MAROC
13/03/2018 10h:30 CET

Affaire Bouachrine: La plainte contre le procureur général classée et une plaignante poursuivie pour diffamation

MAP

AFFAIRE BOUACHRINE - Autour de l’affaire Taoufik Bouachrine en gravitent désormais d’autres. Après l’ouverture du procès du directeur du journal Akhbar Al Yaoum et des sites Al Yaoum 24 et Soltana, le jeudi 8 mars, le procureur général près la Cour d’appel de Casablanca, Najim Bensami, a fait le point, hier devant les médias.

Face aux nombreux micros qui lui sont tendus, l’homme se montre détendu et tient avant tout à préciser que le parquet veut contribuer à la mise en œuvre du droit constitutionnel du citoyen à l’information et par conséquent faire barrage aux rumeurs et allégations. "Le ministère public veille au respect de la loi et à la présomption d’innocence", souligne-t-il avant d’entamer sa mise au point par rapport à la plainte déposée contre lui par la défense de Bouachrine l’accusant de falsification. Et cette dernière porte sur le fait "qu’il a indiqué dans le PV de l’interrogatoire de l’accusé Taoufik Bouachrine qu’il s’agit d’un flagrant délit au lieu de signaler qu’il est question de l’enquête préliminaire".

Brandissant le PV en question, le procureur précise qu’il s’agit d’un modèle appliqué sur tout accusé. "Tout ce qu’il y a, c’est qu’on peut barrer l’indication 'procédure de flagrant délit' et parfois cette dernière est simplement ignorée. (…) C’est la loi qui détermine", ajoute le procureur, estimant que dans ce cas, le dépôt d’une plainte de ce genre ne correspond pas à la réalité légalement parlant. Ainsi, la plainte en question a été classée sans suite, le 8 mars, par le procureur général près la Cour de cassation et notifiée à l’auteur du recours. "Elle a été classée parce qu’elle n’a aucun fondement juridique et qu’il n’y a eu aucune falsification", souligne le procureur général.

Sur une toute autre plainte, celle d’une dénommée Afaf Bernani, employée à Akhbar Al Yaoum, le procureur général déclare que le statut de cette dernière sera déterminé par la loi. "C’est la loi qui déterminera si elle est plaignante, victime ou qu’elle se portera partie civile. Elle prétend n’avoir jamais déposé de plainte contre Taoufik Bouachrine. Le fait est qu’elle a informé une femme avoir subi un harcèlement sexuel de la part de Taoufik Bouachrine (…) La police judiciaire devait s’en assurer, elle a donc été convoquée", explique-t-il.

Le PV faisant suite à cette audition a fait l’objet d’une plainte pour falsification déposée par Afaf Bernani. "L’officier a été surpris des déclarations de la dénommée Afaf Bernani dans certains médias et s’est présenté, vendredi dernier, devant le parquet pour déposer une plainte l’accusant d’offense et d’avoir porté atteinte à sa réputation et celle de sa famille", souligne encore le procureur général. Une plainte à laquelle l’officier a joint un CD de l’enregistrement de l’audition de Afaf Bernani dont le contenu a été dévoilé à l’occasion de la conférence. "Nous l’avons convoquée, lundi, et nous lui avons montré le CD la montrant en train de lire à haute voix sa déposition (…) Elle a dit qu’elle a eu peur et qu’elle était pressée de rentrer chez elle. Sur la base de cette preuve scientifique, il a été décidé de la poursuivre en justice", annonce le procureur.

Afaf Bernani a été poursuivie pour diffamation de la PJ et fausse déclaration, conformément à l’article 264 du code pénal. Elle devra comparaître, le 3 avril prochain, devant le tribunal correctionnel de première instance.

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