syrie, le réalisateur n'a pas hésité à mettre le spectateur face à des images insoutenables. Il n'épargne rien à ses spectateurs.

Viols, violence, expropriations, exécutions et marchés d'esclaves sexuelles, le film d'Anzour se décline sous le voile intégral d’une enseignante horrifiée par ce qui se se passe dans sa ville contrôlée par Daech.

Ecrit par l'écrivaine syrienne Hala Diab, scénario et dialogue de Diana Kameleddine, le film met en exergue l'horreur vécue par les femmes en captivité où tout simplement sous le contrôle des "soldats " de l'EI.

Né en 1950, Najdat Anzour, fils du premier réalisateur syrien Ismaïl Anzour, véhicule pourtant, un vrai message. L'avenir de la Syrie ne se joue ni à Genève, ni à Riyad ni à Ankara. L'avenir de la Syrie se joue sur sa propre terre. Il est entre les mains de ses propres enfants et c'est à eux qu'incombe la mission de l'extirper d'un cauchemar qui n'a que trop duré.

Un message que beaucoup ont assimilé à un franc soutien au régime de Damas, d'autant que l'avant-première du film a eu lieu le premier février à la maison de l'Opéra de Damas. Le film sera également projeté à raison de trois séances par jour dans deux complexes de cinémas de la capitale syrienne avant de l’être dans les autres villes du pays et dans d’autres pays arabes.

المؤتمر الصحفي لفيلم “#فانية_وتتبدد”

Posté par ‎نينار اف ام - Ninar FM‎ sur dimanche 31 janvier 2016

Ce n'est pas l'avis de son réalisateur. Son film, et ce n'est pas le premier d'ailleurs orienté franchement contre Daech, il le perçoit comme une résistance et une lutte continue contre la "pensée obscurantiste" de l'EI.

Menacé depuis quelques années par les "soldats de la terreur", Anzour, natif d’Alep, affirme que les menaces de l'EI contre lui ne représentent pas plus de danger que celle que vivent l'ensemble des syriens au quotidien. "Vivre en Syrie aujourd'hui est une menace au quotidien. Si je venais à disparaître, il y a de nombreux artistes et intellectuels syriens qui continueront à dénoncer, comme ils le font déjà, un mode de pensée étranger à notre culture, traditions et religion", confie-t-il à la télévision libanaise Al Mayadeen.

فيلم "فانية وتتبدد" عن عالم #داعش وجرائمه لنجدت انزور

Posté par ‎قناة الميادين - Al Mayadeen Tv‎ sur vendredi 5 février 2016

La projection du film hors la Syrie, dans d’autres capitales arabes, fera certainement couler plus d’encre qu’aujourd’hui mais permettra peut-être aussi de transmettre une image, combien même subjective, de ce que peut être la vie sous le règne des «djihadistes». La vie avec la terreur.

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