TUNISIE
08/03/2018 10h:00 CET

Que font-elles lorsqu'elles ne tiennent pas le ballon? Portraits de deux volleyeuses tunisiennes, Khouloud Jenhani et Mariem Briki

collage/Mariem Brik/Khouloud Jenhani

"Les filles sont moins fortes que les garçons". Enfant, on commence déjà à le croire. Dans les écoles, les filles jouent à la marelle ou sautent à la corde (en même temps, ce n'est pas des plus simples), quand les garçons s'emparent du ballon.

Pourtant, bien des femmes excellent dans ce milieu. Elles réussissent au fil des années à investir les disciplines sportives, même celles jugées "non-féminines".

Mais jusqu'à aujourd'hui, dans les médias et à la télévision, on mise sur les footballeurs, handballeurs, volleyeurs... Les femmes sont souvent sous-représentées, on parle beaucoup moins d'elles, de leurs performances.

"On essaye de prouver que le volley féminin est aussi important que le volley masculin, on veut montrer de quoi la femme tunisienne est capable. La place est toujours pour le volley masculin, cette situation n'a pas changé", raconte au HuffPost Tunisie, Khouloud Jenhani, joueuse de volley-ball professionnelle.

Un jour, il ne sera plus question d'attendre la Journée Internationale des Femmes pour en parler massivement. Peut-être qu'un jour, on regardera plus de matches de football ou de volley-ball féminins à la télé.

"C'est loin d'être un milieu d'hommes. Rien qu'en voyant les résultats du sport féminin. La passion pour le sport ne peut pas être uniquement masculine", dépeint Mariem Briki, vollyeuse professionnelle, au HuffPost Tunisie.

Jonglant entre vie privée, vie professionnelle et vie sportive, Khouloud Jenhani et Mariem Brik, volleyeuses tunisiennes, deux parmi tant d'autres, arrivent très bien à concilier entre les trois. Et entre toutes ces activités, elles répondent aux questions du HuffPost Tunisie, le temps d'une interview.

La tâche n'est pas des plus faciles pour les deux sportives. Elles ont aussi un boulot à côté. Khouloud est physiothérapeute, et évolue également dans le domaine de community management. Mariem est enseignante à l'école des beaux-arts et architecte d'intérieur consultante.

A l'âge de 14 ans, Khouloud, aujourd'hui 28, s'inscrit au Club Olympique de Kelibia, sa ville natale. C'était aussi vers le même âge, en 1996 que Mariem, 37 ans aujourd'hui, a suivi les pas de ses deux tantes, ex-volleyeuses.

De l'ambition qui se nourrit

Entre leurs études et les entrainements, Khouloud et Mariem ne baissent pas les bras, dans tous les sens du terme. "J'avais un but, celui d'atteindre un certain niveau, de jouer à l'échelle internationale, de graver mon nom", confie Khouloud au HuffPost Tunisie, "Mais aussi, les challenges, la vie de groupe, les amis qu'on se fait... Tout cela, on ne peut le vivre sans sport".

Pour Mariem, c'est "l'ambiance, l'esprit d'équipe et surtout l'amour pour ce jeu si captivant" qui la poussent à continuer.

Aujourd'hui, Mariem et Khouloud sont joueuses professionnelles à l'équipe CF Carthage, membres de l'équipe nationale féminine de volley-ball et jouent à l'échelle internationale.

Que font-elles lorsqu'elles ne tiennent pas le ballon?

"Si je ne suis pas à l'entraînement, je travaille, sinon je fais mes courses et j'essaye d'en profiter avec mon petit ami. Mais la plupart du temps tout est en rapport avec le volley, même l'été je joue aux tournois de beach-volley", raconte Khouloud, "Mon petit ami est mon premier supporter, il est toujours présent et est compréhensif. Il donne de l'importance à ce que je fais".

sfsd

Khouloud Jenhani

Mariem, mariée et maman, arrive aussi à concilier entre sa vie privée et sa vie de volleyeuse, c'est entre autre grâce au soutien de sa famille. "Parmi les difficultés auxquelles une sportive peut faire face, c'est le jugement de la société envers elle et ses obligations familiales", confie-t-elle, "Aussi, elle manque d'encadrement et d'encouragements, surtout après un mariage ou une naissance. Une des raisons pour lesquelles elle arrête sa carrière très tôt".

"Beaucoup de gens pensent que si elle est mariée, une femme doit arrêter le travail et doit s'occuper de sa famille", confirme Khouloud.

Entre passion et obligations

Mais "cette situation a légèrement changé. Bien sûr, cela dépend de la mentalité des maris. Il y a ceux qui arrivent à voir en leurs femmes cette passion et ses bienfaits sur elles et par la même occasion sur leurs couples", dit Mariem.

dds

Mariem Brik

Déplacements, voyages, des week-ends pris par le volley, "la vie d'une sportive est très différente car elle demande beaucoup de sacrifices et de compréhension", affirme Mariem. "C'est en même temps une vie pleine d'émotions et de sensations uniques et fortes".

"On a la capacité de travailler ou bien d'étudier, de jouer au volley, de prendre soin de nous-mêmes et de prendre soin de nos proches", conclut Khouloud.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.