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13/03/2018 09h:16 CET | Actualisé 13/03/2018 09h:17 CET

Imane Benrabia, parlementaire: "Subir des échecs très tôt vous aide à vous endurcir"

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"La valeur d'un homme tient dans sa capacité à donner et non dans sa capacité à recevoir", disait Albert Einstein. À l'occasion de la célébration annuelle de la femme, le think tank Top Leaders Club (TLC) a voulu mettre la femme marocaine à l'honneur. Trois jeunes leaders trentenaires, de la sphère économique, politique et sociétale, ont dévoilé les ressorts de leur leadership. Maha Hmeid, chef d'entreprise, Imane Benrabia, parlementaire, et Amal Oumazane, présidente au sein d'une organisation associative. Rencontre avec Imane Benrabia.

TLC: Bonjour Imane Benrabia, qui êtes-vous? Quel est votre parcours?

Imane Benrabia: Je suis née à Casablanca et ai grandi à El Jadida. De parents tous deux "Hrizi", je dois reconnaître que je suis très fière de mes origines et revendique chaque petite partie de cette identité marocaine. Mon bac en poche à 17 ans, je suis allée m'installer à Paris, pour faire des études d'économie et de gestion, à l'Université Paris Dauphine. Par un concours de circonstances, j'ai été amenée à effectuer un stage de 2 mois dans une agence de communication orientée ONG, où j'ai pu découvrir le pouvoir de la communication, la capacité à faire passer des messages à forte valeur et comment cela peut impacter positivement notre société. Suite à cela, j'ai décroché un Master Marketing et Stratégies de communication. Des années plus tard, j'ai suivi le MBA de l'École des Ponts et Chaussées, durant 2 années pleines de belles expériences et de partage.

En ce qui concerne mon parcours politique, je dois dire que celui-ci s'est fait assez naturellement. Petite, j'ai toujours eu envie de faire des sciences politiques, installer une certaine égalité sociale, sans parler du fait que j'ai toujours été en immersion, à travers les activités politiques de mon père, Istiqlalien depuis plus de 30 ans. C'est donc tout naturellement que j'ai rejoint les rangs de l'Istiqlal, à mon retour au Maroc en 2009, pour être élue au Parlement, aux législatives de 2016. Aujourd'hui, je suis une femme politique engagée, une chef d'entreprise, une épouse et une maman.

TLC: Comment qualifierez-vous votre style de leadership?

Pour moi, le leadership vient de la capacité à motiver et à rendre les personnes autour de vous capables de contribuer à la réussite de votre projet. Pour cela, je crois vraiment en ce que Daniel Goleman appelle "Democtratic leadership" c'est-à-dire participatif. Il me semble essentiel d'écouter mes collaborateurs, laisser les membres de mon équipe libres dans leurs initiatives, car le dialogue est la clé de voûte pour une efficacité optimale.

Quelles valeurs défendez-vous?

Mes valeurs viennent de mes parents et de l'éducation que j'ai reçue: respect, intégrité, savoir et persévérance sont des valeurs centrales qui m'ont toujours accompagnée et permis de questionner mon environnement et mes choix, tout en restant fidèle à mes principes. C'est d'ailleurs ce qui me semble le plus important à transmettre à nos enfants: s'il y a une chose dont nous sommes responsables en tant que parents, c'est d'inculquer ces valeurs aux générations futures, pour pouvoir espérer en un Maroc meilleur.

Comment mesurez-vous vos réussites?

J'avoue que c'est assez délicat de répondre à cette question. Je vais donc botter en touche et laisser le soin aux autres d'évaluer mes actions et leur degré de réussite.

Comment appréhendez-vous vos échecs?

Lao Tseu disait "l'échec est au fondement de la réussite". Il y a indéniablement des vertus à l'échec, même si notre société et surtout le champ politique s'évertuent à les dissimuler et à ne pas en parler, sans doute parce qu'on a tendance à confondre l'échec de nos projets avec celui de notre personne. Je pense que subir des échecs très tôt dans la vie vous aide à vous endurcir et à mieux affronter les épreuves de la vie. C'est pourquoi il est important d'en tirer les bonnes leçons, pour aller de l'avant et mieux réussir dans ses projets futurs.

Parlez-nous de vos réalisations et de vos projets...

Je dois dire qu'en dépit d'une certaine connaissance du monde politique, ma participation aux élections municipales de 2015, puis aux législatives de 2016 m'a permis de découvrir un autre visage du Maroc et d'être au contact de populations assez hétérogènes. Surtout, elle m'a permis de comprendre le long travail à faire pour changer le "mindset" de nos citoyens et leur donner envie de devenir acteurs de notre société. Aujourd'hui, peu de personnes croient en la politique et ses vertus, "nous sommes tous des personnes corrompues, cherchant à satisfaire des intérêts propres". Cette image négative, sans nul doute résultat de certaines pratiques, doit changer et c'est là une des actions principales auxquelles je me suis attelée dès mon élection.

Pour cela, il me semblait important de communiquer à travers les réseaux sociaux de mes activités parlementaires. Aussi, je veille à garder une permanence de 2 jours par semaine, pour recevoir tout citoyen désireux de me faire part d'une problématique personnelle ou générale. Mon objectif à la fin de mon mandat est de changer la perception du Marocain sur le député et son rôle, de montrer qu'il y a des personnes responsables qui ont à cœur de faire avancer les choses et que sans la participation citoyenne de ces derniers, nous ne pouvons pas grand-chose.

Un des projets qui me tient à cœur, consiste à faciliter l'accès à l'emploi aux jeunes. Nous nous devons de développer des politiques qui encouragent la création d'entreprise et l'entrepreneuriat. Je reste profondément convaincue que nos jeunes constituent une richesse et du potentiel non exploité, que nous devons orienter vers les bons secteurs. C'est dans cette perspective que je suis en train de lancer un grand projet sur la région d'El Jadida pour monter une cellule avec de jeunes étudiants, des diplômés, des jeunes actifs, afin d'étudier le marché, ses contraintes, son potentiel et les actions à mener pour encourager et faciliter entrepreneuriat. La réussite de notre pays passe par l'intégration de ses jeunes.

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