TUNISIE
13/03/2018 11h:33 CET | Actualisé 13/03/2018 12h:11 CET

Réunion des signataires de l'Accord de Carthage: Un comité créé pour fixer une nouvelle feuille de route

À l'issue de la réunion des signataires de l'Accord de Carthage, tenue mardi, la création d'un comité qui aura pour but de mettre en place une feuille de route pour la période à venir et de définir les priorités économiques du pays a été décidée.

Déclarations des signataires

S'agissant de l'éventuel remaniement ministériel que certains avaient évoqué, Rached Ghannouchi ne l'a pas nié, affirmant toutefois qu'il n'aura pas lieu dans l'immédiat rapporte la correspondante de la radio Mosaïque FM à Carthage.

Du côté du secrétaire général de l'UGTT, Noureddine Taboubi, celui-ci a déclaré que la réunion a été fructueuse et que la situation économique du pays y a été débattue avec sérieux. Il a également indiqué qu'après avoir fixer les priorités, un gouvernement en mesure de les appliquer sera ainsi constitué, toujours selon Mosaique FM.

"Chaque signataire sera représenté par deux personnes qui participeront à la définition des priorités, et dont le travail sera terminé vers la fin de cette semaine. Il y'aura par la suite une évaluation du travail effectué, sur la base duquel la composition du nouveau gouvernement sera faite." a-t-il déclaré.

Il n'a cependant pas nié l'éventualité que Youssef Chahed fasse partie du nouveau gouvernement.

Il sera alors question de mettre en place un processus de sélection qui garantira le choix de compétences à même de mener à bien l'application desdites priorités.

Par ailleurs, les signataires, à l'unanimité, se sont accordé à dire que la situation économique du pays est "très préoccupante". Le président de l'UTICA, Samir Majoul, a estimé qu'il y'a aujourd'hui "un échec gouvernemental dans le traitement des différents dossiers". Il a également affirmé que si cela ne tenait qu'à lui, le gouvernement serait composé uniquement de technocrates, non concernés par les élections.

Quant à Nidaa Tounes, Hafedh Caid Essebsi a estimé, selon Mosaïque FM, que le remaniement ministériel doit être effectué après les élections municipales, mais qu'une évaluation du travail du gouvernement et une définition des priorités doivent cependant être entreprises dès maintenant. Il a également tenu à préciser que le remaniement ministériel est intimement lié à la feuille de route décidée, et qu'il sera effectué en fonction de celle-ci, ajoutant que le remaniement ne vise pas Youssef Chahed en tant que personne.

"Nous souhaitons un remaniement en profondeur, qui soit basé sur les priorités définies." a-t-il déclaré à sa sortie de la réunion, avant d'ajouter que les propositions sont diverses et variées, mais tournent principalement autour des réformes au niveau des institutions, ainsi que les réformes économiques urgentes.

"Toutes les parties se sont engagées à ne pas toucher au processus électoral." a-t-il ajouté

Saida Garrach: "On ne peut pas commencer à proposer des noms pour le nouveau gouvernement, alors que les priorités n'ont pas encore été définies"

De son côté, la porte-parole de la présidence de la République, Saïda Garrach, a déclaré à l'antenne de Mosaïque FM, que la même approche adoptée à la création du Document de Carthage sera poursuivie, en faisant participer tous les signataires restants, à la discussion et la mise en place des priorités. Ceux-ci définiront des représentants à cet effet.

Elle a en quelque sorte réitéré les propos du président Béji Caid Essebsi, affirmant qu'il faut trouver un dénominateur commun aux propositions soumises par les signataires, afin d'arriver à trouver un consensus, dont les mesures seront adoptées dans un délai de deux semaines à partir d'aujourd'hui.

"Le remaniement ministériel n'est pas une fin en soi, mais une procédure nécessaire à la bonne application des priorités définies, qui permettront de relever les défis économiques" déclare Garrach, soulignant qu'il est tout à fait normal que les avis soient divisés car les perceptions changent d'une partie à une autre.

Avec les différentes perceptions, plusieurs scénarios se présentent, des scénarios auxquels le président est ouvert, selon Saida Garrach.

Sur la question si oui ou non Béji Caid Essebsi supporte un gouvernement non concerné par les élections, donc n'ayant pas de lien avec un quelconque parti, Saida Garrach s'est abstenue de répondre, indiquant que la question n'a pas été discutée lors de la réunion, et que la priorité absolue est de sauver l'économie du pays, indépendamment de la nature du gouvernement.

"On ne peut pas commencer à proposer des noms pour le nouveau gouvernement, alors que les priorités n'ont pas encore été définies. Les gens ont tendance à précipiter les choses, mais il y' a une démarche à suivre avant de procéder au remaniement" conclut Garrach.

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