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13/12/2015 12h:04 CET | Actualisé 13/12/2016 06h:12 CET

Au village de Timenkache, le souvenir de la grande Malika Gaïd

Le 27 juin 2007, le village de Timenkache commémorait le cinquantième anniversaire de la mort de Malika Gaid, la plus illustre de ses filles, morte pour l'Algérie.

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Le 27 juin 2007, le village de Timenkache commémorait le cinquantième anniversaire de la mort de Malika Gaid, la plus illustre de ses filles, morte pour l'Algérie.

Il y avait une foule ce jour-là dans ce village paisible où d'habitude il ne se passe pas grand-chose. Les hommes et les femmes sont venus d'un peu partout célébrer la mémoire de la vaillante fille.

Une section de jeunes scouts de Guenzet est venue chanter des chansons patriotiques en Kabyle, notamment une reprise d'une chanson de Cherifa "Ledzair swachou ithehia", admirablement reprise par les jeunes bourgeons qui ont mis en émoi l'assistance, qui derrière ses lunettes de soleil n'avait pu empêcher ses larmes couler.

Moment intense d'un retour dans la mémoire de notre être.

A l'occasion, avec ma mère, mes deux filles et mes nièces nous visitâmes la maison des Gaid. Malika y avait vécu lorsqu'elle travaillait comme infirmière à Guenzet dans les années 50. Elle dut partir en 1956 sur ordre du colonel Amirouche.

Aimablement, le neveu de Malika que j'ai eu beaucoup de plaisir à faire la connaissance prit le soin de raconter quelques anecdotes aux enfants attentifs. Nous visitâmes la chambre de Malika qui servait aussi de salle de soins. La journée, elle soignait des gens qui venaient des villages environnants quand elle n'était pas au dispensaire de Guenzet. Le soir, très souvent, dans cette même chambre elle soignait les blessés de l'ALN dans le plus grand secret.

D'après son neveu, le capitaine de l'armée française stationné à Guenzet soupçonnait bien un détournement des médicaments; c'était pour la population civile, bien sûr, arguait-elle. "Je sais bien ce que vous en faites", lui avait-il dit un jour.

Au fond de la cour de la maison il y avait une petite porte qui donnait directement sur le maquis dense qui couvre le mont d'Aith Yaala à cet endroit. Plusieurs fois, lors de ces passages, le colonel Amirouche et ses hommes sortirent par cette porte pour disparaître rapidement dans le maquis.

Au pied du mur de la maison, il est enterré une machine à écrire qui servit notamment à taper des rapports d'une extrême importance pour la wilaya III. Mouloud, le frère aîné de Malika, le rapportait dans un opuscule admirablement écrit. Lettré, il était, notamment, secrétaire de Abane.

Par la petite histoire de l'objet enseveli racontée par notre aimable guide, ma cadette Nina à peine âgée de sept ans alors, concernée, lui dit : "oui, je l'ai lue".

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