MAROC
14/03/2018 10h:13 CET

Pourquoi ces fossiles de reptiles volants découverts au Maroc font avancer la science

Ces fossiles de reptiles volants découverts au Maroc sont une bonne nouvelle pour la science
University of Bath
Ces fossiles de reptiles volants découverts au Maroc sont une bonne nouvelle pour la science

FOSSILES - Six nouvelles espèces de ptérosaures, ces reptiles volants qui volaient au-dessus de la tête des dinosaures avant leur extinction il y a 66 millions d'années, ont été récemment découvertes au Maroc.

Selon une étude réalisée par une équipe de chercheurs britanniques et américains dirigée par le Milner Center for Evolution de l'Université de Bath en Angleterre, publiée le 13 mars dans la revue PLOS Biology, les centaines de fossiles découverts dans les roches marines des mines de phosphates près de Khouribga, au sud de Casablanca, montrent que, contrairement aux études précédentes, il existait une grande diversité d'espèces de ptérosaures avant qu'ils ne disparaissent de la surface de la Terre.

"Des centaines de fossiles de ptérosaures provenant d'un site marocain révèlent une grande diversité de reptiles volants jusqu'à l'extinction des dinosaures il y a 66 millions d'années"

"Les fossiles proviennent de la région de Khouribga. Ils ont été trouvés dans les mines de phosphates de Sidi Daoui et de Sidi Chennane, et la plupart proviennent de Sidi Daoui, près d'Oued Zem. Les fossiles ont été déterrés par des Marocains locaux, et nous avons ensuite travaillé avec eux pour mettre les fossiles dans les collections des musées marocains", explique au HuffPost Maroc le Dr Nick Longrich, membre du département de biologie et de biochimie de l'Université de Bath et auteur principal de l'étude.

Avant la parution de cette étude, les spécialistes pensaient que ces reptiles volants préhistoriques étaient en déclin avant l'extinction des dinosaures causée il y a 66 millions d'années par un impact d'astéroïde.

Mais cette découverte montre qu'au moins sept espèces appartenant à trois familles de reptiles volants vivaient encore à la fin du Crétacé, période géologique qui s’étend de 145 à 66 millions d'années avant notre ère.

Cela signifie qu'il existait donc une très grande diversité de ptérosaures - également connus sous le nom de ptérodactyles - au moment de leur extinction. Autrement dit, ils ont disparu d'un coup avec les dinosaures et non à petit feu avant l'impact de l'astéroïde.

fossiles pterosaures maroc

Les ptérosaures étaient les "cousins ​​volants" des dinosaures. Les nouvelles espèces découvertes avaient une envergure allant d'un peu plus de deux mètres à près de dix mètres, soit presque six fois plus gros que le plus grand oiseau vivant, et pesaient jusqu'à 200 kilos, indique l'Université de Bath dans un communiqué.

"Pour devenir si grands et être capables de voler, les ptérosaures ont développé des squelettes incroyablement légers. Leurs os sont parfois réduits à des tubes creux à parois minces, comme le cadre d'un vélo de course en fibre de carbone", explique le Dr Nick Longrich dans le communiqué. "Mais malheureusement, cela signifie que ces os sont fragiles, et donc presque aucun n'a survécu sous forme de fossile."

Les ptérosaures dont les restes retrouvés au Maroc datent de la toute fin du Crétacé sont ainsi parmi les derniers de leur genre sur Terre.

"Nous avons découvert des fossiles de ptérosaures rares qui montrent qu'ils étaient très divers avant d'être anéantis par le même astéroïde qui a tué les dinosaures"

Selon le professeur David Martill de l'Université de Portsmouth en Angleterre, co-auteur de l'étude, "des découvertes passionnantes sont faites tout le temps, et parfois, seulement le plus petit des os peut radicalement changer notre perception de l'histoire de la vie sur Terre".

"Ces fossiles marocains racontent le dernier chapitre de l'histoire des ptérosaures - et ils nous disent que les ptérosaures dominaient les cieux et la mer, comme ils l'ont fait pendant les 150 millions d'années précédentes", a pour sa part indiqué le Dr Brian Andres, chercheur associé à l'Université du Texas à Austin, aux États-Unis, également co-auteur de l'étude.

cubitus pterosaures fossiles

L'image montre des os du cubitus (avant-bras) de deux espèces de ptérosaures différentes. Le plus gros aurait eu une envergure d'environ 10 mètres.

Pour le paléontologue marocain Nour-Eddine Jalil, rattaché au muséum national d'Histoire naturelle en France, ces fossiles "nous racontent leur incroyable diversité alors que nous les croyions en déclin. Les phosphates marocains sont une fenêtre ouverte sur un moment-clé dans l'histoire de la Terre, ayant précédé la crise mondiale qui a balayé, entre autres, les dinosaures et les reptiles marins."

Les fossiles sont conservés en permanence à la faculté des sciences Aïn Chock de l'Université Hassan II à Casablanca, et sont à la disposition des chercheurs qualifiés pour l'étude.

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