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07/02/2016 03h:17 CET | Actualisé 07/02/2017 06h:12 CET

Vouloir de ... mosquée

Le roi Hassan II a construit sa mosquée de Casablanca qu'il a faite dessiner par son architecte attitré Michel Pinseau. Une agence qui élisait domicile à l'avenue Foch à Paris dans les années 80. Dessiner c'est trop dire car le monarque avait décidé de tout jusqu'au plus petit détail. Il suivit personnellement et de très près l'élaboration des études et la réalisation des travaux.

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Le roi Hassan II a construit sa mosquée de Casablanca qu'il a faite dessiner par son architecte attitré Michel Pinseau. Une agence qui élisait domicile à l'avenue Foch à Paris dans les années 80. Dessiner c'est trop dire car le monarque avait décidé de tout jusqu'au plus petit détail. Il suivit personnellement et de très près l'élaboration des études et la réalisation des travaux.

Il fait le détour par une manœuvre politique "limite" de dire faire contribuer tous les Marocains au financement de leur (sa) mosquée: en leur imposant un impôt ad-hoc.

Enfin, c'est ce qui est vendu officiellement, mais le fait politique est là.

Quant au symbole, il ne lui a pas été difficile de puiser dans la rhétorique historique battant le rappel de la légende du conquérant Okba ibn Naffaa el Fihri, enfourchant sa monture mouillée dans les flots de l'océan et proclamer brandissant son épée : si ce n'était cette barrière océane j'aurais atteint la fin des terres. La mosquée est en partie construite sur l'eau.

Il y a aussi le message de l'image, celle de son Maroc qu'il eût toujours voulu présenter comme un pays peuplé de travailleurs et d'artisans. Il fit de sa mosquée une grande vitrine pour l'artisanat de la construction au Maroc. Il n'en fit pas plus un pari architectural qu'un manifeste du travail artisanal célébrant le savoir des petites mains expertes du petit peuple. Ce qui est vrai cependant en visitant le projet : tellement l'on est ébahi par les prouesses du travail artisanal des différents matériaux.

El Maghrib s'y voit en faisant peut-être de la mosquée de son roi un dernier acte de la haute tradition de l'architecture religieuse maghrébine. Aime-t-on ou pas, il n'empêche que les messages exprimés à plusieurs niveaux sont là pour exprimer la volonté politique qui porte le projet.

Pour notre Djamaâ el Djazair que seul Dieu sait si un jour il sera achevé, rien n'est exprimé officiellement sur l'architecture du projet.

Quelle représentation l'Algérie fait-elle de cette œuvre ? Un projet qui est sous-tendu par quel message politique ? C'est quoi la symbolique de ce vaste programme ?

Des questions qui demeurent sans réponse et ce ne sont certainement pas les plates données programmatiques froidement énoncées, comme pouvant contenir des dizaines de milliers de fidèles et un minaret émergeant à plus de 270 mètres, qui changeraient quelque chose.

Un projet de la communauté nationale financé avec l'argent du trésor public qui sort de terre dans le silence rendu assourdissant par l'absence d'un message politique identifiable. Le Djamaa El Djazair est certainement le projet qui matérialisera mieux le creux politique dans lequel baigne notre pays.

Voulu par le premier responsable du pays il y a maintenant dix-ans sans que nous l'ayons entendu une seule fois prononcer le moindre mot sur "son" projet !

Galerie photo Les plus belles mosquées d'Algérie Voyez les images

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