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15/01/2016 06h:16 CET | Actualisé 17/01/2017 06h:12 CET

Au parlement espagnol, les images sont le témoin incontestable d'une rupture

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INTERNATIONAL - Les mots ont un sens. Les images aussi. Celle-ci est le témoin incontestable d'une rupture: au parlement, lieu de représentation du pouvoir du peuple, jadis réservé aux notables, grands propriétaires, aux BCBG et aux bons orateurs, Mariano Rajoy, vieux routier de la politique espagnole, a vu défiler ce matin des têtes venues tout droit d'un festival de rock, "Drari dial L'Boulevard", dirait l'autre pour nous au Maroc.

Ce regard, qui vaut dix mille mots, est celui d'un homo sapiens, un homme qui sait que son époque est révolue, que son espèce est en voie de disparition. L'homo sapiens sait que ce n'est pas un effet de mode, ce n'est pas une phase, ce n'est même pas un changement d'époque, mais un changement de paradigme.

Après l'économie collaborative, la finance collaborative, voici venue la politique collaborative. Le crowdfunding a permis de se passer des banques, et des monnaies virtuelles ont remplacé les monnaies classiques, dites du "système". Le couchsurfing a ringardisé les hôtels. Le coworking a cassé le mythe du bureau pour soi. Le covoiturage a pris la place aux taxis, malgré la lutte de ces derniers. Les logiciels libres ont chamboulé le monde des NTI, la culture libre a sérieusement entamé les réseaux classiques de l'industrie du divertissement et l'imprimante 3D annonce le déclin de bien des industries... Le monde ne change pas, le monde a déjà changé.

En politique, devenu objet marchand des temps modernes, depuis que l'argent y a pris le dessus, le peuple ne veut plus acheter le produit classique, ne fonctionne plus à la verticale, mais à l'horizontale: il veut désormais "mutualiser" le pouvoir plutôt que l'élire, partager son usage plutôt que de le posséder ou le donner à quelques-uns...

Les nouveaux députés d'Espagne, Justin Trudeau au Canada ou encore Alexis Tsipras en Grèce, sont les premiers enfants de ce changement de paradigme. Cela, Mariano Rajoy, le sait, l'air de se dire, "Mabqa Makhzen"...

Galerie photoMelilla, forteresse de l'Europe Voyez les images

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