Sarah Adida

Journaliste indépendante et chroniqueuse française vivant au Maroc

Journaliste indépendante et chroniqueuse française vivant au Maroc, au carrefour d'une pluralité culturelle riche et foisonnante, elle nous livre ses idées et ses coups de gueule depuis la ville de Casablanca.

Asile

Depuis le temps que l'on attend dans ce campement, j'avais gardé espoir. Avant, je m'étais réfugié sous le pont de la Porte de la Chapelle. Je priais chaque soir qu'on ne me trouve pas pour me forcer à rentrer au pays. Dans mon pays, que j'ai fui, il y a trois ans aujourd'hui.
29/01/2018 18h:03 CET

Quand perdre du temps devient bénéfique

SOCIÉTÉ - Depuis l'ère du numérique, du toujours plus vite, la société entière nous a encouragés à haïr la perte de temps: machines facilitant les tâches ménagères, et donc nous faisant "gagner du temps", internet, télécommunications, transports toujours plus rapides et efficaces. Etudes en accéléré, course à l'entreprenariat du plus rapide, course aux brevets sur les nouveaux produits, courses à la meilleure idée en création artistique même.
05/02/2016 12h:46 CET

Censure et sans mémoire

CULTURE - Censure: cette limitation arbitraire de la liberté d'expression de chacun est devenue un sport largement pratiqué par les autorités marocaines, ces dernières semaines. Outre le fameux épisode du film "Much Loved" de Nabil Ayouch, censuré avant même d'avoir été visionné (!), nous arrivons aujourd'hui à un nouveau stade.
14/07/2015 16h:52 CET

Des robes et des frustrations

Gavés depuis le plus jeune âge d'injonctions et des phrases dictant une conduite, on en reçoit par milliers, de notre naissance à l'âge adulte. Et même plus tard, encore, il faut parfois nous soumettre à appliquer des lois et des conduites, sans toujours les comprendre vraiment... Impatience, colère, tristesse, douleur : des émotions que l'on ressent à toute frustration imposée.
08/07/2015 16h:12 CET

Casablanca: Mon père s'était dit rendez-vous dans 50 ans...

CASABLANCA, 1950 - Un petit garçon de trois ans se rue vers sa commode, manquant de renverser son cheval à bascule qui se trouve sur son passage. Les chemises volent, carreaux ou rayures, manches courtes et manches longues, cols amidonnés flottant dans l'air avant de doucement se déposer sur le sol de la chambre du garçonnet.
24/05/2015 09h:43 CET

Casa by night: Argent, sexe et faux-semblants

SOCIÉTÉ - "Mais si, je te dis! Il faut être une "p..." aujourd'hui, pour plaire aux mecs!" Etait-ce dû au temps extraordinairement pourri en ce début de printemps, mais ma copine Lola y allait un peu fort. "Lola, t'exagères pas un peu là? Il reste quand même des types qui ouvrent les bras aux nanas honnêtes et sincères, non?".
24/03/2015 19h:15 CET

Mon "mariage arrangé": Perles et autres rencontres du 3ème type

SOCIÉTÉ - Géniteurs, frères et sœurs, copines de galères, voisins qui guettent les changements de mon heure biologique qui tourne, et même mon employeur, qui verrait ça d'un bon œil... Tout ce petit monde me tanne, parfois depuis mes couches culottes, avec ce graal à atteindre, en me lobotomisant à l'époque à grands coups de Blanche Neige, Cendrillon et toutes ces garces qui, elles, ont su mettre le grappin sur la perle rare: le Prince Charmant.
08/11/2014 14h:03 CET

Une gazelle peut mordre

SOCIÉTÉ - Alors que je marchais tranquillement et innocemment sur la chaussée aux pavés désarticulés, une voiture de grand calibre type familiale et berline allemande, ralentit à mon approche. Je sens le conducteur m'observer de ses yeux de crapaud dégoulinants et libidineux. La vitre s'abaisse, la voiture roule à la vitesse de ma marche. "Oh non", pensé-je.
27/10/2014 22h:14 CET

Exilus

SOCIETE - Après toutes ces histoires d'exodes, d'exils, de routes et d'errances, je me pose une question. C'est bien joli de déclarer aux plus faibles qu'ils doivent déménager un beau jour, parce qu'on décide tout à coup que, non, ils ne peuvent pas rester. Non, ici, ce n'est pas chez eux. Où est-ce, donc, "chez eux"?
02/09/2014 11h:10 CET

Si c'est un Juste

DEBAT - Ce qui fait, heureusement, la richesse relative et humaine des réseaux sociaux reste bien ce petit jeu de bateaux-tamponneurs que sont l'échange et le débat d'idées, pourvu qu'il reste courtois et qu'il ne casse pas notre frêle embarcation.
20/08/2014 10h:05 CET

Des larmes et des électrons: voici l'ère de l'inform-émotion

WEB - Il n'était pas suffisant que les hommes se battent sur certaines terres, il fallait aussi transformer Facebook, Twitter et d'autres, en guerre électronique de tranchées profilées. Sur ces réseaux, je n'ai pu finalement relever qu'un seul et unique catalyseur de l'emballement qui a contaminé la quasi-totalité de mes "amis".
07/08/2014 15h:59 CET