ALGÉRIE
09/03/2018 07h:58 CET | Actualisé 09/03/2018 08h:36 CET

Ce que disait Kateb Yacine de Camus et de Faulkner

Peut-on revendiquer l'héritage littéraire d'Albert Camus? Était-il le porte-flambeau de la littérature algérienne avant l'indépendance? Un débat qui suscite encore les passions et les polémiques entre "Camusiens" et leurs détracteurs.

"Quand je lis Camus, sans m'en rendre compte et en dépit du fait que je "sais" qu'il est natif du même pays que le mien, qu'il ne m'est donc pas inconnu, il me reste étranger... Je sais que beaucoup d'intellectuels et d'écrivains algériens le veulent "algérien" avec beaucoup de passion...", écrivait il ya une année Mohamed Saadoune.

Dans cette vidéo Kateb Yacine dit absolument la même chose. Un auteur est révélé à travers sa littérature. ce que révélait la littérature de Camus est que l'Algérien n'existait absolument pas pour lui.

Pour Camus, explique encore Kateb Yacine, l'Algérie est un pays sans Algériens. Lui, tout comme le grand écrivain américain Faulkner ils ont grandi dans des milieux qu'ils n'appréciaient guère. Le premier parmi les Algériens et le second avec les noirs Américains.

Si Faulkner a fait cet effort de comprendre les noirs américains avec qui il vivait et leur vouait une haine féroce, Camus n'a même pas fait cet effort. Il a préféré ignorer un peuple avec qui il a vécu une bonne partie de sa vie.

Au Camus qui "choisit sa mère", Yacine oppose cet ouvrier Algérien, Saïd-du même nom qu'un vague personnage dans son Etranger- tapi au fond de cette salle de l’académie Nobel et qui rappelle à ce grand prix Nobel que quand on se sent d'une patrie on ne la dissocie tout simplement pas de sa propre mère. Camus n'avait rien d'un Algérien.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.