TUNISIE
12/03/2018 11h:50 CET

Le commandant de l'AFRICOM souligne l'intérêt de sécuriser la frontière tuniso-libyenne

africom/Capture d'écran

Avec son lot de fléaux à savoir le terrorisme, le trafic de drogue, la traite d’êtres humains, l’immigration clandestine, l’Afrique traverse une étape cruciale de son histoire, dans un contexte difficile marqué par des défis et des menaces graves qui visent sa sécurité et sa stabilité. Ces dernières années, le continent est devenu un enjeu militaire important pour l’Amérique et de nombreuses autres forces étrangères.

“Les objectifs vitaux des États-Unis et des partenaires sont atteints grâce à une relation de coopération dans laquelle les leaders africains nous disent combien il est important de développer des 'solutions africaines aux problèmes africains' ” a annoncé le commandant des forces américaines en Afrique (AFRICOM), le général Thomas D. Waldhauser, lors de son audience le 6 mars devant le Comité des forces armées américain.

En s’étalant sur les opérations militaires américaines durant l’année écoulée et ses futurs objectifs en Afrique, le général a évoqué la Tunisie. Il a indiqué que son pays oeuvre pour le développement des capacités antiterroristes et sécuritaires des frontières tunisiennes.

“Grâce à des programmes qui renforcent la capacité des partenaires (...) nous avons formé et équipé les forces d'opérations spéciales de la Tunisie” a-t-il rappelé en abordant les opérations sécuritaires réussies dont notamment celle où un groupe de terroristes et leur chef, responsable d’attentats terroristes, retranchés dans les montagnes de Kasserine, ont été abattus.

Le général s’est attardé sur l’apport américain en matière de sécurité frontalière de la Tunisie. Il a précisé que pour mieux surveiller les frontières tuniso-libyennes, les États-Unis ont fourni des radars et des systèmes de détection mobile, ainsi que des drones ( ISR aircraft) à la Tunisie. De plus, il a indiqué que le projet d’installation de radars er de caméras au niveau des frontières sera achevé en novembre 2018.

Le général a fait savoir, par ailleurs, que la Defense Threat Reduction Agency (DTRA) a commencé l’installation d’un deuxième système de surveillance des frontières sud de la Tunisie. Ce dernier est financé par l’Allemagne.

Selon le responsable, les États-Unis d’Amérique ont quatre objectifs principaux en Libye, un pays qui s’enfonce de plus en plus vers le chaos selon lui. Il a, en effet, souligné la nécessité de:

  • Éliminer les groupes terroristes qui menacent les intérêts américains et menacent de déstabiliser la Libye et la région,
  • Éviter la guerre civile,
  • Soutenir le processus de réconciliation politique vers un gouvernement central unifié
  • Agir sur les flux d'immigrants clandestins vers l'Europe via la Libye, surtout que la Libye est devenue une plaque tournante du trafic d'armes et de drogues vers et à travers l'Afrique du Nord, et ce en raison de l’anarchie et de frontières poreuses et peu contrôlées.

Il est à rappelé que le Pentagone américain avait annoncé récemment qu'il est prêt à donner un coup de pouce à la Tunisie dans sa lutte contre le terrorisme et l’aider à mieux sécuriser ses frontières avec la Libye. Une allocation de 20 millions de dollars, puisée dans un fonds commun mis en place avec l'Allemagne, sera prévue pour équiper la Tunisie de matériel de haute technologie afin de détecter et empêcher les migrants, les extrémistes et les trafiquants de drogue de franchir la frontière à partir de la Libye.

LIRE AUSSI: Tunisie: 20 millions de dollars du Pentagone pour aider à financer la sécurisation de la frontière avec la Libye selon Al Monitor

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