TUNISIE
07/03/2018 09h:02 CET | Actualisé 07/03/2018 10h:16 CET

Le ministre des Domaines de l'État et le Chargé général des litiges bloqueraient la restitution de l'argent spolié, selon Sihem Ben Sedrine

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Dans une déclaration au micro de Mosaique FM, la présidente de l'Instance Vérité & Dignité, Sihem Ben Sedrine, a fait savoir que le ministre des Domaines de l’État et des Affaires Foncières, ainsi que le Chargé général des litiges de l’État, seraient à l'origine du blocage du processus de restitution de l'argent et des biens spoliés.

"A chaque fois que nous invitons le Chargé général des litiges de l’État à déposer ses demandes, nous lui proposons des gens prêts à restituer de l'argent et nous lui demandons de venir négocier, mais il évite le faire." a-t-elle déclaré

Selon Ben Sedrine, la seule négociation dans ce cadre qui avait permis à l’État d'encaisser un million 800 mille dinars, a été faite avec l'ancien Chargé général des litiges, qui dit-elle, a fait du bon travail mais qui avait été démis de ses fonctions juste après l'opération de restitution.

"Nous n'avons jamais essayé de minorer les montants proposés par le chargé général, bien au contraire, nous l'incitons toujours à demander le maximum, pour que l’État puisse récupérer son dû." a-t-elle ajouté, s'interrogeant sur l'absence de volonté de l’État pour récupérer son argent, et imputant clairement la responsabilité au ministre des Domaines de l’État et des Affaires Foncières.

Ce n'est pas la première fois que Ben Sedrine tient de tels propos quant au manque de volonté de la part de l’État pour la restitution de l'argent et biens spoliés. En effet, dans l'affaire Imed Trabelsi, la présidente de l'IVD avait dénoncé un manque de sérieux suite au refus d'une première offre faite par le détenu, avant qu'une nouvelle réunion de négociation ne soit fixée pour le 23 novembre dernier.

Le chargé du contentieux de l'État s'était alors absenté de cette réunion, ce qui, dit-elle, ne laisse le choix à l'Instance que d'appliquer la loi et d'envisager la libération de Imed Trabelsi.

"C'est comme si l’État ne voulait pas récupérer son argent, et préfère maintenir Imed Trabelsi en prison. Notre mission n'est pas d'emprisonner les gens à vie; et détenir Trabelsi au delà du délai légal serait tout simplement une violation de la loi" s'était-elle exclamée

Il est à rappeler que le 27 février dernier, l'Instance Vérité et Dignité a annoncé la prolongation de son mandat d'une année, soit jusqu'au 31 décembre 2018.

Le Conseil de l’IVD avait pris cette décision après avoir constaté qu’il était impossible pour l’Instance de finir ses activités fin mai 2018.

Suite à celà, Les élus du groupe parlementaire d'Afek Tounes avaient déposé un recours auprès du Tribunal administratif, en vue de faire tomber cette décision.

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