ALGÉRIE
03/03/2018 05h:47 CET

Les représailles de Jared Kushner, gendre de Trump, contre le Qatar

WASHINGTON, DC - NOVEMBER 20: White House senior adviser Jared Kushner listens as President Donald Trump announces that the United States will designate North Korea a state sponsor of terrorism during a cabinet meeting in the Cabinet Room at the White House in Washington, DC on Monday, Nov. 20, 2017. (Photo by Jabin Botsford/The Washington Post via Getty Images)
The Washington Post via Getty Images
WASHINGTON, DC - NOVEMBER 20: White House senior adviser Jared Kushner listens as President Donald Trump announces that the United States will designate North Korea a state sponsor of terrorism during a cabinet meeting in the Cabinet Room at the White House in Washington, DC on Monday, Nov. 20, 2017. (Photo by Jabin Botsford/The Washington Post via Getty Images)

En avril 2017, le ministre des Finances du Qatar a été approché par la firme immobilière du gendre du président américain, Jared Kushner, pour lui demander un investissement d’un demi milliard de dollars.

Le ministre du Qatar n’a pas souhaité faire cet investissement. Son refus a coûté cher à son pays: quelques semaines plus tard, l’Arabie Saoudite et ses alliés du Golfe - forts du soutien des Etats-Unis et de Donald Trump en personne - déclenchaient un blocus économique aussi soudain que démesuré contre l’émirat du Qatar.

Ces révélations sont rapportées par le site indépendant d’investigation américain The Intercept hier le 2 mars 2018.

Le même jour, la chaîne NBC a rapporté qu’une enquête fédérale, requise par Robert Mueller, est en cours pour déterminer si les discussions d’affaires du gendre du président américain Jared Kushner avaient eu des répercussions - en faveur ou en représailles - sur les partenaires étrangers avec qui ces discussions ont eu lieu.

Selon l’enquête du Intercept, qui cite deux sources dans l’industrie immobilière américaine, Kushner Companies, la firme immobilière du mari d’Ivanka Trump, représentée par le père de Jared en personne, avait approché Ali Sharif Al Emadi, ministre des Finances du Qatar, en avril 2017 pour lui demander d’aider à sauver une propriété de luxe au coeur de Manhattan, le 666 Fifth Avenue.

La rencontre, qui a eu lieu dans l’hôtel St Regis à New York, a duré environ 30 minutes et avait réuni plusieurs aides de Kushner Companies et des responsables qataris, en plus du père Kushner, Charles Kushner et du ministre du Qatar.

Une deuxième réunion a suivi le lendemain dans la salle de conférences de la propriété Kushner, où le ministre qatari n’a pas assisté en personne.

L’échec de la transaction s’est directement répercuté dans le soutien inconditionnel démontré, quelques semaines plus tard, de l’assaut diplomatique et économique décrété par l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et d’autres pays arabes et du Golfe contre le Qatar, à peine quelques jours après de la visite de Donald Trump en Arabie Saoudite. (Sommet de Riyad le 20 et 21 mai 2017).

Jared Kushner, conseiller spécial du président Trump, avait activement saboté tous les efforts de Rex Tillerson, Secrétaire d’Etat américain, pour mettre fin à l’embargo contre le Qatar et faire les bons offices entre le Qatar et l’Arabie Saoudite, écrit encore The Intercept.

Le président américain Donald Trump avait pris position en personne, choquant de nombreux officiels américains, pour l’Arabie Saoudite et contre le Qatar:

Les journalistes du Intercept, un magazine d’investigation en ligne fondé par le célèbre journaliste indépendant Glenn Greenwald, rapportent également qu’ils ont contacté le chef de cabinet du ministre qatari des Finances, Mohammed Hitme mais qu’il n’a pas répondu à leurs emails et a refusé de leur parler au téléphone. Quant à la porte-parole de la Maison Blanche, Hope Hicks, elle s’est suffi d’un: “Nous ne commentons pas sur les rencontres que fait Charlie”.

“Charlie” est le père de Jared, magnat de l’immobilier américain Charles Kushner, sorti de prison en août 2006 après avoir été condamné dans plusieurs affaires de corruption politique.

Selon The Intercept, ce n’était pas là la première fois où le père de Jared, Charles Kushner, sollicitait de l’argent des Qataris, mais c’était la première fois qu’il le faisait directement au ministre des Finances en personne, faisant ainsi prévaloir son alliance familiale avec Donald Trump.

Le gendre de Donald Trump a été il y a quelques jours seulement au coeur d’un autre article du Washington Post selon lequel les services de renseignement américains avaient conclu une enquête selon laquelle de hauts responsables de quatre pays (Israel, Chine, Mexico et Emirats Arabes Unis) échangeaient secrètement sur les manières d’utiliser des investissements immobiliers dans la firme de Jared Kushner comme un moyen d’obtenir des leviers pour influencer la politique étrangère américaine.

Quant au New York Times, il rapportait le mois dernier que la firme de Jared Kushner avait reçu, quelque temps avant une visite qu’il a effectuée en Israel et en Arabie Saoudite en mai 2017, “environ 30 millions de dollars d’investissements de Menora Mivtachim, une des plus grandes institutions financières israéliennes”.

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