TUNISIE
05/03/2018 10h:09 CET | Actualisé 05/03/2018 10h:10 CET

L'appel au don de cette jeune tunisienne pour sauver son père boulverse la France

Okpal / Myriam Ben Salah

"Sauvez mon père!", c'est le cri de détresse que lance sur la toile Myriam Ben Salah, 19 ans, depuis février dernier, dans l'espoir de récolter les fonds suffisant pour financer la greffe de moelle osseuse de son père Faouzi.

"Il a 62 ans mais en paraît 50, il va mourir et briser un tas de vies. J'ai besoin de vous!", développe la jeune femme sur le site de financement participatif okpal qui permet de récolter les dons. "Mon père, premier amour de ma vie du haut de mes 19 ans, a été diagnostiqué d'une grave maladie qui lui promet une mort certaine s'il ne reçoit pas très vite les soins appropriés. Cette maladie, c'est une aplasie médulaire (c'est semblable à une leucémie) qui le prive de ses défenses immunitaires".

Faouzi exerce la profession de mécanicien dans la région de Ben Arous jusqu'à l'annonce de sa maladie en mars 2017. Ses proches vivent depuis un véritable cauchemar, diagnostiqué leucémique à tort (cancer des cellules de la moelle osseuse) par un hôpital de Tunis, il enchaîne dès lors les séances de chimiothérapie.

"Ça l’a achevé", affirme son frère Chedly, interrogé par le journal Le Parisien "mon frère a une aplasie: sa moelle osseuse, qui ne fonctionnait pas bien, est désormais hors d’usage. Mais l’évaluation médicale d’un autre centre en Tunisie, ainsi que les avis de deux spécialistes en France et en Belgique contredisaient le premier diagnostic".

En France, Faouzi subit une première intervention en avril 2017, à l’hôpital René-Dubos de Pontoise, mobilisant déjà la somme de 68.000 euros, réunie grâce à la vente de son garage et à l’aide de sa famille. À la suite de cette intervention, il retourne en Tunisie.

Seulement en janvier dernier, le sexagénaire est victime d'une rechute qui marquera le retour de l’aplasie, il ne reste alors qu'une seule solution à sa guérison, la greffe. Le montant total nécessaire à l'indispensable opération est colossal, d'après le devis de l’hôpital Saint-Louis à Paris, la famille doit mobiliser plus de 400.000 euros! "Ça peut-être plus s’il y a des complications. Heureusement, on a trouvé une donneuse compatible: sa sœur Leïla", précise Chedly.

"Soit je laisse mon père mourir sous mes yeux en Tunisie, soit je trouve un moyen de le faire soigner dans un autre pays", s'indigne de son côté Myriam face à la situation ahurissante imposée par les législations française et tunisienne. Si, comme l'explique Myriam, son père ne peut être soigné en Tunisie (faute de moyens techniques), sa nationalité tunisienne, ne lui permet pas de bénéficier de la sécurité sociale en France où la réussite d'une telle intervention est estimée à 80%.

La Tunisie ne le soignera pas car elle ne dispose pas des moyens pour soigner cette maladie sur un patient de plus de 50 ans. Les médecins lui assurent que le risque d’échec dans son cas au vu des moyens tunisiens est proche de 100%. Les hôpitaux français sont tout à fait aptes à le soigner.

Faouzi est hospitalisé en France depuis le mois de février, au sein de l'unité d’urgence de Pontoise, où le prix de la chambre s'élève à 2.250 euros par jour.

Depuis son lancement l'émouvant appel ne cesse de se propager sur les réseaux sociaux. "Mon père est condamné. J'ai besoin de vous. Il lui faut une greffe, nous avons un donneur mais il faut payer les soins. Le temps est compté ! AIDEZ MOI", explique ainsi la jeune femme sur une page Facebook consacrée.

La touchante initiative, relayée dans plusieurs médias français et tunisiens, a pu aujourd'hui mobiliser les dons de plus de 680 personnes. Ces derniers s’élèvent ce lundi à plus de 17.600 euros sur okpal.

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