MAROC
05/03/2018 18h:07 CET | Actualisé 06/03/2018 08h:12 CET

1500 femmes participent pour la première fois à un marathon en Arabie Saoudite

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FEMMES - Après l'autorisation de conduire et le droit d'aller dans les stades, les saoudiennes peuvent dorénavant courir et sans autorisation au préalable de leurs pères, frères ou maris. Pour la première fois dans l'histoire du royaume wahhabite, 1.500 femmes venant de toute l'Arabie Saoudite ont pris part, ce week-end au marathon de la ville d'Al Ahsa. Elles ont pu courir près de 3km à travers la ville, sur un parcours exclusivement féminin... à condition de porter des vêtements conformes à la loi islamique.

Samedi 3 mars, niqab et burqas n'ont pas empêché des milliers de femmes, saoudiennes et étrangères, jeunes et moins jeunes, joggeuses confirmées et novices, à enfiler leur baskets et courir les quelques kilomètres de la "Al-Ahsa Court", organisée par l'hôpital Al-Moosa et les autorités de la ville.

Selon le média Al Arabiya, l'engouement était d'une telle ampleur que le comité organisateur a dû clôturer les inscriptions dans les heures suivant l'annonce du marathon après l'inscription de 2.000 femmes.

La première place a été remportée par Mizna al-Nassar, une Saoudienne de 28 ans qui a terminé la course en 15 minutes, devant Anda Jce, une coureuse américaine, et la taïwanaise Sang Sun. La jeune femme souhaiterait par ailleurs représenter l'Arabie Saoudite lors des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.

Sur les réseaux sociaux, les messages de soutiens se sont multipliés et saluent cette décision "historique" de l'Arabie Saoudite d'autoriser les femmes à faire du sport en public.

Le sport, un vecteur d'émancipation

Si ce marathon n'était pas réservé seulement aux femmes, c'est toutefois la première fois qu'elles sont autorisées à participer à une compétition dans le pays, après avoir été longtemps exclues du domaine sportif. Ce qui confirme qu'en Arabie Saoudite, les choses changent doucement mais sûrement en matière de droits des femmes: les activités sportives sont en passe de devenir un vecteur d'émancipation pour les Saoudiennes.

En 2012 déjà, la judoka Wojdan Shaherkani et l’athlète Sarah Attar avaient été les premières Saoudiennes de l’histoire à participer aux Jeux olympiques à Londres. Aux jeux de Rio en 2016, la délégation féminine avait doublé.

Depuis, les autorités ont choisi d’ouvrir les salles de sport et les clubs de gym aux citoyennes. En juillet 2016, le ministère de l’éducation a décidé d’introduire le sport comme matière pour les jeunes filles en milieu scolaire. Depuis le 1er janvier 2018, les Saoudiennes peuvent également assister à des manifestations sportives dans trois stades situés à Jeddah, Dammam et Riyad, mais dans des espaces qui leurs sont réservés.

Par ailleurs, la princesse Rima Bent Bandar Ben Sultan (surnommée "la princesse des sports") est devenue, en octobre dernier, la première femme à diriger une fédération sportive dans le royaume, quelques temps après le décret officiel du roi Salman autorisant les femmes à conduire.

Toutes ces mesures encourageantes font partie du plan "Vision 2030" porté par le prince héritier Mohammed Ben Salmane et qui promet une série de réformes économiques, politiques, culturelles et sociétales. Le plan vise, entre autres, à développer le tourisme, les activités culturelles et de divertissement et la pratique du sport dans le pays.

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