TUNISIE
12/03/2018 16h:15 CET

"Barr Al Aman" pointe du doigt les dépenses importantes de l'ISIE depuis sa création

The international press center is pictured in Tunis on October 22, 2011, on the eve of historic national election in Tunisia. Tunisian voters on October 22 weighed their choices on the eve of the Arab Spring's historic first elections nine months after the surprise toppling of strongman Zine el Abidine Ben Ali that started it all. Campaigning ended at midnight for the vote the previously banned Islamist Ennahda party is tipped to win, with the ISIE independent polling commission reminding candid
LIONEL BONAVENTURE via Getty Images
The international press center is pictured in Tunis on October 22, 2011, on the eve of historic national election in Tunisia. Tunisian voters on October 22 weighed their choices on the eve of the Arab Spring's historic first elections nine months after the surprise toppling of strongman Zine el Abidine Ben Ali that started it all. Campaigning ended at midnight for the vote the previously banned Islamist Ennahda party is tipped to win, with the ISIE independent polling commission reminding candid

Le renoncement par l'ISIE à l'usage de l'encre indélébile pour les élections municipales continue de faire polémique et a poussé à la publication par l'association militante "Barr al Aman" du détail des dépenses de l'instance, y compris celles relatives à l'encre, et ce depuis sa création en 2011.

Selon Barr Al Aman, le coût de l'encre n'est pas si dérisoire que ça, bien que le président de l'ISIE, Mohamed Tlili Mansri avait nié quelconques problèmes financiers à l'origine de cette décision, évoquant d'autres raisons selon lui "objectives".

En 2011, l’encre électorale a coûté près de 678 mille dinars à l'état (25000 flacons), selon un rapport de l'ISIE relatif au déroulement des élections, publié en février 2012.

encre

Quant aux élections législatives et présidentielles de 2014, l'encre électorale avait coûté un peu moins que les élections de 2011, atteignant la somme de 620.951 dinars, d'après le rapport financer l'Instance de l'année 2015.

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Toujours dans les dépenses de l'ISIE, "Barr Al Aman" affirme que l'instance a dépensé près de 38 mille dinars en frais de douane, pour des marchandises qui ne sont jamais entrées sur le territoire car, selon l'association, celles-ci étaient destinées à des bureaux de vote à l'étranger. L'ISIE aurait également payé à la douane environ 21 mille dinars en pénalités de retard, selon un rapport de la Cour des comptes sur la gestion financière de l'ISIE.

Le rapport accablant de l'association montre des dépenses énormes de la part de l'Instance, ce qui l'aurait probablement poussé à renoncer à l'usage de l'encre, chose que confirme Farouk Bouaskar, membre de l'Instance, qui a déclaré à l'agence TAP que "la décision de l'Instance d'annuler l'usage de l'encre indélébile est due à son coût élevé".

Toujours selon "Barr Al Aman", aucun budget n'a été prévu pour l'encre lors des prochaines municipales, et cette décision daterait de 2016, si l'on en croit l'association. En effet, celle-ci avance, citant l'ancien président de l'ISIE, Chafik Sarsar, que l'Instance constitutionnelle aurait volontairement écarté l'encre électorale du budget présenté à l'ARP, et que la question est mise sur la table depuis 2014, selon Chafik Sarsar cité par "Bar Al Aman".

Pour l'association, la décision prise par l'ISIE est pleinement réfléchie et a été approuvée par les élus, estimant que le fait d'omettre le budget de l'encre électorale dans la loi de Finances 2018, adoptée par les élus eux mêmes, en est la preuve.

De son côté, l'instance a catégoriquement démenti que l'annulation de l'usage de l'encre électorale puisse conduire à fausser les résultats des élections municipales ou être interprétée comme un renoncement de l'ISIE aux principes de transparence et

d’intégrité du scrutin.

L'association ATIDE n'a également pas caché son appréhension pour cette décision, estimant que l'annulation de l'usage de l'encre indélébile "peut ouvrir la voie au double vote".

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