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27/01/2016 05h:40 CET | Actualisé 26/01/2017 06h:12 CET

Un nouveau krach boursier en perspective en 2016?

Bloomberg via Getty Images

Avec les soubresauts à répétition de l'économie chinoise et l'effondrement du cours du pétrole, les Cassandre de la finance et les Nostradamus de l'économie s'en donnent à cœur joie! On nous affirme avec force - et en déployant une argumentation sans faille - que le pire est devant nous et que l'année 2016 sera encore plus effroyable que 2008 ! Rien que cela...

Si nous essayons de rester un peu rationnel et réfléchi, que penser, alors, des tensions actuelles observées sur les marchés financiers qui se traduisent par des marchés actions en forte baisse, des valeurs boursières massacrées (et pas seulement les valeurs pétrolières) et un baril de pétrole qui, après avoir cassé la barre symbolique des 30 dollars, pourrait se diriger vers les 25 ?

Une économie chinoise ralentie

Tout d'abord, quelques faits incontestables. L'économie chinoise donne des signes inquiétants de ralentissement depuis un an, et les interventions de la Banque centrale de Chine ont alimenté les spéculations sur les doutes que nous pouvions avoir quant à sa capacité à maintenir une croissance forte, très au-delà de 5 %. Pour autant, est-il normal que nous soyons encore habitués à ce que la Chine ait des rythmes de croissance de 7 % ou 8 % ?

La Chine connaît un virage économique majeur et, après quinze années de forte croissance et un rééquilibrage progressif entre l'industrie et les services, il faut accepter cette simple évidence : la croissance mondiale ne sera plus tirée principalement par l'économie chinoise. C'est un fait que nous devons comprendre et intégrer, sans être affolés démesurément...

Un cours du pétrole pénalisé

Deuxième élément anxiogène : le pétrole. Il rend les marchés fébriles. Ces derniers ne seraient-ils pas en sur-réaction ?

Cela va sans dire que le cours du pétrole est pénalisé par le ralentissement de l'économie chinoise et celui des pays émergents, ainsi que par la surproduction alimentée par de nouveaux pays producteurs alors que les stocks sont à des niveaux historiquement élevés.

Quant aux tensions sur le pétrole - et globalement sur toutes les toutes matières premières - elles ont, effectivement, des répercussions sur les revenus des pays producteurs et mettent non seulement la Russie, mais également d'autres pays tels le Venezuela ou l'Algérie en grande difficulté.

Pour autant, un baril de pétrole en dessous de 30 dollars a, en parallèle, un effet bénéfique très significatif sur la croissance européenne.

Pourquoi, en 2016, la chute des marchés serait-elle plus violente qu'en 2008 ?

Par conséquent, il est difficile d'expliquer la volatilité, la nervosité et l'effondrement des marchés par ces seuls éléments, connus et analysés depuis déjà plus d'un an ! Et que penser des économistes qui vous annoncent qu'en 2016, la chute des marchés sera plus violente qu'en 2008 ? Ont-ils déjà oublié que la finance et les banques étaient exsangues en 2008, que l'économie s'était arrêtée brutalement en 2009 (ce qui n'était plus arrivé depuis 1929) ?

Il est aujourd'hui trop facile d'être lu et écouté quand on prédit la pire des catastrophes, tout en espérant, par ailleurs, que ces prédictions soient oubliées quelques semaines plus tard...

Cependant, il est heureux que nous ayons de nombreux Cassandre de la finance et de l'économie, car rappelons que c'est Apollon qui avait fait le don de la prédiction à Cassandre, mais comme celle-ci se refusait à lui, il fit en sorte que ces prédictions ne soient jamais crues même par ses proches !

A bon entendeur...

Billet précédemment publié sur le blogue de Daniel Karyotis

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