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20/04/2016 06h:34 CET | Actualisé 21/04/2017 06h:12 CET

Le changement ne doit pas amener le chaos

Si le changement consiste à faire tomber le régime en place, il faudra s'attendre à ce que la crise s'installe durablement. De la même façon, le maintien du statu quo est, dans l'état actuel des choses, la pire des solutions, voire un choix mortifère.

Capture d'écran

Si le changement consiste à faire tomber le régime en place, il faudra s'attendre à ce que la crise s'installe durablement. De la même façon, le maintien du statu quo est, dans l'état actuel des choses, la pire des solutions, voire un choix mortifère.

Dans ce cas, la question qui se pose est la suivante : comment parvenir à réaliser un changement sans que le pays ne sombre dans l'anarchie ? Dans les pays où la rue a réussi à infléchir ou à forcer le départ des dirigeants, il y a eu un travail de terrain de longue haleine.

En 1989, en Chine, des comités estudiantins se préparent, depuis quelques mois, à accompagner la chute du "rideau de fer". Bien que le régime chinois réprime sévèrement la marche du 15 avril 1989, la mobilisation pacifique ne faiblit pas. En maintenant une présence non violente sur les places publiques, les manifestants parviennent à obtenir la chute du premier ministre, Zhao Ziyang, le 23 mai 1989.

De toute évidence, bien que la mobilisation de la place Tian Ammen ne provoque pas la chute du régime, il n'en reste pas moins que les dirigeants chinois sont uniment obligés de revoir leur politique.

Cependant, le meilleur exemple en la matière se produit en ex-Tchécoslovaquie. En fait, en novembre 1989, "la révolution du Velours", qui s'est inspirée des manifestations de Pékin, parvient à prendre le pouvoir. Tout part de la manifestation des étudiants. Se sentant défier par les jeunes étudiants, le régime réprime -sans mesurer les conséquences- la manifestation.

Dans la foulée, la réaction de la société ne se fait pas attendre. "En quelques jours, il ne s'agit plus d'une foule, mais d'un peuple entier qui déferle sur la place Wenceslas", écrit Christophe Nick, dans "les principes élémentaires du coup d'État démocratique : leçon 9".

Devant une telle mobilisation, le régime accepte le principe de la négociation. Une victoire en soi. C'est ce qui conduit à l'ouverture démocratique. Décrivant cette phase cruciale pour la Tchécoslovaquie, Christophe Nick écrit : "en quelques jours, tout est joué, pas une goutte de sang n'a été versée".

Hélas, ces scénarios sont inenvisageables en Algérie. Rien qu'en 2016, deux événements -l'entrée en vigueur de la loi de finances antisociale et l'adoption de la loi fondamentale sans la moindre concertation du peuple, méritent une mobilisation populaire. Bien évidemment, celle-ci doit être pacifique. Or, il n'en est rien.

Dans ces conditions, peut-on conclure que le peuple algérien est incapable de s'organiser pacifiquement dans le but d'exiger une prise en charge effective de ses problèmes et imposer sa participation à la gestion des affaires du pays ? En tout cas, le peuple algérien n'a pas beaucoup de choix : s'il veut exister, il devra s'affirmer.

Pour conclure, il va de soi que la génération actuelle à une longueur de retard sur ses aînés. Alors que le pays vit une crise multidimensionnelle, la grande majorité adopte la politique de l'autruche : en se cachant la tête, elle croit les problèmes disparaissent par la même occasion.

Or, la condition nécessaire pour que l'Algérie se porte bien réside dans l'investissement de la population en vue de bâtir des institutions irréprochables et contrôler l'action des dirigeants de sorte que les plus pauvres ne paient pas les conneries des aventuriers.

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