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17/11/2015 10h:52 CET | Actualisé 17/11/2016 06h:12 CET

Nidaa Tounes in vivo

POLITIQUE - La guerre fratricide que vit la principale formation politique du pays, à savoir Nidaa Tounes, est observée, scrutée et suivie par tout un pays. L'enjeu est grand et les avis divergent.

La guerre fratricide que vit la principale formation politique du pays, à savoir Nidaa Tounes, est observée, scrutée et suivie par tout un pays. L'enjeu est grand et les avis divergent.

Les gens sont déçus, dégoûtés et dépités par ce spectacle lamentable. Un bon nombre de nos concitoyens sont pessimistes, ils estiment que c'en est fini pour la Tunisie. Pour reprendre leur terme, "La Tunisie est foutue". Leur attitude est compréhensible vu l'état déplorable du pays. Toutefois, on n'enterre jamais une nation. Les vicissitudes ne ponctuent pas que la vie des Hommes mais également la vie des nations.

Ce que vit Nidaa Tounes est symptomatique de l'état du pays. Les liens incestueux entre affairistes, certains politicards - dans ce cas on ne peut pas les qualifier d'hommes politiques, contrebandiers et certains cadres sécuritaires prennent le pays en otage. Ces liens incestueux sont à l'origine de l'instabilité que vit la Tunisie.

Et ces protagonistes veulent maintenir le pays dans un tel état. La stabilité et l'État de droit risquent de compromettre leurs schémas. Nidaa est la proie de cette mafia qui veut en faire un outil pour contrôler les rouages de l'État. Également ce que vit Nidaa révèle le rôle essentiel que jouent les puissances étrangères afin de manipuler la scène politique nationale et afin de faire avancer leurs pions.

Les deux principaux protagonistes de cette guerre des clans, à savoir Hafedh Caïd Essebsi et Mohsen Marzouk méritent qu'on s'intéresse à leurs cas. Le premier, je lui est consacré les deux derniers articles . "A Hafedh Caïd Essebsi" et "Hafedh Caïd Essebsi n'est qu'une marionnette". En revanche, je reviendrai sur son intervention télévisée de mercredi soir. Quant au cas Marzouk, il sera traité.

L'interviewer de notre "fils à papa national" sur la chaîne de son ami et acolyte Nabil Karoui restera dans les annales de la malhonnêteté médiatique. L'interviewer, très complaisant et faussement critique, a omis sciemment de poser deux questions essentielles à Hafedh Caïd Essebsi: Pourquoi s'être entouré des affairistes véreux vitrine de la mafia de la contrebande? Pourquoi avoir eu recours aux barbouzes le dimanche 1er novembre pour empêcher la réunion du camp adverse à Hammamet?

L'interviewer croit qu'en agissant de la sorte, il fera oublier à l'opinion publique ces questions épineuses et ennuyeuses pour son invité. Monsieur Bsaies continue de prendre les Tunisiens pour des imbéciles. Il croit qu'avec sa complaisance, sa manière d'être faussement critique et sa manière de présenter les événements, il peut faire avaler ce qu'il veut aux Tunisiens. Il veut les embobiner, leur faire gober ce qu'il veut et surtout ce que veut son patron.

Ces gens qui se croient plus intelligents que la Terre entière et qui croient qu'avec leur ruse, ils peuvent manipuler l'opinion se trompent. Les Tunisiens ne sont pas des moutons de panurge pour les suivre aveuglément. D'ailleurs leur guet-apens médiatique n'a pas marché et s'est soldé par un échec retentissant.

Je voudrais ici évoquer un point essentiel. Beaucoup de gens pensent qu'en étant contre le clan de Hafedh Caïd Essebsi, on est de facto pour Mohsen Marzouk. Non, être opposé au camp de Hafedh ne veut pas dire être tout feu tout flamme pour monsieur Marzouk. Non, le destin de la Tunisie n'est pas de choisir uniquement entre le fils de son président et un homme sur lequel beaucoup de points d'interrogation persistent.

Monsieur Marzouk, avec ses accointances et ses liens très étroits avec certains organismes américains proches des néo-conservateurs américains laisse planer beaucoup de doutes. Il a été aussi secrétaire général de l'Arab Democracy Foundation, l'actuel secrétaire général est Azmi Bishara. Cette organisation est située à Doha, comme si ce micro-État était un exemple en matière démocratique.

Et tenez-vous, la présidente du conseil d'administration de l'Arab Democraty Foundation n'est autre que Chaikha Mozah, la manigancière du Qatar qui se rêvait en Marie de Médicis du monde arabe. Donc des questions se posent naturellement: Monsieur Marzouk a une allégeance pour La Tunisie? Pour les États-Unis, pour le Qatar? A-t-il une double allégeance par hasard? Une triple allégeance ou que sais-je encore?

Hafedh Caïd Essebsi a accusé son adversaire de porter atteinte à la souveraineté de la Tunisie, nous ne pouvons aller aussi loin. Toutefois, monsieur Marzouk devrait rendre des comptes quant à ses relations avec ses organismes douteux. Après l'intervention de HCE, Marzouk a réagi sur Facebook avec un smiley suivi de trois points de suspension pour dire que les accusations de son frère ennemi le faisaient sourire.

Les trois points de suspension veulent dire que Marzouk ne vas pas se taire. Aujourd'hui, le journal La Presse citant une source proche de Marzouk, a annoncé qu'il allait porter plainte contre Hafedh Caïd Essebsi.

La scène politique tunisienne est tombée plus bas que terre, elle doit être nettoyée au kärcher. Notre peuple mérite des leaders honnêtes, patriotes et compétents. Nous autres citoyens, sommes dans l'obligation de rester avertis, éveillés, bien informés et de ne pas laisser notre pays tomber dans l'escarcelle des personnes incompétentes aveuglées par leur ambition illimitée.

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