MAROC
08/03/2018 05h:07 CET | Actualisé 08/03/2018 06h:10 CET

Cette athlète marocaine veut redéfinir les codes de féminité à travers les réseaux sociaux

SOCIÉTÉ - Avec ses cheveux rose bonbon et son sourire contagieux, difficile de croire que Salima El Assali peut soulever jusqu'à 120 kilos en deadlift. Plus connue sous le nom de Sally sur les réseaux sociaux, cette Marrakchia de 24 ans se considère comme une "athlète-artiste" qui défie les normes de la féminité et les standards de beauté imposés par la société.

À travers ses photos et vidéos de fitness postées sur ses comptes YouTube et Instagram, la jeune femme veut encourager les Marocaines à devenir plus actives, à prendre soin d'elles, à se lancer des défis et à "faire sortir la bête qui sommeille en elle", comme elle l'explique au HuffPost Maroc, rappelant que "les femmes ont besoin de fournir beaucoup plus d'efforts pour arriver au même niveau physique que les hommes, puisqu'elles sont biologiquement moins musclées".

Ses muscles saillants ne l'empêchent pas d'être aussi flexible qu'une yogi et Salima en profite pour prendre des poses de yoga dans des endroits, parfois improbables, de la ville ocre mais aussi devant les pyramides d'Égypte ou encore aux Jardins des Tuileries de Paris.

"C'est un moyen pour moi de me dépasser et de sortir de ma zone de confort", dit-elle au HuffPost Maroc, ajoutant qu'elle reçoit souvent des remarques déplacées de la part des passants lors de ces séances improvisées de shooting en plein air à Marrakech.

Quelques internautes n'hésitent pas par pailleurs à lui rappeler dans les commentaires qu'elle est "trop musclée" ou qu'elle a "perdu sa féminité". À leurs yeux, Salima, cette jeune femme musclée qui se maquille et porte des robes, est un paradoxe vivant.

"Mon but est de prouver aux filles marocaines que même avec des muscles, on peut rester féminines. L'un n'empêche pas l'autre", déclare-t-elle.

Il faudra bien plus qu'un commentaire négatif pour parvenir à démoraliser la jeune marrakchia. Depuis son très jeune âge, Salima a commencé à pratiquer plusieurs disciplines comme l'équitation, la natation et la gymnastique, avant de trouver son bonheur dans la musculation.

"Mon père est un ancien militaire et m'a toujours poussée à faire beaucoup de sport", raconte Salima au HuffPost Maroc. "J'ai besoin de sentir cette montée d'adrénaline et j'ai toujours un faible pour les sports extrêmes", explique celle qui s'est aussi mise dernièrement au skateboard.

Sa passion pour la musculation n'a cependant pas été facilement acceptée par son entourage. Ses parents, qui l'ont encouragée dans toutes ses activités parascolaires, ont été beaucoup plus réticents à l'idée de voir leur fille "se transformer en homme", comme le raconte Salima.

"Dans notre société, on a encore une idée fixe sur ce à quoi un homme ou une femme doit ressembler", regrette-elle. "La musculation ne transforme pas les filles en hommes, elle les rend juste plus rigoureuses et plus fortes physiquement et mentalement", assure-t-elle.

La musculation a d'ailleurs aidé Salima à sortir d'une période de dépression sévère, comme elle nous le confie. La jeune athlète a commencé à se rendre à la salle de sport beaucoup plus souvent pour chasser ses idées noires et, de fil en aiguille, a pu améliorer son niveau tout en se sentant mieux dans sa peau.

"Quand je commence une activité, je suis toujours curieuse de savoir jusqu'où je pourrais aller. Du coup, j'essaie de repousser mes limites à chaque entrainement", déclare-t-elle.

Aujourd'hui, Salima El Assali s'entraîne cinq fois par semaine et ne compte pas s'arrêter là. Passionnée de dessin, elle vient également de terminer son master en design graphique de l'École Supérieure des Arts Visuels Marrakech (ESAV) et dit vouloir se consacrer davantage à sa chaîne Youtube et son compte Instagram.

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