MAROC
04/03/2018 05h:11 CET

"La Belle Hip Hop" le festival belge qui met les rappeuses à l'honneur

La belle hip hop

RAP - C'est un milieu encore très majoritairement masculin mais où les femmes, y compris au Maroc, commencent à faire leur bout de chemin. Le festival "La Belle Hip Hop" organise sa deuxième édition le 8 mars prochain, à l'occasion de la journée internationale de la femme.

À cette occasion, le rendez-vous a invité huit rappeuses, issues de huit pays différents dont le Maroc, l'Inde, les États-Unis... Huit femmes parmi lesquels on compte la jeune rappeuse marocaine Sana Ouqassou, alias "Krtass Nssa".

"La Belle Hip Hop sera le carrefour incontournable du dialogue, de l’éducation, du développement culturel, de la coexistence, de la pluralité et de l’égalité des chances!", explique le festival dans un communiqué. "Ce Festival de 8 jours va non seulement avoir un impact positif à différentes échelles mais certainement changer la manière de penser et briser tant de stéréotypes", poursuit la même source.

Huit femmes

Pour Fatima Elajmi, directrice du festival, l'un des objectif de "La Belle Hip Hop" est de présenter aux jeunes génération des exemples de femmes évoluant avec succès dans le monde du rap. "L'idée est d'offrir sur la scène une diversité de femmes, issues d'horizons différents et très actives dans leurs pays, qui peuvent servir d'exemple aux jeunes générations et montrer que le hip-hop est accessible aux femmes et est universel", explique-t-elle.

la belle hip hop

Pour sélectionner les huit rappeuses de cette édition, la directrice a choisi "au feeling" à la fois des artistes confirmées ainsi que des débutantes. "Il y en a certaines que l'on souhaite encourager, d'autres sont déjà connues, il y a toute une diversité d'artistes. Chaque année, on essayera de ramener de nouvelles têtes mais aussi des anciennes car le but du festival est aussi de créer un réseau, pour que les artistes puissent échanger et rester en contact", confie Fatima Elajmi.

Égalité des genres

Si elle reconnait que le monde du rap est encore majoritairement masculin, Fatima Elajmi ne veut pas pour autant dresser "un tableau noir" de ce genre musical. "Que ce soit au Maroc ou en Europe, la présence des femmes est encore assez minime mais on voit quand même une évolution et ce n'est pas négligeable", déclare-t-elle.

"Nous voulons continuer à mettre cela en avant pour montrer que la place des femmes. Chacune a son vécu, pour certaines c'est compliqué, et pour d'autres moins". Le festival qui ne s'identifie pas comme un événement "féministe" mais pour l'égalité des genres. "Le hip-hop met tous le monde sur un même pied d'égalité ".

Le rap made in morocco représenté

Cette année, le festival a choisi "Krtass Nssa" comme représentante du royaume. La jeune femme, qui évolue dans le petit monde du rap meknassi, reconnait également au HuffPost Maroc que se faire une place dans ce monde masculin n'est pas simple, notamment à cause du de la réputation "street" du genre. Cependant pour la jeune femme, qui trouve son inspiration dans toutes les musiques et les tracas du quotidien, travailler sur des textes traitant de sa vie en tant que femme l'aide à toucher un public qui se reconnait dans ses chansons.

La native de Casablanca s'est lancée dans le hip hop après être arrivée à Meknès où, au fil de ses amitiés, elle rencontre des artistes qui l'aident à évoluer dans son art, au fur et à mesure, à programmer des spectacles et des festivals.

"Il y a quand même des femmes qui se font un nom dans le hip-hop au Maroc et prennent leur place", explique de son côté Fatima Elajmi. "Sana est une jeune fille qui a envie d'avancer et d'évoluer, elle a tout autant sa place que les autres". Pour cette belgo-marocaine, inviter des jeunes talents marocaines est une tradition qui "lui tient à coeur" et qu'elle souhaite préserver: "On veut continuer d'inviter des artistes du Maroc, étant Marocaine ça me tient au coeur de faire venir des filles du Maroc et les voir en Belgique".

Le festival débutera le 8 mars prochain. Au programme, battle de dance, concerts, mais aussi des débats, Masterclass, ou encore la projection d'un documentaire. La journée internationale de la femme aura rarement aussi bien porté son nom.

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