ALGÉRIE
04/03/2018 12h:13 CET | Actualisé 04/03/2018 12h:13 CET

L'armée syrienne reprend plus du quart du fief rebelle dans la Ghouta

Smoke rises from the besieged Eastern Ghouta in Damascus, Syria, February 27, 2018. REUTERS/ Bassam Khabieh
Bassam Khabieh / Reuters
Smoke rises from the besieged Eastern Ghouta in Damascus, Syria, February 27, 2018. REUTERS/ Bassam Khabieh

L'armée syrienne a repris dimanche plus du quart de l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale, après une percée inédite favorisée par 15 jours de bombardements meurtriers et l'intensification de combats au sol.

Soutenu par Moscou, les forces régulières n'ont jamais caché leuir intention de reconquérir ce fief rebelle situé dans la Ghouta orientale, aux portes de Damas, où quelque 400.000 civils assiégés depuis 2013 vivent une grave crise humanitaire.

Le pouvoir syrien a lancé mi-février une campagne aérienne d'une rare violence qui a tué plus de 650 civils et qui, selon une ONG et un média prorégime, devait constituer le prélude d'une offensive terrestre.

L'armée syrienne a "progressé sur plusieurs fronts", a reconnu dimanche une source militaire citée sous couvert d'anonymat par l'agence officielle Sana.

Il s'agit de la première annonce officielle du régime concernant cette opération terrestre, alors que depuis plusieurs jours les combats au sol se sont clairement intensifiés.

Les forces du régime ont capturé des secteurs dans l'est et le sud-est de l'enclave, jusqu'à prendre le contrôle de "plus de 25%" du fief rebelle, selon l'OSDH, ONG qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie.

"Beaucoup de peur"

Grignotant des territoires depuis l'est, "les forces du régime poursuivent leur avancée" et sont à trois kilomètres seulement de Douma, la grande ville de la Ghouta, a poursuivi l'OSDH.

Elles ont pris pied dans le centre de l'enclave, aux portes de la localité de Beit Sawa, d'après la même source.

"La rapidité de cette progression est aussi due au fait que les opérations se déroulent principalement dans des secteurs agricoles", a déclaré à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

La trêve quotidienne de cinq heures (07H00 GMT-12H00 GMT) décrétée par Moscou a fait baisser en intensité le pilonnage du régime, mais les bombardements se poursuivent.

Subissant au quotidien pénuries de nourritures et médicaments, les habitants attendent toujours une quarantaine de camions chargés d'aides promis par l'ONU.

"Pressions nécessaires"

La Syrie est ravagée depuis 2011 par une guerre complexe qui a fait plus de 340.000 morts. Grandement fragilisé, le régime d'Assad est parvenu à reprendre la main grâce à l'appui militaire de la Russie.

Après avoir multiplié les victoires face aux rebelles et aux jihadistes, le pouvoir contrôle désormais plus de la moitié du territoire, et reste déterminé à reconquérir l'intégralité du pays.

Le scénario dans la Ghouta n'est pas sans rappeler celui de 2016 à Alep (nord), où les rebelles avaient dû abandonner leurs fiefs après un siège et des bombardements dévastateurs du régime et de Moscou.

Lors d'un entretien téléphonique, le président français Emmanuel Macron a "fortement engagé" dimanche son homologue iranien Hassan Rohani "à exercer les pressions nécessaires sur le régime syrien pour mettre un terme aux attaques indiscriminées contre les populations" et "permettre l’accès humanitaire".

Compte tenu de ses liens avec le régime syrien, l'Iran a une "responsabilité particulière (...) dans la mise en œuvre de la trêve humanitaire prévue par la résolution 2401 du Conseil de sécurité de l’ONU", a ajouté l'Elysée.

La veille, le président français et le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avaient exprimé leur "grave préoccupation". Ils avaient souligné leur "pleine détermination à faire appliquer" la résolution onusienne.

Adoptée fin février, celle-ci réclame un cessez-le-feu de 30 jours dans toute la Syrie mais est restée sans effet jusque-là.

L'enclave rebelle d'une centaine de kilomètres carrés représente un tiers seulement de la vaste région agricole de la Ghouta orientale.

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