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02/11/2015 08h:34 CET | Actualisé 02/11/2016 06h:12 CET

À Hafedh Caïd Essebsi

POLITIQUE - Monsieur Caïd Essebsi, Vos accointances avec Nabil Karoui - un quidam qui se rêve en Berlusconi tunisien - et avec Chafik Jarraya - qui utilise sa presse de caniveau pour diffamer, calomnier et salir l'honneur des adversaires - vous déshonorent.

Monsieur Caïd Essebsi,

Les lettres ouvertes ne sont pas un exercice que j'affectionne particulièrement mais les événements désastreux survenus hier à Hammamet ont changé la donne. Trop c'est trop. La coupe est pleine. L'enjeu n'est plus la survie et la pérennité de Nidaa Tounes, toute la stabilité du pays - déjà précaire - est menacée. Et vous en êtes grandement responsable.

Le tort n'est pas que vous apparteniez à un parti politique, que vous ayez une activité militante ou que vous assuriez des responsabilités au sein d'une formation politique. Être ambitieux également n'est pas proscrit, toutefois quand l'ambition se conjugue avec l'arrogance, l'insolence et le mépris total des règles qui régissent un parti, elle devient un danger mortel. Pire, en vous alliant avec des affairistes véreux à la réputation sulfureuse, vous vous décrédibilisez et vous donnez l'image d'un homme ivre du pouvoir, prêt à s'allier avec le diable pour faire main basse sur le parti.

Vos accointances avec Nabil Karoui - un quidam qui se rêve en Berlusconi tunisien - et avec Chafik Jarraya - qui utilise sa presse de caniveau pour diffamer, calomnier et salir l'honneur des adversaires - vous déshonorent.

Intimider et menacer les adversaires, avoir recours aux barbouzes comme hier à Hammamet ne vous permettront pas de concrétiser vos objectifs. Ne croyez pas que tous les Tunisiens ont peur de ces méthodes lâches, qu'ils craignent les voyous utilisés par vos amis pour faire taire ceux qui vous tiennent tête.

D'ailleurs ces affairistes qui sont derrière vous, vous croyez les utiliser pour prendre la tête du parti sauf qu'en réalité, ce sont eux qui vous utilisent et le jour où ils n'auront plus besoin de vous, ils vous jetteront de la manière la plus brutale.

Monsieur Caïd Essabsi, vos frasques menacent l'ensemble de l'échiquier politique tunisien. Dans un précédent article, paru au mois de mars dernier dans le Huffington Post Maghreb intitulé "Nidaa Tounes: La patrie est-elle encore avant les partis?", j'y avais écrit: "ni l'échiquier politique tunisien, qui demeure fragile, ni l'état difficile du pays ne pourront supporter l'effondrement de l'une des principales formations politiques, ceci affectera la majorité à l'Assemblée et par conséquent le gouvernement en place."

Donc le fait que la majorité éclate et que le gouvernement tombe ne vous inquiètent pas? Cela ne vous gêne pas?

Admettons que vous preniez la tête du parti, et après? La belle affaire, vous n'avez aucune assise populaire et vous êtes dépouillé de tout charisme. Par conséquent, vous vous donnez tant de mal pour quelque chose qui ne vous amènera rien en définitif.

Votre père, le président Caïd Essebsi, qui se dit élève de Bourguiba, encore plus, son disciple, devrait savoir que Bourguiba n'aurait pas laissé son fils, feu Bourguiba Jr, se hasarder dans de telles fréquentations qui sentent le soufre. Il ne l'aurait pas laissé assouvir ses caprices aux dépens de la nation.

Désolé si j'utilise des termes quelque peu désobligeants, mais l'état de la Tunisie est tel qu'il ne peut supporter les caprices et les frasques des fils à papa. Laissez la Tunisie tranquille, elle vous laissera tranquille.

Cordialement,

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