MAROC
05/03/2018 11h:56 CET

En convalescence, Latifa devra raconter ce jeudi son calvaire au juge d'instruction

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AFFAIRE LATÉFA - La phase de reconstruction s’annonce difficile pour Latefa. La jeune femme de Zagora, âgée de 22 ans, ne s’est pas encore remise des séquelles de la torture que lui a fait subir, pendant près de deux ans, la femme qui l’employait dans sa maison à Casablanca.

Si cette dernière est aujourd’hui derrière les barreaux à la prison de Oukacha, en détention provisoire en attendant l’ouverture du procès, Latefa, elle, devra raconter son calvaire dans le détail au juge d’instruction ce jeudi 8 mars. "Elle devait témoigner la semaine dernière, mais l’audition a été reportée sur avis de notre psychiatre qui a estimé qu’elle n’était pas encore prête", déclare au HuffPost Maroc le responsable du programme de lutte contre le travail des enfants à l’association, Omar Saadoun.

Selon ce dernier, Latefa tente de recouvrer lentement mais sûrement un état de santé physique et mental normal au sein de l’association INSAF, qui l’héberge depuis sa sortie de la clinique fin février. "Ce n’est pas facile pour elle. À son arrivée chez nous, elle était dans un état de dépression. Nous avons surtout essayé de lui redonner confiance en elle", confie-t-il.

Après les soins intensifs et les greffes de peaux à la clinique pendant près d’un mois, Latefa entame à l'évidence une longue convalescence. "Elle a des difficultés à marcher suite à ses blessures. Ce lundi, elle commence les séances de kinésithérapie qui devraient l’aider à retrouver ses mouvements", précise Omar Saadoun.

Au programme de sa convalescence, des séances avec une psychologue sont également prévues. "C’est notre psychiatre qui a recommandé ces séances avec une psychologue. Ce lundi matin, Latefa a eu sa première séance d’à peu près une heure et demie. D’autres suivront", ajoute ce responsable.

Le père de Latefa devra aussi contribuer à ce soutien psychologique. "Il était reparti à Zagora et ne pouvait pas être là à sa sortie de la clinique. Mais il l’appelle assez régulièrement au téléphone, ainsi que les membres de sa famille, surtout son oncle maternel", indique le responsable du programme de lutte contre le travail des enfants à l’association.

Les retrouvailles avec Latefa devraient avoir lieu demain au sein de l’association, d’après Omar Saadoun. "L’association est ouverte à toute sa famille. D’ailleurs, nous souhaiterions pouvoir communiquer avec elle parce qu’elle a un rôle très important en ce moment précisément", estime-t-il.

L'affaire de Latefa a éclaté le 15 janvier dernier lorsqu'elle a été abandonnée dans une clinique casablancaise par des proches de la femme qui l'employait. Présentant des blessures et des brûlures sur tout le corps, Latefa a remis sur la table le débat du travail domestique au Maroc.

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