Kaci Abdmeziem

Ancien rédacteur en chef à l’agence de presse (APS)

Ancien journaliste. Toute une génération de journalistes algériens est passée en apprentissage chez ce journaliste aussi généreux que discret.

Les ailes

Que faire lorsqu'on est retraité? Aller à la mosquée? J'ai essayé la formule mais elle ne m'a pas convenu.Lire la presse ? Oui ,mais c'est l'angoisse pure et dure garantie pour des jours et des jours.Il reste les commissions à faire sur injonction de la maîtresse de maison.
04/02/2018 11h:42 CET

La Gueç3ââ

Je suis ophtalmologue. J'exerce à Béchar depuis plus de vingt ans. Tous les jours que fait le Bon Dieu, j'ai les yeux dans les yeux pourris des autres.
09/07/2017 19h:30 CET

D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XXIX et FIN): Libres, enfin!

Un peu plus tard, à la vue de la mer Méditerranée, nos poitrines se gonflent de joie. A l'unisson nous crions : "Vive l'Algérie !". Le Dr Valek avait raison lorsque, au cours d'une conversation à bâtons rompus, il m'avait avoué qu'il aimait l'Algérie parce que « ce pays déborde de vie ».
17/02/2017 09h:22 CET

D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XXVIII) : Des instituteurs dans la guerre

Les négociations d'Evian aboutissent -enfin !- à la proclamation d'un cessez le feu simultané entre le gouvernement français et le GPRA. La population d'Alger se regroupe par communautés. Les musulmans, par crainte de l'OAS, se replient dans leurs quartiers où ils organisent leur auto défense. A la cité des Eucalyptus chaque bâtiment devient une forteresse. Les portes d'entrée des immeubles sont bardées de fer. Un système de rondes nocturnes est mis en place. Derrière les portes des appartements, des armes blanches sont entreposées. Cet état de tension permanent est souvent aggravé par des youyous stridents, signal de danger imminent.
10/02/2017 08h:01 CET

D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XXVII): l'OAS se mobilise, De Gaulle négocie avec le FLN

Il fait très beau. Je suis devant chez moi à deviser avec des collègues. Un groupe de jeunes venus des quartiers environnants viennent se rassembler au milieu d'un terrain vague. D'autres jeunes arrivent encore et se joignent au groupe. C'est bientôt une foule immense qui se dirige vers notre cité apparemment élue comme point de ralliement. On scande : Algérie algérienne ! Algérie algérienne ! Quelques manifestants brandissent qui une massue qui une hache, qui une barre de fer.
04/02/2017 16h:28 CET

D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XXIV) : la grève de huit jours

C'est lundi. Le ciel est couvert et le temps morose. L'émission algérienne de la radio du Caire avait annoncé la décision du FLN depuis quelques jours. Des tracts ont circulé sous cape. Prenant ses devants, la population s'était approvisionnée, dégarnissant rapidement les étagères des magasins d'alimentation.
13/01/2017 21h:01 CET

D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XXIII) : Hussein-Dey, école Chataigneau

Je reviens à la maison tout à fait désemparé après ce que j'ai vu et vécu à Tikorrabine. A ce jour il m'arrive de repenser à cet adolescent gisant parmi les raquettes de figuiers de barbarie. On lui avait tiré dessus comme on aurait fait sur un lapin. Sans sommation d'aucune sorte. Je pressens que le pays est entré dans un processus de violences désormais incontrôlable.
06/01/2017 11h:12 CET

D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XXII) : Dans la guerre

Un tri se fait. Les femmes sont renvoyées au logis. Les hommes sont dirigés vers le vaste cimetière de Thikourravine aux fins de vérification d'identité. L'opération dure jusqu'à trois heures de l'après-midi soit six heures debout, au soleil. A la fin, tout le monde est relâché à l'exception de deux adolescents gardés à vue. Un troisième est abattu sur place pour avoir tenté de fuir. Son corps gît entre les raquettes de figuiers de barbarie quand nous quittons les lieux.
30/12/2016 09h:22 CET

D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XXI):Escapade algéroise à la veille du tonnerre de novembre 54

Le 1er Novembre 1954 me surprend dans mon école d'Adeni. Il s'était passé quelque chose d'incroyable. Une poignée d'Algériens avaient décidé de chasser la France. «Mais avec quoi ?» disait mon père. « Nous allons sans doute lapider les soldats français avec des morceaux de galette bien dure » ironisait-il au passage de son petit-fils Amar qu'il soupçonnait de mener une activité clandestine.
23/12/2016 06h:10 CET

D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XX) : La Touiza des olives... et le directeur félon

L'arrivée à l'oliveraie coïncide généralement avec le lever du soleil dont les premiers rayons teintent déjà de pourpre les cimes enneigées du Djurdjura (... ) L'allégresse monte, crescendo, dans le sang des « touizeurs » qui, sans en prendre tout à fait conscience, entament, en chœur, une mélopée à la gloire du Créateur. Hommes et femmes mêlent leurs voix dans cet hymne qui s'élève vers le Ciel déchirant la brume du matin et dispersant, au loin, ses monceaux.
09/12/2016 10h:26 CET

D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XIX) : Des saints et du mariage en Kabylie

Le Kabyle a embrassé la religion musulmane depuis des siècles et des siècles. Son initiation à la foi fut l'œuvre de missionnaires d'une perspicacité admirable. Quittant leurs Ribbats, munis du Livre Saint, ils se répandirent aux quatre coins de la Kabylie. Ils relevèrent le défi de faire de ces montagnards farouches, retranchés derrière leurs rochers inexpugnables, hostiles à l'étranger, de bons et honnêtes musulmans.
27/11/2016 11h:38 CET

D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XVIII): prospérité et désunion dans le clan

La solidarité entre les membres de son propre clan est vue comme une nécessité vitale ne devant souffrir aucune défection quelles que soient les circonstances et quel qu'en soit le prix. Du respect, par tous, de ce postulat de base dépend l'avenir immédiat et à long terme de tous les membres de la famille. Avec le temps, cependant, des motifs de discorde finissent par apparaître. Les frères restent unis jusqu'au jour où leurs intérêts divergent. Quand le point de rupture est atteint c'est la loi du chacun pour soi et Dieu pour tous qui s'impose.
18/11/2016 11h:20 CET

D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XVII): le mois du berceau

Tenu par mes obligations professionnelles, je n'assiste, hélas, ni à la naissance de mon fils, ni au cérémonial du septième jour. Je suis, par contre, auprès des miens pour le rituel du 30ème jour puisque je suis en vacances jusqu'à la prochaine rentrée scolaire. C'est incontestablement la cérémonie la plus solennelle, la plus belle. Il s'agit de fêter «le mois du berceau».
11/11/2016 16h:13 CET

D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XVI): Bouab El Kebch

La campagne, en cette fin de mois d'Avril est extraordinairement verdoyante. Les blés, déjà hauts, ondulent au vent et font des vagues. Aussi loin que porte le regard c'est une mer verte agitée, piquée, çà et là, d'îlots rouges de coquelicots. Nous abordons une colline. De sa crête j'aperçois, le cœur battant, une bâtisse blanche aux allures de belle maison de campagne. Je la reconnais tout de suite. -« Regardez, voici votre école, ya Sid ech cheikh. Elle est belle, n'est-ce pas ? », me dit le garde champêtre.
04/11/2016 12h:29 CET

D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XV): l'ombre au tableau du beau-père

Je considérais toutefois qu'il y avait comme une ombre au tableau. Mon beau père qui avait passé quarante ans de sa vie à instruire les enfants des autres refusait d'envoyer ses filles à l'école. Le père et la mère s'accordaient sur ce point comme larrons en foire. Ils savaient pertinemment qu'aucun homme à Azouza ou dans les villages environnants n'accepterait d'épouser une femme instruite, « évoluée » qui perturberait l'ordre social établi et bouleverserait les mœurs.
31/10/2016 07h:36 CET

D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XIV): A Takorabt, parmi les miens

Mon père a le charisme naturel, inné, qui lui permet de régler les litiges les plus complexes sans être jamais contesté dans ses jugements. Il rend ainsi des services remarquables à la communauté qui n'a pas besoin de recourir à la justice française. L'autre, auréolé de son savoir, est le recours incontournable pour chacun ou pour tous quand il s'agit de rédiger une requête dont on est sûr qu'elle sera prise en considération par l'administration française.
21/10/2016 07h:18 CET

D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XIII): les femmes, la Djemaa, le café

Amdhoun, Issiakhène, Thalmats, tels sont les noms des principaux endroits bénis où jaillit l'eau de roche cristalline et glacée. La plus réputée des trois sources est, sans conteste, Thalmats, en raison sans doute, de sa proximité mais aussi de la configuration du lieu. En été, les femmes, qui s'y rendent en soirée, joignent l'utile à l'agréable. Les jeunes filles y chantent et y dansent jusqu'à n'en plus pouvoir à la clarté de thiziri (clair de lune) dont l'éclat se rapproche de celui du jour. C'est dans l'allégresse générale qu'elles remontent chez elles. Sur le dos, elles portent la cruche d'eau fraîche et, à l'oreille, une touffe de basilic.
16/10/2016 07h:54 CET

D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XII): Ressourcement à I3azzouzen

C'est dans ces humbles masures que l'on retrouve les objets utilitaires d'antan, le parfum têtu de l'huile d'olive, l'odeur âcre du bois qui aura flambé dans l'âtre, les émanations douçâtres des figues sèches hors des ikoufanes pansus. C'est là aussi qu'est préservé l'Addaïnine, cet espace spécial où rumine, rêve et dort le troupeau du paysan. Aménagé en contrebas de la surface réservée à la famille, il s'en élève, en hiver une chaleur animale bienfaisante qui enveloppe les enfants, les rassure et leur garantit un sommeil sans cauchemar.
08/10/2016 16h:25 CET