ALGÉRIE
07/03/2018 05h:22 CET | Actualisé 07/03/2018 05h:22 CET

l'Algérie sollicite un financement du Fonds Vert onusien pour le climat pour restaurer le Barrage vert

Panoramio

L'Algérie a demandé au Fonds vert pour le climat, un mécanisme financier de l'ONU, de mobiliser 50 millions de dollars pour financer un projet intégré visant à restaurer des terres dans les zones arides et semi arides du Barrage vert, a indiqué mardi à Alger le directeur général des Forêts, Azzedine Sekrane.

"La Direction générale des Forêts (DGF) a présenté une idée de projet sur le Barrage vert à soumettre au financement dans le cadre du Fonds vert pour le climat", a déclaré lors d'un atelier de concertation nationale sur la réhabilitation du Barrage vert.

D'une durée de 5 ans, ce projet vise à prévenir, réduire au minimum et à faire reculer la désertification et la dégradation des terres, d'atténuer les effets de la sécheresse dans les zones touchées, en améliorant la résilience des systèmes humains et naturels des zones du Barrage vert à travers une gestion durable et une réhabilitation des forêts et pâturages.

Sur les 50 millions de dollars demandés par la DGF, 20 millions seront consacrés à la mise en oeuvre d'activités de restauration des écosystèmes affectés en privilégiant les espèces autochtones résilientes, 20 millions de dollars pour l'amélioration de la gestion des zones vulnérables de façon à prévenir la désertification, 5 millions pour la mise en place d'un système de surveillance des effets du changement climatique et d'aide à la prise de décision.

Les 5 millions restant seront destinés au renforcement de la prospective et de la recherche, au développement de l'activité des petits exploitants et soutien des entreprises vertes et bleues, afin d'assurer des réponses durables aux changements climatiques.

La zone d'intervention du projet couvre les 10 wilayas du Barrage vert, soit l'essentiel des zones arides et semi arides du pays.

Une équipe technique de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) compte se déplacer cette semaine à M'sila, choisie comme wilaya pilote, afin d'évaluer les action à lancer dans le cadre du projet, et ce, avant la fin avril prochain, a fait savoir M. Sekrane.

La décision du Fonds vert pour le climat est tributaire essentiellement des résultats de cette évaluation, souligne-t-il.

"En grande partie, les changements climatiques sont responsables de la dégradation du Barrage vert. A partir de ce constat, nous avons demandé des financements (du Fonds vert) qui vont contribué aussi à la formation et à la recherche scientifique afin de lutter efficacement contre ce phénomène", a-t-il expliqué.

La DGF s'est appuyé, dans ce sens, sur les résultats d'une étude réalisée en 2017 par le Bureau national d’étude pour le développement rural (Bneder), portant sur la réhabilitation et l'extension du Barrage vert, sur plus de 4,7 millions d'hectares.

Cette étude qui relève la dégradation de 50 % de la zone Barrage, a fait ressortir un plan d'action mettant l'accent sur la restauration et le développement des espèces endémiques des zones arides et sahariennes en tenant compte de la résilience et la protection de la biodiversité.

Le plan d'action proposé inclut les domaines forestier, dunaire et agropastoral ainsi que les bandes routières, en intégrant aussi les aspects socio-économiques.

De son coté, le représentant de la FAO en Algérie, Nabil Assaf, a affiché la disponibilité de cet organisme onusien à accompagner la démarche de la DGF pour l'octroi des financements nécessaires.

"En tant que membre agréé au Fonds vert pour le climat, nous allons soutenir les efforts de l'Algérie pour concrétiser ce projet. La FAO va non seulement accompagner l'Algérie pour mobiliser les fonds nécessaires, mais veux aussi bénéficier de son expérience dans la lutte contre la désertification et dupliquer cette expérience au niveau mondial ", a-t-il déclaré.

Il appelé par ailleurs à adopter une approche participative dans la mise en oeuvre des projets de réhabilitation du Barrage vert et de développer l'innovation dans la lutte contre la désertification afin de surmonter les difficultés dues aux conditions climatiques.

Rattaché à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le Fonds vert pour le climat est un instrument financier onusien qui a pour objectif de réaliser le transfert de fonds des pays les plus avancés à destination des pays les plus vulnérables afin de mettre en place des projets pour combattre les effets des changements climatiques.

L'Algérie avait souligné lors de la Conférence de Paris sur le climat (COP21) son engagement à lutter contre les changements climatiques en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre de 7% à l'horizon 2030.

Cette contribution peut atteindre 22% si l'Algérie arrive à obtenir le soutien financier international et le transfert technologique nécessaire.

Pour ce faire, l'Algérie s'appuie sur les principaux secteurs stratégiques dont l'énergie, l'industrie l'habitat et les Forêts.

Initié en 1970, le projet du Barrage vert vise à créer une véritable barrière de verdure reliant les frontières algériennes d'Est à l'Ouest sur une longueur de 1.500 km et une largeur de plus de 20 km, soit une superficie de plus de 3 millions hectares.

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