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09/01/2018 09h:38 CET | Actualisé 09/01/2018 09h:38 CET

Appel pour gagner la présidentielle de 2019

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L'Algérie a besoin d'un nouveau souffle, d'un nouveau rêve, de nouvelles ambitions. Elle a besoin d'une nouvelle matrice politique pour libérer toutes les énergies qui l'habitent, en vue de construire, dans la sérénité, un régime démocratique, respectueux des libertés et des Droits de l'Homme, où chaque Algérien se sentira citoyen à part entière. Ce projet n'est pas seulement indispensable à l'épanouissement de chaque Algérien, il constitue aussi une condition indispensable pour que le pays puisse se faire une place dans le monde de demain.

Pourtant, face à un monde qui se recompose à un rythme vertigineux, à des bouleversements sociaux et culturels inconnus dans l'histoire, l'Algérie reste prisonnière d'un système politique qui l'étouffe. Malgré à la grave crise politique, économique et sociale que vit l'Algérie, le système en place, hostile à toute idée de changement, agit de manière méthodique pour tenter de verrouiller toutes les possibilités de changement pacifique.

Les institutions ont été neutralisées. Les contre-pouvoirs ont été systématiquement éliminés. Le Parlement a été réduit à une chambre d'enregistrement. Syndicats, partis, société civile subissent un travail de sape qui a largement entamé leur crédit et leur capacité à influer sur le cours des évènements. Les élections, telles que conçues et organisées par le pouvoir, ne peuvent apporter le moindre changement. Elles servent à légitimer un statuquo devenu insupportable pour le pays.

Pendant ce temps, des intérêts économiques informels continuent de se mouvoir derrière une façade institutionnelle totalement vidée de son contenu. Ils défendent leurs intérêts et imposent leurs choix, alors que les catégories populaires n'ont pas de représentations crédibles et reconnues.

A l'extérieur, l'image de l'Algérie s'est fortement dégradée. L'absence du président Abdelaziz Bouteflika, le phénomène des harraga, l'expansion de la corruption, l'opacité du système politique en donnent une représentation dégradante.

Mais plus que tout, c'est le désarmement éthique et moral du pays qui inquiète. Ce qui se passe aujourd'hui donne l'impression que toutes les digues morales ont sauté, que toutes les barrières éthiques ont été détruites, que toutes les valeurs qui font un pays ont disparu.

Malgré ce tableau particulièrement sombre, avec un bilan désastreux, le système en place veut paralyser le pays pour les années à venir, en usant de sa force d'inertie. L'idée d'un cinquième mandat en faveur du président Abdelaziz Bouteflika, portée par des voix proches du pouvoir, commence à être évoquée, malgré l'absurdité d'une telle hypothèse.

Cela est-il possible dans le pays de Novembre ?

Face à ce nouveau péril qui se profile, les Algériens restent désarmés. Ils se demandent comment relever le défi, mais ne trouvant pas de réponse adéquate, ils expriment leur désarroi de différentes manières : démission, résignation, harga, replis de différentes natures, etc.

Est-il possible de surmonter cette impasse? Comment?

La réponse peut être élaborée en deux volets : définir des principes et un cadre politiques pour atteindre cet objectif, et élaborer une démarche pragmatique pour y arriver.

Au titre des principes, il faut affirmer que toute initiative doit se faire dans un cadre pacifique, légal, et avoir pour objectif d'instaurer un régime démocratique, pluraliste, respectueux des libertés et des Droits de l'Homme. Tout parti, association, citoyen, peut se sentir concerné par le projet.

Il n'est pas nécessaire, aujourd'hui, d'établir un programme de gouvernement détaillé. Il s'agit juste de s'entendre sur des principes de base qui font consensus : établir un Etat de droit dans lequel les citoyens sont égaux devant la loi, garantir un fonctionnement institutionnel du pays, établir et respecter des règles pour accéder au pouvoir, exercer le pouvoir et quitter le pourvoir, promouvoir les libertés fondamentales dans le cadre de l'unité nationale.

Un candidat de l'Algérie

Quant au volet pratique, il s'agit de reprendre l'initiative, pour présenter aux Algériens un candidat de l'Algérie face au candidat du système lors de la présidentielle de 2019. Il s'agira de s'entendre sur un candidat qui aura un mandat de cinq ans, avec une feuille de route précise, en vue d'instaurer de nouvelles règles du jeu, de rétablir un fonctionnement institutionnel du pays, de rétablir également des valeurs morales et éthiques sans lesquelles aucune société n'est possible. Ce volet comprendra probablement une révision de la constitution et de certaines lois.

Formations politiques, organisations sociales et leaders d'opinions ont la charge de se concerter, à la fois pour définir un socle de travail commun, et de lancer cette démarche. Les partis porteurs d'un projet démocratique et d'une vision nationale sont les plus concernés. Dans leur action, ces forces seront portées par deux motivations centrales : aucun progrès n'est possible avec le mode de gouvernance actuel; aucun projet n'est viable s'il n'est pas porté par de larges franges de la société, à défaut d'un consensus national ; le système en place se nourrit autant de pratiques clientélistes, de la corruption, de la répression et de la tricherie que de l'incapacité de la société algérienne à présenter des alternatives et à les porter.

C'est donc par une action audacieuse, incluant le plus grand nombre, publiquement affichée, et solidement ancrée à des principes démocratiques et des valeurs morales, qu'il sera possible de dépasser l'impasse politique actuelle.

C'est un retour à l'esprit de Novembre.

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