Kamal Almi

Autrefois Moh Kam, il a travaillé dans plusieurs journaux algériens entre 1988 et 2002 avant de s'installer au Canada. L'exil aidant ou pas, il bricole toujours des mots.
El-Watan est-il honnêtement

El-Watan est-il honnêtement soutenable?

La vérité de mon ami Mourad à propos de la presse actuelle en Algérie m'a secoué d'un espoir dont j'avais perdu la portée : «Qu'on l'aime ou pas, la défendre est une façon de permettre à celle qu'on aime d'exister demain.» En attendant de trouver un jour un substitut à la démocratie telle que formulée par quelques nations éclairées ou obscures organisations pour l'ensemble de l'univers et au-delà, ou, encore mieux, apprendre à vivre sans cette démocratie-là qu'on tentera, encore une fois, de nous imposer un jour ou l'autre par le fer et le feu, nous, Algériens, aurons à nous réconcilier avec notre presse et à forcer cette presse de se réconcilier avec nous.
25/06/2016 12h:20 CET
2966, le sacrifie de la

2966, le sacrifie de la sitelle*

Pour paraphraser un Arabe célèbre : «Celui qui croit que le combat identitaire est dans la seule langue, qu'il se rhabille ! Celui qui croit en tout le reste, qu'il retrousse encore plus haut ses manches : ça vient de commencer !»
24/01/2016 11h:03 CET
Courte histoire de

Courte histoire de langue

Saïd Saâdi a pour une fois raison : "Si l'arabe n'avait pas été imposé, beaucoup d'Algériens ne l'auraient pas appris." Je ne pense pas qu'ils auraient appris le français, à la place, s'il n'était pas imposé non plus.
16/08/2015 14h:53 CET
Évidemment, l'œuvre du

Évidemment, l'œuvre du temps

Il accueille, stupéfait: "Qu'es-tu? Que fous-tu ici? Pourquoi tu cries? Pourquoi tu pues? Pourquoi tu t'agites frénétiquement comme ça? Ya Wihek!".
17/04/2015 08h:31 CET
Cirque

Cirque Saïd

L'écriture de l'Histoire est un enjeu permanent en Algérie. Le pouvoir s'est toujours donné les moyens d'imposer sa version qui sert ses intérêts, sans jamais y réussir totalement. Les intérêts du pouvoir sont de moins en moins les intérêts de l'Algérie, à supposer (je fais partie de ceux qui le pensent) qu'ils le fussent un jour.
06/01/2015 10h:21 CET
Bonne fichue

Bonne fichue année!

Les années se succèdent et ne se ressemblent pas. Je dis ça pour me rassurer: Si 2015 ne ressemble pas à 2014, c'est qu'elle doit être forcément meilleure. Nous échangeons les vœux comme nous partageons un faisceau d'espoirs, chiches et frêles, parcimonieusement, dont nous exagérons l'emballage, les ficelles, les étiquettes. Ce n'est pas tant par tricherie que par générosité.
30/12/2014 11h:32 CET
Hold Fast et Dir

Hold Fast et Dir El-Houl!

Par grosse tempête, pluies incessantes et vents violents, de gigantesques houles font tanguer les navires, de crêtes vertigineuses en creux infiniment profonds. Tel un fétu de paille, l'embarcation, quelle que soit sa taille, son poids et sa contenance, n'a de choix que subir. Rarement à sa surface, plus souvent à l'intérieur, les marins sont projetés d'un bord à l'autre.
17/12/2014 09h:04 CET
Baver

Baver

Je crois que la plus part des Algériens aiment -secrètement- leur président. L'AADL, l'autoroute, le métro et même la paix (la paix? La paix!) retrouvée n'y sont pour rien. L'Algérien aime son président comme une mère aime son fils, son aîné: Le jour des résultats du bac ou de sa sortie de prison, c'est kif-kif. S'il n'est pas "le petit père du peuple", le président est le Grand-Père de la Nation. Les Algériens ne votent pas pour le président, pas pour celui-là, en tout cas: Ils l'élisent.
16/11/2014 15h:06 CET
Merci! Mille

Merci! Mille mercis!

Aujourd'hui, mon compte Facebook, ma page, a atteint le nombre de mille ami(e)s! Wow! Alors, merci. Mille mercis. Le millième, la millième en fait, s'appelle... Taous Amrouche. Augure formidable! De beaucoup de citoyennetés, de croyances, de couleurs, d'attitudes, de cultures, de manies, de langues, d'approches, de vies, d'espoirs et de déceptions.
22/10/2014 10h:54 CET
Le

Le passage

Qu'attendre d'un État incapable de faire tracer convenablement un passage pour piétons? Un passage normé, propre, beau, avec des lignes parallèles, des espaces égaux, des largeurs cohérentes, des angles droits, des longueurs supportables, une couleur unie... Il est impossible de respecter ce passage, même au péril de sa vie! J'avoue que cette vue a été le plus grand choc de ma visite algéroise. En tirant sur un énième <em>garro</em> au balcon de la cuisine...
23/08/2014 10h:29 CET
Douze ans après, Alger m'inspire toujours

Douze ans après, Alger m'inspire toujours (V)

<em>Après douze ans d'absence, mon premier voyage à Alger est retrouvailles, chocs et espoirs. Mais d'abord, petites histoires et grande géographie du bonheur.</em> Alger toujours. Douche à l'eau tiède. Temps doux, couvert et venteux. Le vent ne lève plus le parfum des arbres dont certaines branches exhalent, quand elles brisent, une odeur subtile que je me targuais de percevoir, mais juste un peu de poussières invisibles qui font mal à l'œil droit.
27/07/2014 12h:39 CET
Douze ans après, Alger m'inspire

Douze ans après, Alger m'inspire (IV)

Je constate aussi que les Algérois ne parlent plus algérois: Les uns se taisent, les autres disent n'importe quoi. Et tu dois déchiffrer en silence ce qu'ils veulent dire... Ou pas. Ça se passe plus dans le regard quand il n'est pas voilé par <em>zetla</em>, <em>chrab</em> ou simplement les larmes, la haine. Un saut à Chéraga où ma complice éternelle, ma belle-mère, a déménagé, quittant son Clairval de 50 ans, finit par me convaincre que le plus grand miracle de l'Algérie de 2014 est qu'il reste encore des citoyens vivants!
18/06/2014 11h:39 CET
Douze ans après, Alger m'inspire

Douze ans après, Alger m'inspire (III)

Et ma mère. Cette petite boule de bonté avance doucement : son mal au genou dû à une chute récente la ralentit moins que son impatience de retrouver ma carcasse la pousse. Au solde, elle avance. Contrairement à mon père qui s'est allié une canne, ukkaza, mamma, rétive au soutien d'autrui, accepte volontiers que je lui tienne la main.
07/06/2014 17h:29 CET
Douze ans après, Alger m'inspire toujours

Douze ans après, Alger m'inspire toujours (II)

Et au milieu de ces corps agités, je vois se redresser, tel un "I" qui se déploie, mon père. Comme des jumelles qui s'auto-ajustent, ses yeux brillent et accommodent douze mètres de distance après avoir accommodé douze années d'absence. Tenir cette feuille tremblante tout contre moi, laisser aller mes larmes sur l'épaule de mon dictionnaire de vie.
31/05/2014 12h:14 CET
Douze ans après, Alger m'inspire

Douze ans après, Alger m'inspire toujours

Après douze ans d'absence, mon premier voyage à Alger est retrouvailles, chocs et espoirs... Mais d'abord, petites histoires et grande géographie du bonheur... Jour zéro... L'enregistrement des bagages est fluide, les poids justes (31,5 kg par deux), le bagage à main en est un d'épaule, le sourire est black-belle... "Bon voyage, monsieur !"... La file à la police des frontières est longue comme une journée sans musique... La boucle de ma ceinture fait sonner le portique et je m'en contre-fiche: je vais à Alger.
27/05/2014 21h:36 CET