TUNISIE
05/03/2018 07h:38 CET

Le ministre de l'Éducation répond aux déclarations du syndicat de l'enseignement secondaire (VIDÉO)

Dans une interview accordée à la chaîne nationale Wataniya 1, le ministre de l'Éducation, Hatem Ben Salem, est revenu sur les problèmes actuels du ministère et les "mauvaises" décisions prises ces dernières années, déclarant que celui-ci a très fortement besoin de réorganisation et de réformes, pour pouvoir relever les défis et les objectifs fixés.

"La plus grave décision qui a été prise après la passation de mes fonctions en 2011, a été la destitution, dans une logique de rupture avec le passé, de plusieurs directeurs dont les compétences étaient indéniables".

S'agissant des problèmes entre le ministère et le syndicat de l'enseignement secondaire, et les revendications de ce dernier, le ministre estime que certaines demandes sont impossibles à satisfaire, même si, dit-il, le gouvernement dialogue avec les dirigeants de l'UGTT, et le ministère négocie de son côté avec le syndicat de l'enseignement secondaire.

"Le corps enseignant a coûté au gouvernement près de 600 millions de dinars entre augmentations et primes de promotion, et ce pendant la période 2015-2017. Le gouvernement avait donc négocié et jugé les revendications légitimes. C'est ce qui se passe aujourd'hui, contrairement à ce qui se dit. Nous sommes en continuelle négociation avec le syndicat" a déclaré le ministre. Il s'agit de propos contraires à ce qu'avait affirmé le secrétaire général du syndicat de l'enseignement secondaire, Lassâad Yaâcoubi, dimanche à Djerba, affirmant que le ministère n'a jusqu'à présent pas appelé la partie syndicale à des réunions de négociations sérieuses, "malgré la délicatesse de la situation, le manque de temps et l'état d'anxiété générale".

Le ministre a cependant souligné que certaines revendications syndicales sont à la portée du ministère et peuvent donc être satisfaites, alors que d'autres sont "tout simplement impossibles à satisfaire". Il cite comme exemple la demande d'augmentation des primes de promotion qui vaudra au gouvernement 285 millions de dinars, un coût selon lui impossible à assurer avec la situation budgétaire actuelle du pays. "Le problème est que si le gouvernement accorde cette augmentation au secteur du secondaire, il sera contraint de faire de même pour le primaire, ce qui est tout bonnement impossible" explique Ben Salem.

Concernant les multiples annonces de grèves générales, notamment celle du 15 février dernier, et celle prévue le 28 mars prochain, Ben Salem estime que cela est un droit constitutionnel, et qu'il n'a aucun problème avec ce moyen de défense syndicale. Il dénonce cependant les décisions jugées illégales, et qui avaient été annoncées par le syndicat, notamment le blocage des notes d'examen, qui selon le ministre, est un précédent dans l'histoire de l'éducation tunisienne.

"Cela constitue une ligne rouge. Aucun ministère de l'Éducation dans le monde n'accepterait une telle décision, qui plus est, illégale. Les intérêts des enseignants ne doivent pas nuire à ceux de nos élèves, qui sont au dessus de tout" a-t-il affirmé.

Les revendications du syndicat de l'enseignement secondaire sont selon le ministre majoritairement matérielles, et concernent même la loi de Finances 2018, dans laquelle le ministère, dit-il, "n'a rien à voir".

Dimanche, le secrétaire général du syndicat de l'enseignement secondaire, Lassâad Yaâcoubi avait déclaré qu'en refusant de négocier avec le syndicat, le gouvernement a choisi la voie la plus difficile et la plus périlleuse, à savoir celle de traiter les questions sociales avec indifférence et manque de sérieux, poussant ainsi les syndicats à l'escalade.

Il a également affirmé que "le gouvernement se trompe s'il croit que son attitude pourrait inciter le syndicat à renoncer à ses revendications".

Yaâcoubi a réitéré l'attachement du syndicat de l'enseignement secondaire à ces revendications et à la voie du dialogue pour parvenir à une solution.

Le 28 février dernier, la commission administrative de la fédération de l’enseignement secondaire a lancé un appel à la grève générale le 28 mars prochain tout en maintenant sa décision de bloquer les notes des devoirs du 2e semestre et de s’abstenir de les délivrer à l’administration, au terme de ses réunions tenues mardi au siège de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT).

Parmi les revendications du syndicat: le classement de leur profession parmi les métiers pénibles, le départ à la retraite à l’âge de 55 ans mais également l’augmentation des primes spéciales et la réforme du système éducatif .

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