MAROC
07/03/2018 14h:06 CET | Actualisé 07/03/2018 14h:33 CET

5 parcours atypiques et inspirants révélés par la conférence "Osez Rayonner"

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CONFÉRENCE - Après une première édition de la conférence "Osez Rayonner" qui a réuni plus de 150 personnes à la FOL à Casablanca en décembre dernier, la coach certifiée Amal Hihi a très vite voulu réitérer l'expérience. Cette fois-ci, c'est le 1er mars, au Cinéma Ritz, que la formatrice a donné rendez-vous au public désireux de prendre une bouffée d'inspiration à l'écoute des tranches de vies étonnantes des intervenants.

"L'objectif est de présenter des personnes aux parcours atypiques qui étaient ordinaires et qui ont décidé de devenir extraordinaires après les avoir coachés, puisque la plupart montent sur scène pour la première fois", explique la conférencière et formatrice internationale Amal Hihi qui a choisi pour cette deuxième édition cinq personnages différents.

Passion, Réaction

La première à monter sur scène est Rita Berrada, fondatrice du site de voyage "Le Guide des Voyageurs Marocains", qui réunit une communauté de voyageurs marocains et internationaux et offre aux internautes des conseils et informations pratiques sur le voyage à travers les différentes villes du royaume et ailleurs.

Si Rita Berrada a réussi à parcourir plus de 40 pays en une dizaine d'années, elle a d'abord eu un parcours professionnel standard au sein d'une entreprise de conseil, puis à la tête d'une entreprise familiale dans l'industrie. "Même si ça se passait très bien au boulot, je sentais que je perdais trop d'énergie à faire quelque chose que je n'aimais pas et qui ne faisait pas résonance en moi", raconte au HuffPost Maroc Rita Berrada.

Entre deux jobs, Rita partait en sac-à-dos vers différentes villes du monde à la recherche de soi. Elle finit par faire du voyage son travail à plein temps. "On sait qu'on doit sauter le pas quand le malaise est trop grand", affirme-t-elle. "Nous avons en nous toutes les réponses, il faut juste commencer par tatonner", déclare-t-elle.

Pour cette voyageuse, il n'existe pas de recette magique pour oser s'aventurer dans les terres inconnues de l'entrepreneuriat. "Le plus important c'est de prendre une première décision et ne pas trop réfléchir", encourage-t-elle pour éviter de rester bloqué à force de tout analyser.

Amri Ya Lwalida

C'est Labib Elmsaadi qui a ensuite partagé son histoire avec le public. Cet enfant unique de Lksar Lkbir, qui est allé chercher son bonheur en France dans la ville des lumières, est rentré en urgence chez lui après des années de vie parisienne. Sa mère avait besoin de lui. La vieille dame n'avait plus personne à qui parler et souffrait d'isolement et de dépression.

Après quelques recherches, Labib s'est vite rendu compte que sa mère n'était pas la seule à être exclue peu à peu de la société. "La famille marocaine n'est plus comme elle était avant, quand tout le monde vivait sous le même toit", explique Labib Elmsaadi. "Après le départ des petits et de leurs enfants, la mamie se retrouve souvent toute seule comme 6% des personnes âgées aux Maroc", ajoute-t-il en précisant que le taux de personnes âgées, qui représente aujourd'hui 9,6% de la société, s'élèverait à 30% en 2050.

Pour aider cette population délaissée par la société, il lance en juin dernier l'initiative "Amri Ya Lwalida" (Dis-moi ce que tu veux, maman) à Ksar El Kébir, en attendant de réitérer l'expérience dans d'autres villes du Maroc.

"Nous allons à la recherche des personnes âgées qui vivent seules et nous organisons un planning de visites fait par des bénévoles qui peuvent leur faire un verre du thé, leur lire leur courrier, faire leur courses, les emmener chez le médecin", explique-t-il.

Un centre d'accueil où les personnes âgées pourront passer leur journées sera bientôt ouvert par l'association de Elmaasdi. lls pourront y jouer à des jeux de société, apprendre la broderie mais aussi profiter d'un suivi médical et psychologique.

Au-delà du handicap

La troisième intervenante a ému tout le public. Quelques spectateurs la connaissaient déjà grâce à sa page Facebook, où elle poste régulièrement ses tableaux. Un exploit qui force le respect dans la mesure où Karima Moutii, 28 ans, est née avec un handicap qui l'a privée de ses mains et de ses jambes.

"Mon handicap na jamais été un obstacle pour moi, au contraire, il a inspiré le respect des autres", raconte-elle au HuffPost Maroc, en soulignant qu'elle a pu participé, grâce à ses tableaux, à plusieurs festivals et expositions au Maroc et à l'étranger.

Aujourd'hui, Karima travaille comme infographiste freelance, malgré les difficultés auxquelles elle a dû faire face lors de ses études. "Il ne faut jamais perdre espoir", affirme-t-elle. "Il faut juste se fixer des objectifs et tant que la personne y met du sien, elle pourra contourner les obstacles", dit-elle avec le sourire.

D'addict à autodidacte

Le speaker qui rejoint la scène après Karima est aussi un artiste, mais lui n'a pas besoin de pinceaux ou de peintures pour réaliser ses tableaux. Ce n'est qu'à 24 ans que Abderrahman Kyressque connu sous le nom d'Amanar, s'est découvert un talent caché pour le dessin sur le sable ou "beach art". Il a quitté l'école très jeune et a sombré dans la drogue "à cause de ses mauvaises fréquentations", raconte-il durant la conférence. D'addict à autodidacte, il a réussi à échapper à la drogue en s'intéressant à ce type d'art après avoir découvert un documentaire à la télévision consacré aux sculpteurs de pierres.

"J'ai commencé à faire quelques recherches sur ce domaine et j'ai pris des cours de beach art auprès de deux grands enseignants, Professeur Youtube et Professeur Google", plaisante-t-il, en précisant qu'il a aussi dû apprendre l'anglais pour comprendre les articles et les vidéos qu'il trouvait.

Aujourd'hui, il fait partie des "six premiers artistes du beach art dans le monde" dit-il, grâce aux formes géométriques, courbes et mandalas qu'il exécute sur les plages d'Agadir et sa région. Il compte ensuite se lancer dans les dessins sur sables en 3D tout en faisant profiter les différentes côtes du pays.

Champion du monde

Le public découvre enfin le dernier intervenant, Boujmaâ Guilloul, un natif d'Essaouira qui a appris le windsurf en surfant sur un bout de bois qui flottait à la surface, et qui a fait beaucoup fait parler de lui en 2016, lorsqu'il remporte le championnat international de windsurf. "Je chopais des vagues à l'âge de 12 ans et j'allais surfer quasiment chaque jour", raconte-t-il au HuffPost Maroc. "J'ai ensuite commencé la planche à voile au club royal d'Essaouira et je suis devenu accro", dit-il.

En grandissant, Guilloul a travaillé dans des clubs de windsurf et s'est fait remarqué par des touristes qui l'ont encouragé à se lancer dans les compétitions. En 2004, il participe pour la première fois au championnat international de windsurf et finit par le remporter après 12 ans de participation.

"C'est qu'il faut travailler dur pour y arriver, mais je pense surtout que c'est parce que c'est grâce à la joie que je ressentais à chaque fois que je naviguais et que j'atteignais une nouvelle étape que je suis là, alors que mon rêve au début c'était juste d'avoir accès à du matériel", admet-il.

La méthode SOLAIRE

Pour Amal Hihi, la fondatrice d'"Oser Rayonner"; toutes les personnes inspirantes conviées à intervenir lors de cet événement viennent appuyer l'idée que l'on peut se coacher soi-même, une conviction sur laquelle repose sa méthode de coaching SOLAIRE. Cette démarche de développement personnel, créée par Hihi en 2016, se fait en sept étapes: "Situation initiale, Objectif, Leadership, plan d'Action, Innovation, Résultats, Extension," explique-t-elle.

"On ne peut pas avoir un coach personnel qui nous accompagne toute notre vie. J'ai donc créé cette méthode d'auto-coaching pour aller de l'avant d'une manière autonome, grâce à une structure qui va les aider à atteindre leurs objectifs par étapes", explique-t-elle. Avec cette méthode, Hihi dit avoir accompagné plusieurs femmes chefs d'entreprises dans différentes villes du Maroc. Si les séminaires de la méthode SOLAIRE se font sur une durée de trois jours, Hihi a essayé de partager avec le public d'"Osez Rayonner", les grandes lignes de sa méthode.

Les bénéfices de la deuxième édition d'"Osez Rayonner" seront reversés à l'association Jeunesse étudiante et d'autres dates sont déjà prévues pour de prochaines éditions de la conférence, "pour faire grandir ce concept et mettre en lumière les Marocains d'ici et d'ailleurs", espère Amal Hihi.

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