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13/10/2015 12h:50 CET | Actualisé 13/10/2016 06h:12 CET

Touche pas à mon Sahara!

DIPLOMATIE - C'est bien connu, la question du Sahara marocain occupe une place particulière dans le cœur de chaque Marocain(e). Le devoir national nous impose une mobilisation constante et sans faille pour faire échec à toute tentative visant à déstabiliser le Maroc.

En effet, pour ce genre de conflit, il ne faut pas se laisser guider (uniquement) par ses émotions, il faut aussi et surtout réfléchir avec la raison. Le dossier du Sahara nécessite donc beaucoup de rationalité, de pragmatisme et de clairvoyance.

Cela passe essentiellement par une diplomatie dynamique, participative et prospective. Une diplomatie qui s'adapte aux mutations rapides que connaît le système international. Car de nos jours, la multitude des canaux de communication a "démocratisé" l'action diplomatique; force est de constater que cette dernière ne relève plus exclusivement des fonctions régaliennes et des attributions de souveraineté des Etats.

La position de la Suède, ou plus exactement de quelques partis politiques suédois, au sujet du Sahara marocain est partiale et injustifiée. Néanmoins, les (récentes) tensions avec ce pays scandinave relèvent quelques insuffisances, remédiables, de la part du Maroc dans la gestion du dossier.

En effet, elles remettent à l'ordre du jour la question cruciale de la représentation diplomatique du Royaume dans le monde. Comment se fait-il que le Maroc ne dispose pas à l'heure actuelle d'un ambassadeur en Suède et dans d'autres pays stratégiquement importants pour notre première cause nationale?

Elles soulignent également le caractère impulsif et sporadique de certaines décisions émanant des autorités marocaines. Ainsi, s'attaquer (nommément) à une société ou à des intérêts économiques, dans un monde fortement marqué par l'interdépendance des économies et particulièrement pour un pays en développement, n'est certainement pas la solution radicale.

Les conséquences de telles décisions peuvent même s'avérer fâcheuses pour l'image et l'attractivité du pays. Somme toute, il est impératif de remonter à la source du problème et traiter le mal à la racine, plutôt que de s'arrêter aux ripostes à chaque initiative étrangère hostile à l'intégrité territoriale du pays.

La mise en place d'une stratégie de communication efficace qui sensibilise l'opinion internationale sur la cause marocaine est aujourd'hui plus qu'une nécessité; stratégie accompagnée d'un important travail de lobbying et la construction progressive de ce que l'on pourrait appeler une puissance douce marocaine, un soft power made in Morocco, à travers la culture, le cinéma, l'art, les investissements économiques, le tourisme ou encore les échanges universitaires.

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