MAROC
12/03/2018 14h:00 CET | Actualisé 12/03/2018 14h:09 CET

Israël pourrait bientôt ouvrir au public des documents prouvant des pratiques discriminatoires contre les juifs d'Afrique du nord

Yaacov Lozowick, the director of the Israel State Archive, poses for a picture at the national archive in Jerusalem April 19, 2016. Picture taken April 19, 2016. REUTERS/Ronen Zvulun
Ronen Zvulun / Reuters
Yaacov Lozowick, the director of the Israel State Archive, poses for a picture at the national archive in Jerusalem April 19, 2016. Picture taken April 19, 2016. REUTERS/Ronen Zvulun

ISRAEL - Les juifs issus de pays d'Afrique du nord et du Moyen-Orient ont-ils été victimes de discriminations à leur arrivée en Israel dans les années 50? Quelques jours après la diffusion "à la télévision israélienne d'une série documentaire racontant l'histoire de ces populations envoyées dans des villes isolées, la ministre israélienne de la justice Ayelet Shaked a annoncé l'ouverture prochaine d'archives "prouvant les pratiques discriminatoires" de l'Agence juive dans les années 50, rapporte le journal israélien Haaretz.

Des archives classées "pour des raison bureaucratiques"

L'affaire refait surface à la diffusion par la télévision israélienne de la série documentaire "The ancestral sin" de David Deri, dont les parents, d'origine marocaine, ont été envoyés à leur arrivée en Israel à Yeruham, ville à l'époque peu développée. Selon le documentaire cité par le journal, ce destin a été le même pour plusieurs juifs issus de pays arabes qui, dans les années 50, ont été envoyés dans des zones désertiques ou peu développées et où les conditions de vie et le manque d'infrastructures rendaient la vie particulièrement compliqué pour ces nouveaux arrivants.

Pour plusieurs historiens cependant, ces documents sont accessible au grand public depuis déjà plusieurs années. Cité par Haaretz, l'historien Dr. Avi Picard indique ainsi que ces documents dits inédits et montrés par la série documentaire sont en effet ouverts au grand public depuis un certain nombre d'années, même s'ils sont surtout consultés par des universitaires et historiens. D'autres document classés le sont, selon lui, "pour des raison bureaucratiques". Mais plusieurs documents restent stockés dans des archives "jamais ouvertes au public". Haaretz précise ainsi que 95% des archives du pays ne sont pas accessibles au public, notamment en raison d"une main d'oeuvre insuffisante.

Un "sujet tabou"

La question de la discrimination des juifs issus de pays nord-africains et de Moyen-Orient reste un sujet considéré comme relativement "tabou" en Israel. Dans une autre série documentaire également diffusée sur la télévision israélienne, Ron Cahlili, revient pour sa part sur le sort des juifs français ayant quitté l'Hexagone pour Israel et qui sont "sans cesse renvoyés à leurs origines nord-africaines", comme le rapportait récemment le journal français Libération.

Un terme a même été inventé pour les qualifier: les "tsarfokaim", mot composé de "français" et "marocain". "En entendant cette expression en 2017, j’ai soudain réalisé qu’Israël ne tirait pas les enseignements nécessaires de l’échec de l’intégration des juifs d’Afrique du Nord des années 50 jusqu’à 70", déclare Ron Cahlili à Libération. "Ce péché originel, qui désintègre encore aujourd’hui la société israélienne, est sur le point de se répéter avec l’arrivée des juifs français depuis une quinzaine d’années".

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