TUNISIE
09/03/2018 17h:53 CET | Actualisé 09/03/2018 20h:00 CET

Invisibles ou mal représentées, les femmes peuvent changer la donne à travers "Les Expertes Tunisie"

Plus de 300 femmes, issues de diverses horizons, ont célébré le 8 mars le lancement du site "Les Expertes Tunisie" à l'Institut Français. Le site a été mis en place sous l'égide de l'Ambassade de France en Tunisie, le groupe Egaé, le HuffPost Tunisie, Jamaity et l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD).

Il constitue une plateforme inédite de recensement de centaines de femmes chercheuses, professionnelles et figures associatives en Tunisie. Les journalistes peuvent accéder directement et gratuitement à leurs coordonnées. Près de 200 femmes y sont inscrites déjà.

Le but étant d'accroître la visibilité de ces femmes et de créer une synergie entre elles. Cette initiative revêt une grande importance pour enrayer l'invisibilisation des femmes dans les médias. En effet, la présence des femmes dans les médias, notamment la télévision est minime. Une récente étude de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (HAICA) a montré l'ampleur de la sous-représentation des femmes dans les médias tunisiens: leur présence ne dépasse pas les 11% contre 89% d’hommes.

Les femmes sont ainsi marginalisées ou invitées pour parler uniquement des thématiques féminines, et jamais pour livrer leur expertise sur des sujets comme le terrorisme, l'économie ou autres, déplore Monia Ben Jémia, la présidente de l'ATFD.

La présentatrice Myriam Belkhadi a soulevé la réticence de certaines femmes à répondre favorablement aux invitations des médias. Elle appellent les femmes à oser se mettre en avant et se défaire de cette forme d'auto-censure. Le site "Expertes Tunisie" prévoit d'ailleurs des séances de "Média Coaching" qui permettraient à la femme de se familiariser aux outils de communication.

Autre bémol relevé, l'image biaisée véhiculée sur les femmes dans les médias (émissions ou séries télévisées) en la présentant comme démoniaque, matérialiste, ou alors victime, etc.

Ces éléments sont les symptômes des inégalités et de l'abaissement des femmes, insistent les intervenantes.

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