ALGÉRIE
05/03/2018 07h:03 CET | Actualisé 05/03/2018 07h:03 CET

L'armée syrienne reprend un tiers du fief rebelle dans la Ghouta

Syrian government forces drive military vehicles in al-Shifoniya as they advance in the rebel-held Eastern Ghouta area on March 4, 2018.Syria's regime seized control of over a quarter of rebel-held Eastern Ghouta on the edge of Damascus after two weeks of devastating bombardment, sending hundreds of civilians into flight, a monitor said Sunday. / AFP PHOTO / STRINGER        (Photo credit should read STRINGER/AFP/Getty Images)
STRINGER via Getty Images
Syrian government forces drive military vehicles in al-Shifoniya as they advance in the rebel-held Eastern Ghouta area on March 4, 2018.Syria's regime seized control of over a quarter of rebel-held Eastern Ghouta on the edge of Damascus after two weeks of devastating bombardment, sending hundreds of civilians into flight, a monitor said Sunday. / AFP PHOTO / STRINGER (Photo credit should read STRINGER/AFP/Getty Images)

L'armée syrienne décidée à reprendre la totalité de la Ghouta orientale poursuit son offensive sur l'enclave, qui vit un drame humanitaire et attend l'arrivée lundi d'un convoi d'aide.

Les forces régulières contrôlent désormais un tiers du dernier bastion rebelle aux portes de Damas, vaste d'une centaine de kilomètres carrés, alors que les bombardements depuis le 18 février ont tué plus de 700 personnes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Appuyé par l'allié russe, l'armée syrienne tente de reconquérir le fief rebelle où les 400.000 habitants, qui vivent terrés dans des sous-sols pour échapper aux frappes, subissent de graves pénuries de nourriture et de médicaments.

"L'opération doit se poursuivre", a asséné dimanche Bachar al-Assad. Ses forces contrôlent l'est et le sud-est de l'enclave et ont pris pied dans le cœur du fief rebelle, à deux kilomètres seulement de Douma, la grande ville de la Ghouta, selon l'OSDH.

L'objectif est de couper en deux l'enclave rebelle pour séparer le secteur nord, où se trouve Douma, du secteur sud, a-t-il précisé.

Aide humanitaire en route

L'opération militaire se poursuit malgré une trêve quotidienne de cinq heures, une initiative de la Russie observée depuis près d'une semaine dans la Ghouta orientale, devenue un "enfer sur terre" selon le chef de l'ONU.

Mais ce lundi, les habitants de l'enclave rebelle doivent recevoir un convoi de "46 camions transportant des aides médicales et de la nourriture pour 27.500 personnes", a annoncé l'ONU.

Le convoi est "en route", a tweeté lundi Robert Mardini, chef des opérations du Comité international de la Croix-rouge (CICR) au Moyen-Orient.

C'est la première livraison d'aides dans la Ghouta depuis l'entrée en vigueur de la trêve, qui prévoyait l'évacuation de blessés et de civils et la distribution d'aides, mais dont les dispositions étaient restées lettre morte.

Il s'agit également du premier convoi depuis le lancement par le régime, le 18 février, d'une campagne aérienne d'une rare violence, même à l'échelle d'un pays ravagé depuis 2011 par une guerre meurtrière qui a tué plus de 340.000 personnes.

Aucune aide ne peut entrer dans la Ghouta sans le feu vert du régime et les dernières à être parvenues aux habitants remontent à la mi-février. Au total, l'ONU a reçu les autorisations nécessaires pour distribuer des aides pour "70.000 personnes", et un second convoi est prévu jeudi dans la Ghouta.

Situation difficile

Avec la trêve quotidienne de cinq heures, les bombardements du régime ont baissé en intensité mais raids aériens et tirs d'artillerie se poursuivent selon l'OSDH.

Au moins 15 personnes ont ainsi été tués, dans la nuit, dans des frappes visant plusieurs secteurs de la Ghouta, a indiqué l'Observatoire. Dans la localité de Hammouriyé, 10 personnes ont péri dans le largage de barils d'explosifs, a précisé l'ONG.

"Nous continuons de voir plus de combats, plus de morts", a déploré dimanche le coordinateur humanitaire régional de l'ONU pour la crise syrienne, Panos Moumtzis, dénonçant une "escalade de la violence". "Cette punition collective des civils est tout simplement inacceptable", a-t-il souligné.

Le scénario dans la Ghouta orientale n'est pas sans rappeler celui de 2016 à Alep, où les rebelles avaient dû abandonner leurs fiefs après un siège et des bombardements dévastateurs du régime et de Moscou.

Grâce à l'appui militaire de la Russie, mais aussi de l'Iran, l'armée syrienne a multiplié les victoires face aux rebelles jusqu'à reprendre le contrôle de plus de la moitié du territoire syrien.

Malgré l'adoption fin février d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui réclame un cessez-le-feu de 30 jours dans toute la Syrie, les puissances internationales se sont révélées impuissantes face aux combats qui s'y déroulent.

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