MAROC
14/03/2018 07h:41 CET

Espagne: Deux Marocains condamnés pour apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux

Dado Ruvic / Reuters

TERRORISME - La cour nationale espagnole, plus haute instance juridique du pays, a condamné, mardi, deux Marocains à deux ans de prison ferme pour apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux. Le tribunal a examiné tout le contenu diffusé par les deux accusés tout au long de la période durant laquelle ils faisaient l’objet d’une enquête de la police, soit depuis 2014, jusqu’à leur arrestation en 2016.

Fouad Bouchinan et Ilyass Chetouf, deux ressortissants marocains respectivement âgés de 27 et 20 ans, ont partagé en ligne, entre juin 2014 et novembre 2015, du contenu faisant l'apologie du terrorisme et glorifiant des organisations terroristes comme l'Etat Islamique. Selon El Pais, qui reprend un communiqué de la cour nationale espagnole, Bouchinan et Chetouf auraient stocké dans leurs appareils électroniques des fichiers à caractère "djihadiste" qu'ils ont plus tard partagé sur Facebook.

Le quotidien espagnol ajoute qu'entre 2009 et 2016, Bouchinan avait "six ou sept" profils sur Facebook qu'il activait et désactivait sans cesse. Parmi les contenus qu'il publiait, il partage en septembre 2016 le message suivant, glorifiant l'auto-proclamé calife de l'Etat Islamique: "La victoire viendra de la main de l'émir des croyants, Abu Bakr al Bahgdadi, qu'Allah le protège". Il utilisait par ailleurs comme photo de profil un portrait du chef militaire tchétchène Tarjan Batirashvili, qui était actif au sein l'État islamique sous le nom d'Abu Omar Al Shisani.

Ilyass Chentouf, pour sa part, a fait l'éloge d'Oussama Ben Laden, ancien chef d'Al-Qaïda tué par les américains en mai 2011. "Qu'Allah vous fasse miséricorde, oh, lion du djihad ", a-t-il écrit sur sa page.

La cour précise toutefois, dans son communiqué, qu'au-delà des informations radicales et violentes partagées, "il n'y a aucun moyen que les deux accusés soient impliqués dans des activités d'organisations terroristes ou aient eu des relations avec leurs membres". Il n'y a également aucune preuve qu'ils avaient "l'intention de se rendre dans des zones de conflit ou de recruter d'autres personnes pour le faire".

Les deux ressortissants ont donc été acquittés du délit d’appartenance à une organisation terroriste car rien ne prouve qu'ils aient eu l'attention de commettre quelconque acte ou activité à caractère terroriste. Les autorités espagnoles estiment que c'est "un radicalisme idéologique" qui a poussé les deux Marocains à faire des recherches abondantes sur le djihadisme et à poster du contenu à caractère violent.

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