MAROC
14/03/2018 10h:27 CET | Actualisé 14/03/2018 10h:30 CET

"Je suis totalement innocent de ce dont on m'accuse", se défend Tariq Ramadan dans une vidéo en ligne

JUSTICE - Tariq Ramadan n'a pas dit son dernier mot. Après plusieurs semaines de silence, imposé par ses avocats, l'islamologue suisse, accusé de viol, revient sur la scène médiatique dans une vidéo publiée sur le site Muslim Post où il répond à ses détracteurs et aux nombreuses accusations dont il fait l'objet.

Actuellement écroué suite à deux accusations de viols, Tariq Ramadan prend donc la parole dans cette vidéo qui serait datée de la mi-novembre dernier, selon Muslim Post, et qui aurait ainsi été enregistrée quelques semaines avant qu'il ne se présente devant les juges, indique pour sa part le média suisse Le Temps.

Avec le ton solennel et l'attitude calme qu'on lui connait, Tariq Ramadan débute son monologue en rappelant la campagne de "lynchage médiatique" dont il est victime en France, en Belgique et en Suisse romande, où on l'accuse "des pires agissements", "de crimes puisqu'il s'agit de viols" rectifie-t-il.

"Je suis totalement innocent de ce dont on m'accuse" tranche l'islamologue, expliquant qu'il refuse d'entrer dans une "surenchère médiatique" et ne répondra pas "à la vindicte populaire que les médias entretiennent". Il ajoute qu'il est "profondément confiant de l'évolution des investigations" et que la justice rétablira "qui a menti et qui est innocent".

"Il faut le finir Tariq Ramadan"

S'il s'estime ne pas être victime de complot, il accuse pourtant certains de ses détracteurs comme Jean-Claude Elfassi, Maamar Metmati ou Gilles Kepel de s'acharner sur lui. "Des mois avant (que l'affaire n'éclate), certains cherchaient des témoignages, d'autres proposaient de l'argent, Metmati proposait jusqu'à 3000 euros pour des témoignages" affirme Tariq Ramadan, précisant que ces témoignages, apparus suite à l'affaire Weinstein étaient "une aubaine extraordinaire" pour ses ennemis de toujours, dont il est "dans le viseur". "Il faut le finir Tariq Ramadan", des mots que l'intéressé dit avoir lu sur Twitter et Facebook et qui traduiraient l'acharnement dont il serait victime.

Autres responsables du lynchage de l'islamologue: les journalistes, pas assez tendres à son égard, de "Marianne à Médiapart, en passant par Le Monde et Le Nouvel observateur". "Là comme je suis le diable, la parole qui m'accuse est forcément la parole de l'ange". Selon lui, aucun n'aurait réellement cherché à savoir qui est Henda Ayari, la première accusatrice qui avait livré un témoignage glaçant, mais "totalement invraisemblable et illogique" selon lui. "Pas un seul journaliste ne s'est arrêté pour se dire: qui est cette jeune femme. C'est tout à fait sidérant", juge-t-il.

Par la suite, il invoque deux arguments pour sa défense. Premièrement, le ministère de l'Intérieur français qui l'a placé sous surveillance depuis toujours, n'a jusque-là jamais utilisé "les soi-disants viols" à charge contre lui. "Parce-que cela n'existait pas" explique-t-il simplement. Ensuite, le fait que les plaintes à son encontre n'aient été déposées qu'en France alors qu'il voyage dans le monde entier lui semblerait étrange. "On cherche à me donner une image de fou (...) en trente ans, je ne l'aurais été que deux fois et en France. Toute ma vie à l'extérieur, partout dans le monde, dans le monde anglophone, en Afrique. Personne, pas d'autres témoignages, rien du tout. Donc je suis géographiquement fou, géographiquement déséquilibré", justifie-t-il.

Or, une quatrième plainte a été déposée contre lui pour "agression sexuelle"... à Washington le 19 février dernier, par une ressortissante américaine musulmane et résidant actuellement au Koweït.

En octobre dernier, deux plaintes ont été déposées contre Tariq Ramadan: l'une de l'écrivaine tunisienne et salafiste repentie Henda Ayari, qui l'accuse de "faits criminels de viol, agressions sexuelles, violences volontaires, harcèlement et intimidation", rappelle le HuffPost France, et celle d'une femme de 42 ans, dont le pseudonyme "Christelle" est utilisée dans les médias, convertie à l'islam et souffrant d'un handicap aux jambes qui avait dénoncé une agression sexuelle d'une extrême violence. Une troisième plainte était en cours de déposition le 7 mars dernier, par une Française d'une quarantaine d'années qui dit avoir subi plusieurs actes sexuels" violents et dégradants", entre 2013 et 2014.

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