TUNISIE
13/03/2018 06h:49 CET

Réunion des signataires de l'Accord de Carthage: Quel avenir pour le gouvernement d'union nationale?

Facebook/Présidence du gouvernement

Alors que la réunion des signataires de l'Accord de Carthage est prévue au cours de la journée de mardi, le président du bloc parlementaire du Front Populaire Ahmed Seddik a affirmé "n'avoir aucune attente" de celle-ci.

"Nous considérons que cette réunion sera l'occasion pour la coalition au pouvoir de commencer à préparer une feuille de route interne pour l'après élection municipale" a-t-il considéré.

"Le Tunisien n'a rien à espérer de cette réunion. Cela impactera la vie politique interne des partis au pouvoir, où la lutte est à son paroxysme (pour l'après élection municipale). Il sera simplement question de cette lutte entre les partis au pouvoir à travers peut-être un remaniement ministériel" a estimé Ahmed Seddik.

De son côté, le porte-parole d'Ennahdha Imed Khemiri n'a pas confirmé les propos du dirigeant du Front Populaire affirmant qu'Ennahdha présentera au cours de cette réunion 7 proposition qui "touchent les questions économiques". "Cela concernera l'amélioration de la croissance économique, l'amélioration du pouvoir d'achat des Tunisiens, la lutte contre la contrebande, la réforme des Caisses sociales, la réforme de la fonction publique, la réforme du secteur bancaire et enfin l'amélioration du cadre légal des transactions publiques" a-t-il affirmé.

Alors que plusieurs médias parlent d'une "rencontre décisive" chargée d'évaluer le rendement du gouvernement, celle-ci pourrait sceller l'avenir de Youssef Chahed à la tête d'un gouvernement d'Union nationale.

Dans une interview accordée au journal La Presse, Noureddine Taboubi, secrétaire général de l'UGTT, signataire de l'accord de Carthage affirme que cette réunion sera celle de "la franchise" et de la "profondeur" demandant clairement un remaniement ministériel.

"Nous avons soumis nos propositions au chef de l'État et nous attendons qu'il tranche aujourd'hui" a-t-il affirmé ajoutant que l'UGTT se trouve "dans l'obligation de déclarer que ce gouvernement est irresponsable" regrettant ses "tergiversations dans le but de renvoyer aux calendes grecques les décisions que tout le monde attend".

Sans demi-mesures, Noureddine Taboubi évalue le rendement de Youssef Chahed: "Un bon chef de gouvernement doit réunir les critères du réalisme, de l'expérience, de la conscience des priorités et de la capacité de diriger une équipe homogène" a-t-il précisé ajoutant que "malheureusement, l'équipe ministérielle est composée d'incompétents et d'amateurs".

Le journal "Le temps" estime quant à lui qu'il s'agit de "l'ultime chance de Chahed" indiquant que le gouvernement est "sur la sellette". Selon "Essahafa", l'éviction de Chahed n'est pas du tout à l'ordre du jour évoquant un remaniement ministériel au sein duquel des "compétences technocrates" prendront la place de certains ministres "impliqués dans les prochaines échéances électorales", à l'instar des élections municipales du 06 mai prochain.

Le journal "Essabah" évoque quant à lui, un soutien d'Ennahdha au gouvernement de Youssef Chahed. Reste à savoir la position de Nidaa Tounes s'interroge "Essabah" Si le chargé de la communication du parti Foued Bouslama a affirmé que le parti "soutient Youssef Chahed" et que cette réunion est "banale", le journal s'interroge sur la position de Hafedh Caid Essebsi qui craint l'influence grandissante du chef du gouvernement au sein de Nidaa Tounes.

Une réunion des signataires de l'Accord de Carthage est prévue au cours de la journée du mardi. Plusieurs partis signataires ont quitté l'accord à l'instar d'Afek Tounes, d'Al Joumhouri et de Machrou' Tounes, estimant que celui-ci a dévié de son chemin initial.

Le 13 juillet 2016, 12 partis politiques et organisations avaient signé l'Accord de Carthage, la feuille de route du gouvernement.

Parmi les principales mesures contenues dans cet "Accord de Carthage" figurent: la mise en place d'une stratégie nationale de lutte contre le terrorisme, la hausse de la croissance pour réaliser les objectifs du développement et de l'emploi, la lutte contre la corruption, le contrôle de l'équilibre budgétaire et l'élaboration d'une politique sociale efficace, l'instauration d'une politique spéciale pour les villes et les collectivités locales et enfin l'idée de pousser à l'efficacité du travail gouvernemental.

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