ALGÉRIE
05/03/2018 06h:58 CET

Nouria Benghabrit: "Il n'y a pas de vainqueur, que des perdants, les élèves et leurs parents"

BOUFARIK, ALGERIA:  Algerian schoolchildren attend 09 September their first day of the school year in the city of Boufarik, 35 kms (20 miles) south of the capital Algiers. But the first day of school was not observed in the Algiers suburbs of Beni Messous, where 63 people were killed overnight 05 September, nor in Rais, where 98 people were slain last week. (Photo credit should read AFP/Getty Images)
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BOUFARIK, ALGERIA: Algerian schoolchildren attend 09 September their first day of the school year in the city of Boufarik, 35 kms (20 miles) south of the capital Algiers. But the first day of school was not observed in the Algiers suburbs of Beni Messous, where 63 people were killed overnight 05 September, nor in Rais, where 98 people were slain last week. (Photo credit should read AFP/Getty Images)

La ministre de l'Education nationale, Nouria Benghabrit, a appelé dimanche à Alger à une évaluation "objective et sans complaisance" des effets négatifs de la grève des enseignants à laquelle a appelé le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l'éducation (CNAPESTE).

Intervenant lors d'une réunion avec les représentants de ce syndicat, Mme Benghabrit a indiqué que "l'évaluation objective et sans complaisance des effets négatifs de cette grève s'impose à tous".

Elle a insisté sur le fait que cette évaluation "doit s'éloigner des préoccupations de chapelles pour ne laisser place qu'à la responsabilité que chacun doit assumer dans l'intérêt de l'école et de toute composante humaine".

"La situation dans nos établissements, ceux concernés par la grève, n'est pas des plus satisfaisantes", a fait observer la ministre, ajoutant que "le défi de rattraper les retards enregistrés, même si ces retards ne sont pas importants partout où les grèves ont eu lieu, et répondre aux préoccupations des élèves et de leurs parents, n'est pas des plus aisés".

Pour elle, "relever sans complaisance, avec responsabilité et sans conditionnalité reste la seule voie vers le rétablissement d'un enseignement dont l'objectif est celui de la qualité en direction de tous nos élèves", en appelant à ce que "cette préoccupation soit le moteur de nos échanges, dialogue et concertation aujourd'hui", rappelant que "les élèves sont les principales victimes et perdants du mouvement de grève".

"C'est pour cette raison que j'affirme qu'il n'y a pas de vainqueur, il n'y a que des perdants, à savoir les élèves et leurs parents, et la réforme de notre école qui subit encore une atteinte à un de ses fondements, un volume d'enseignement à la mesure des exigences pédagogiques définies", a-t-elle expliqué.

Mme Benghabrit a précisé que le ministère de l'Education nationale, "en marquant tout son respect à la démarche des enseignants grévistes qui ont cru sincèrement en la justesse de ce mouvement de grève, ne peut passer sous silence certaines dérives auxquelles nous avons assisté".

Elle a expliqué, par la même occasion, s'être "engagée pour une gouvernance éducative et pédagogique pertinente et une politique de gestion administrative et institutionnelle transparente" dès son arrivée à la tête du secteur en mai 2014.

"Près de 4 ans après, et après toutes les évaluations, l'élaboration d'un programme ciblé d'amélioration pédagogique, de numérisation du secteur permettra un meilleur suivi et contrôle de la gestion des situations socio-professionnelle de nos fonctionnaires et de la gestion de la scolarité de élèves", a-t-elle souligné.

Elle a indiqué que les éléments d'une refondation de l'école "comme pensée dans la réforme du président de la République sont prêts".

"A vous de choisir maintenant de contribuer sincèrement à l'avancée nécessaire ou de ne pas participer à l'émergence d'une véritable communauté éducatif où la compétence, la bienveillance, le partage, la justice et l'inclusion, la confiance et la redevabilité sont nos repères dans une démarche tout à la fois citoyenne et institutionnelle", a indiqué Mme Benghabrit.

Pour la ministre, "la formation palliera aux déficits enregistrés en matière d'éthique et de morale professionnelle ainsi que la connaissance des règlements et des lois régissant les relations à l'intérieur de l'institution scolaire et au sein de la République". "Nous avons présentement à gérer une situation post traumatique où chacun a besoin d'accompagnement", a-t-elle conclu.

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