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10/02/2016 11h:53 CET | Actualisé 10/02/2017 06h:12 CET

La petite mosquée de Kouba

Cette mosquée construite contre un talus fut érigée en 1929. Une "mosquée urbaine" qui continuait l'alignement des maisons qui longeaient la route vers le ruisseau. Elle vient marquer sobrement la limite du bâtiment d'habitations à l'angle de la rue secondaire qui mène au lotissement voisin.

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Cette mosquée construite contre un talus fut érigée en 1929. Une "mosquée urbaine" qui continuait l'alignement des maisons qui longeaient la route vers le ruisseau. Elle vient marquer sobrement la limite du bâtiment d'habitations à l'angle de la rue secondaire qui mène au lotissement voisin.

En plus d'une petite salle de prière et du coin des ablutions, il y a un petit logement pour l'imam subtilement inséré à la façade de la mosquée. Le volume du logement enseigne sur le rapport des maisons, adossées l'une à l'autre, qui n'existent plus, que l'on voit dans les gravures.

A leur endroit fut construit un bâtiment d'habitation des années 50 qui existe toujours. Jusqu'à l'orée des années 80, la mosquée a été maintenue en son état initial. Depuis, une malencontreuse extension l'a sensiblement dérangée. Heureusement qu'on ne toucha pas au bâtiment initial qui est resté intact. Les proportions de la coupole et du minaret sont parfaites.

La petite mosquée de Kouba fut construite bien après la grande église située quelques mètres plus haut. L'édifice ecclésiastique, par contre, a été érigé sur le point culminant du centre de Kouba et ne dérogeait en rien aux traditions de composition classique des tracés urbains en surplombant la stèle du monument aux morts, ses deux escaliers tournants et sa cascade d'eau. Elle donne face au jardin public et à l'ancienne mairie, puis plus tard en 1935, à la nouvelle mairie.

Par la situation urbaine des deux institutions de culte transparait le système de triste mémoire d'une Algérie à deux collèges. Durant l'époque coloniale, Kouba était une commune de plein exercice dirigée par un maire. C'est-à-dire qu'il y avait suffisamment de population d'origine européenne pour distinguer entre les lieux publics fréquentés par les deux communautés.

Il y avait aussi deux cinémas : LE REX qui était juste en face de notre petite mosquée où l'on continuait longtemps après l'indépendance à passer des films égyptiens, indiens, western ... C'était le cinéma autorisé aux arabes. Puis il y avait L'ÉLITE, le cinéma des européens interdit aux arabes, où curieusement même après l'indépendance on ne passait pas des films taxés populaires.

Dans la petite mosquée de Kouba trônait cheikh El Djilali Mazouni. Il était Imam du temps de la colonisation jusqu'au début des années quatre-vingt. C'était un peu sa mosquée. Respectable dans sa bonhomie naturelle, sa finesse et sa goguenardise d'algérois distillé.

De la récitation du livre sacré mot ne lui échappait. Je me rappelle de lui parfois, dandinant, traverser la grande voie pour se rendre en face de sa mosquée chez "Hamou le mozabite", l'épicier du coin, pour acheter de quoi casser la croûte avant d'officier à la prière du dohr. Il prenait des laitages, des olives, quelques fruits et bien sûr une Hamoud bien fraîche.

Il officiait au rite dans le calme des jours et des nuits qui s'égrenaient sûrement. Docilement presque.

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