ALGÉRIE
10/03/2018 09h:36 CET | Actualisé 10/03/2018 09h:36 CET

Percée majeure de l'armée syrienne dans la Ghouta orientale

A Syrian man rides his bike amidst the destruction in the rebel-held town of Hamouria, in the besieged Eastern Ghouta region on the outskirts of the capital Damascus, on March 9, 2018. / AFP PHOTO / ABDULMONAM EASSA        (Photo credit should read ABDULMONAM EASSA/AFP/Getty Images)
ABDULMONAM EASSA via Getty Images
A Syrian man rides his bike amidst the destruction in the rebel-held town of Hamouria, in the besieged Eastern Ghouta region on the outskirts of the capital Damascus, on March 9, 2018. / AFP PHOTO / ABDULMONAM EASSA (Photo credit should read ABDULMONAM EASSA/AFP/Getty Images)

L'armée syrienne a effectué samedi une percée majeure dans la partie rebelle de la Ghouta orientale, isolant la principale ville Douma, près de trois semaines après le début d'un assaut dévastateur pour reprendre ce dernier fief insurgé aux portes de Damas.

Depuis le 18 février, les forces loyales au président Bachar al-Assad ont soumis l'enclave assiégée à un déluge de feu qui a coûté la vie à plus de 975 personnes et provoqué des destructions colossales.

Face à l'impuissance de la communauté internationale à arrêter le bain de sang et au soutien indéfectible de l'allié russe, le régime s'est dit déterminé à reconquérir le bastion rebelle où quelque 400.000 habitants subissent un siège asphyxiant depuis 2013.

Les forces du régime ont déjà repris plus de la moitié de l'enclave vaste de 100 km2 et continuent de progresser en dépit d'une tentative de contre-offensive des rebelles.

Samedi, elles "ont isolé Douma du reste de la Ghouta orientale, après avoir pris le contrôle de la route la reliant à Harasta à l'ouest et à Misraba au sud", a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Elles sont parvenues ainsi à diviser la Ghouta orientale en trois: Douma et sa périphérie au nord, Harasta à l'ouest et le reste des localités au sud.

Leur objectif est d'affaiblir les factions rebelles contrôlant l'enclave, d'où des obus sont tirés sur des secteurs de la capitale Damas faisant des victimes.

Selon un correspondant de l'AFP à Douma, la ville était en milieu de journée la cible de bombardements aériens et à l'artillerie. Les rues sont désertes.

En outre, les ambulances transportant les blessés parviennent difficilement à atteindre les hôpitaux ou cliniques de fortune à cause de l'intensité des bombardements.

"Les loyalistes progressent sur plusieurs fronts", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. "Les avions syriens et russes ont largué des barils d'explosifs sur Douma" et poursuivent les raids sur d'autres localités.

Vaine contre-offensive

L'offensive a commencé par une campagne aérienne d'une rare violence, même à l'échelle d'un pays ravagé depuis le 15 mars 2011 par une guerre qui a tué plus de 340.000 personnes. Elle a été suivie par des assauts terrestres qui ont permis aux prorégime de progresser rapidement.

En près de trois semaines, 976 civils ont péri dont 208 enfants et plus de 4.300 ont été blessés, selon l'OSDH.

Les groupes rebelles ont tenté, en vain, une contre-offensive avant de reculer samedi sous la pluie de bombes et la progression de l'armée syrienne au sol.

"Des combats ont eu lieu avec le groupe Jaich al-Islam aux abords de Douma tandis que d'autres ont opposé le régime au groupe Faylaq al-Rahmane", selon M. Abdel Rahmane.

Le régime cherche depuis le début du conflit à assiéger les fiefs rebelles, parfois jusqu'à la famine, comme cela fut le cas dans la ville de Madaya fin 2015, avant de les soumettre à une vaste offensive aérienne et terrestre pour les reconquérir.

Depuis le 18 février, seuls deux convois d'aide ont pu entrer dans la partie rebelle dans la Ghouta pour venir en aide à la population, à la faveur d'une trêve quotidienne et partielle annoncée par les Russes, qui n'a néanmoins pas fait cesser les hostilités.

Un appel fin février du Conseil de sécurité de l'ONU à une trêve d'un mois est restée lettre morte.

M. Assad a lui-même averti que l'assaut se poursuivrait pour la reprise de la Ghouta. Son vice-ministre Affaires étrangères Ayman Soussane a assuré que "les terroristes goûteront à la défaite prochainement dans la Ghouta, comme ils l'ont connue à Alep".

La ville d'Afrine menacée

Sur un autre front de la guerre en Syrie, les soldats turcs et leurs supplétifs syriens ont avancé vers la ville d'Afrine, contrôlée par les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde de Syrie qualifiée de "terroriste" par Ankara.

"Les forces turques ne sont plus qu'à 4 km d'Afrine", selon l'OSDH. La Turquie mène depuis le 20 janvier une offensive pour chasser les YPG d'Afrine, région frontalière. L'offensive a coûté la vie à plus de 200 civils, selon l'OSDH.

Déclenché par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit en Syrie s'est progressivement complexifié avec l'implication de groupes jihadistes et de puissances étrangères.

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