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27/01/2018 09h:34 CET | Actualisé 27/01/2018 09h:41 CET

De la violence sociale induite par l'école marocaine

World Bank/Flickr CC

Symboliquement, l'école peut être considérée comme le sein pour le nouveau-né. Le sein consolide l'attachement mère-enfant et permet au nourrisson d'établir sa première expérience relationnelle avec le monde. Le sein est aussi une source de confiance et d'assurance. L'école joue le même rôle que le sein: elle permet à l'enfant de s'attacher à sa "mère-patrie" et est sensée être, aussi, une source de confiance et de sécurité.

Un bébé abandonné va-t-il être équilibré? Lorsqu'il en prendra conscience, ne va-t-il pas développer une instabilité dans sa personnalité ainsi que dans ses relations avec les autres? Ne va-t-il pas devenir une "victime éternelle", espérant un jour retrouver l'affection de sa mère?

Quelle est la symbolisation de l'école et de la patrie dans la psyché de l'enfant? Je considère l'école publique comme un orphelinat accueillant des "enfants abandonnés", l'école privée comme le foyer familial des "enfants aimés" et la patrie comme "la mère".

Lorsqu'un enfant prend conscience qu'il existe une école publique et une école privée, il ressent de l'injustice et de l'inégalité. Pour lui, l'enfant évoluant au sein d'une école privée vit comme s'il était toujours avec sa mère, mais celui qui se rend dans une école publique vit comme s'il avait été abandonné par elle, "la patrie". L'enfant perd alors toute confiance et se sent en insécurité. Celui qui se vit comme abandonné s'interroge: "pourquoi moi?". Et celui qui est avec sa mère reste inquiet de peur d'être abandonné un jour et développe alors le syndrome d'abandon. Beaucoup d'enfants me disent d'ailleurs que leurs parents les menacent de les placer dans une école publique s'ils ne travaillent pas bien!

C'est l'une des raisons pour laquelle l'enfant marocain est perturbé dans ses pensées, dans sa personnalité, dans son affect, qu'il soit dans une école privée ou publique. Cette ségrégation est responsable de la violence à l'école! Si un enfant constate que sa mère préfère son frère par rapport à lui, il devient agressif et violent avec les parents et le frère en question. Ne s'agit-il pas de la même agressivité que vous remarquez à l'école à l'égard des enseignants et dans la rue?

Quels respect et considération peut ressentir un enfant abandonné dans l'école publique "orphelinat"? Quelle justice va-t-il remarquer même s'il est gardé par sa mère "école privée"? Quel citoyen de demain préparons-nous? Quelle relation "citoyen-patrie" cherchons-nous à atteindre? Quelle cohérence, quelle paix, quelle confiance, quel progrès voulons-nous atteindre si la ségrégation et l'inégalité règnent entre ceux qui sont abandonnés dans "l'enseignement public" et ceux gardés au sein de la mère "l'enseignement privé"?

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