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11/08/2015 08h:01 CET | Actualisé 16/10/2016 06h:12 CET

Savoir présenter et promouvoir son entreprise sur le monde de l'investissement en Afrique

ENTREPRENARIAT - Présent sur le terrain du développement entrepreneurial depuis plus de 10 ans, je ne peux nier la difficulté de trouver des financements en Afrique. Au risque de provoquer la controverse, je dois admettre que l'une des principales difficultés que j'ai identifiée est l'incapacité des entrepreneurs en Afrique à définir et à justifier économiquement l'existence de leurs entreprises.

D'après mon expérience, en Afrique lorsque des entrepreneurs tentent une levée de fonds, il devient rapidement évident qu'ils mettent peu d'efforts à se démarquer de leur compétiteurs et que les modèles d'établissements des coûts élaborés manquent de précision et de fiabilité. Il est donc important ici de rappeler qu'une bonne idée et un statut administratif ne sont pas des éléments suffisants à garantir le succès d'une entreprise commerciale.

En premier lieu je rappelle aux entrepreneurs que la principale source de financement doit venir des bénéfices issus de la vente aux clients. Des marges positives et une bonne gestion des liquidités doivent permettre de financer une bonne partie des projets de développement. Cependant, il est clair pour tout le monde que la plupart des entrepreneurs commence leurs projets grâce au triptyque des « 3F » du financement : Friends, Family and Fools (amis, familles et idiots). De mon point de vue cela est souvent une bonne stratégie que l'on retrouve d'ailleurs sur l'ensemble du globe.

Si le recours au réseau personnel ou l'autofinancement par les profits ne sont pas envisageables, un entrepreneur devra faire appel à des modes de financement plus formels : institutions financières, sociétés de capital risque ou business angels.

Les institutions financières sont pour la plupart peu enclines à la prise de risques. Elles exigent le plus souvent de bonnes garanties, ce qui peut être un blocage majeur pour un entrepreneur : les bonnes garanties sont souvent ce dont ils manquent. Pour cette raison cette option vise plutôt les entrepreneurs bien établis et développés ou pouvant prouver d'un démarrage commercial réussi.

Par ailleurs les sociétés de capital risque et les business angels commencent à être bien implantés en Afrique. Mais pour revenir à mon premier point, au cours de l'ensemble des rencontres que j'ai pu avoir avec ces acteurs économiques ; ont été exprimé leur incroyable frustration face à la faiblesse des business modèles qui leur sont présentés. Ceci me permet d'affirmer qu'il existe en Afrique, plus d'investisseurs à la recherche de bons projets que de bonnes idées à la recherche de fonds.

De fait, afin de sécuriser un apport de fonds de la part de sociétés de capital risques ou de business angels, voire même de la part des institutions financières les entrepreneurs doivent s'assurer de répondre de façon efficace à l'ensemble des informations exigées. En tant qu'entrepreneur si vous présentez une demande de financement, je vous recommande de prendre en compte les éléments suivants :

- Soyez très prudent en terme de projections financières et prêts à justifier l'ensemble des sources qui vous permettent de conclure à ces projections.

- N'incluez jamais un salaire de marché personnel à vos projections.

- Faites montre d'une bonne compréhension de la compétition présente sur votre marché.

- Soyez très clair quant à vos spécificités: précisez et soulignez le caractère unique de votre idée.

- Faites preuve de la même clarté au sujet des retours sur investissement à espérer pour les investisseurs et des temporalités pour ces retours.

- D'un point de vue purement pratique ne dépassez jamais les 15 slides au cours d'une présentation.

En respectant ces grandes lignes directrices les investisseurs seront capables de reconnaître la qualité des études de marché que vous avez faites ainsi que votre connaissance de l'environnement économique et compétitif. Vous prouverez votre engagement et démontrerez les sacrifices que vous êtes prêt à faire pour garantir le succès de votre entreprise. De cette façon vous rassurerez les investisseurs, limiterez leurs frustrations et vous serez en mesure de provoquer une première impression forte qui permettra d'ouvrir les portes d'une discussion de qualité quant aux financements dont vous avez besoin.

A propos de Raizcorp :

Raizcorp est le seul modèle d'incubateur d'entreprises non capitalisé, qui se charge de fournir des services complets et des programmes de développement aux sociétés, en guidant les entrepreneurs vers le profit. Raizcorp est aussi à l'origine de "Prosperation™" un modèle d'incubateur unique renommé mondialement. Fondée en 2000 , Raizcorp est devenu le premier modèle d'incubateur sur le continent Africain. Pour plus d'information visitez notre site : www.raizcorp.com

A propos d'Allon Raiz :

Directeur générale de Raizcorp, Allon Raiz a été sélectionné en 2008 par le forum mondial de l'économie comme YGL : (Young Global Leader). En 2011 il a été désigné pour la première fois comme membre du Global Agenda Council on Fostering Entrepreneurship. A la suite d'une série de conférences sur l'entreprenariat données à l'université d'Oxford en 2014 et 2015, Raiz a été nommé entrepreneur résident de la Said Business School de l'université d'Oxford. Suivez Allon sur twitter : www.twitter.com/allonraiz.