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29/01/2015 10h:30 CET | Actualisé 27/04/2015 10h:26 CET

Hooliganisme: Ça y est, Agadir a eu son lot de violences

SPORT - Ca y est, Agadir a eu son lot de violence à la suite d'un match de football. Le virus de la violence a réussi à franchir le grand Atlas. Des blessés à la pelle, des voitures cassées, des agents de la police molestés pour ne pas dire plus, l'autorité défiée, humiliée. C'est dire que la question de la violence n'est plus l'exclusive d'un certain public, d'une région ou d'une ville particulière.

SPORT - Ca y est, Agadir a eu son lot de violence à la suite d'un match de football.

Le virus de la violence a réussi à franchir le grand Atlas. Des blessés à la pelle, des voitures cassées, des agents de la police molestés pour ne pas dire plus, l'autorité défiée, humiliée.

C'est dire que la question de la violence n'est plus l'exclusive d'un certain public, d'une région ou d'une ville particulière.

Bien sûr, des voix se sont élevées pour dénoncer cet énième débordement, mais jusqu'où ira-t-on pour qu'enfin on prenne les responsabilités qui s'imposent?

Le phénomène est maintenant clairement assez indépendant du sport et du football, mais ne peut éclore et se développer que dans son giron. Un match de football est une occasion où l'on peut crier toute son amertume et sa frustration. Un match de football est une occasion d'exister, de s'exprimer en groupe, de faite montre de son ras-le-bol et de son courage à braver les règles et les bienséances.

La violence constatée est certes très grave, mais n'est le fait que de minorités juvéniles, des enfants. Cet état de fait la rend difficile à cerner, compliquée à la compréhension, improbable à la réaction.

Faut-il sévir et durcir les règles? Faut-il traiter la question au cas par cas? Certainement pas.

Les causes sous-jacentes sont là est bien là. La violence est sûrement la conséquence d'un cocktail de faiblesses, d'une mixture de défaillances du rôle de la famille, de l'école, de la rue.

Elle est la conséquence de l'oisiveté, du manque de visibilité, de la faiblesse du langage et de la réponse politique. Elle est aussi la résultante d'une urbanisation ratée et de difficultés du vivre ensemble.

Le gouvernement va-t-il enfin se saisir de la question et penser des réformes aujourd'hui urgentes, réformes qui doivent reposer sur la formation de l'homme et la consolidation d'une synthèse de moyens et de méthodes à même de sortir le jeune marocain du désespoir et de la grisaille qui l'enveloppe?

Pour avoir discuté avec des jeunes de quartiers oubliés et d'autres, nos jeunes manquent de mots à mettre sur les choses, ils n'ont plus tellement confiance dans le système d'éducation, ont un niveau scolaire bas, ne peuvent apprendre de métiers dans les ateliers.

Ils ne sont tout simplement pas pris en compte, sinon dans le discours. Ils ont l'impression d'être les dindons de la farce. Ils se rendent compte que l'ascenseur social est en panne et que les opportunités n'existent que dans le rêve qu'ils se refusent de faire.

En attendant, Agadir restera-t-il le havre de paix qu'il a toujours été? En tous cas, c'est cela sa destinée.

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