MAROC
02/03/2018 08h:26 CET

Syndicat national de la presse: "L'affaire Bouachrine sans aucun lien avec la liberté de la presse et de l'édition"

Facebook / Taoufik Bouachrine

AFFAIRE BOUACHRINE - Il est sorti de son mutisme. Depuis un premier communiqué publié au lendemain de l’arrestation du directeur du journal Akhbar Al Yaoum et des sites Al Yaoum 24 et Soltana, Taoufik Bouachrine, dénonçant le caractère "musclé" de l’interpellation de ce dernier, le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) ne s’est à nouveau exprimé sur le sujet qu’hier.

Le SNPM s’en explique par la prise de contact auprès de toutes les parties liées au dossier. Une délégation du syndicat s’est déplacée à la Brigade nationale de la police juridique à Casablanca pour s’informer des détails du dossier. Ensuite, le SNPM a pris contact avec l’autorité judiciaire concernée, indique-t-il dans son communiqué, soulignant que celle-ci lui a assuré que "l’affaire n’a aucun lien avec la liberté de la presse et de l’édition".

"Cette affaire requiert une importance exceptionnelle auprès des membres du SNPM, qui ont demandé à la direction de ne prendre position qu’en disposant de données suffisantes", précise le syndicat, ajoutant que le dossier reste sous le couvert du secret sur décision du parquet. "Nous sommes ainsi convaincus de la nécessité de respecter la procédure juridique", souligne le SNPM, pour qui il est question également d’observer une neutralité.

Face à l’après Bouachrine au sein des rédactions qu’il dirigeait, le syndicat exprime son soutien aux journalistes. Il précise, dans son communiqué, qu’il "suit avec grand intérêt la situation psychologique et professionnelle des collègues exerçant dans le groupe Akhbar Al Yaoum". Et d’assurer qu’il est prêt "à leur apporter toutes formes d’appuis nécessaires en ces difficiles conditions qu’ils traversent".

Par ailleurs, sur le traitement de cette affaire dans les médias, le syndicat tire la sonnette d’alarme. Il dénonce "des violations de la déontologie ayant marqué plusieurs traitements médiatiques". Il fustige "l’énormité" de ces violations relevées également sur les réseaux sociaux.

Non-respect de l’image et de la présomption d’innocence, diffamation et insulte à l’encontre des parties de l’affaire, le syndicat ne tolère aucun de ces comportements. Et d’estimer que ces derniers ont surtout touché les journalistes plaignantes "en publiant leurs photos et en portant atteinte à leur dignité".

Le SNPM appelle à mettre un terme "au plus vite" à ces dépassements portant atteinte à la neutralité et "à se conformer à l’esprit de la justice". "Nous appelons les collègues dans les différents médias à respecter la déontologie professionnelle et à ne plus traiter cette affaire de l’angle du sensationnel, d’autant qu’elle est liée à la réputation et à la dignité des concernés".

Le syndicat légitime également son appel par l’impact que pourraient avoir ces "traitements" sur l’avenir social et professionnel des concernés, mais aussi sur leurs familles.

Soulignant l’importance de contribuer tous à faire du procès de Taoufik Bouachine "un procès équitable", le SNPM annonce qu’il en suivra les étapes. L’ouverture du procès a été fixée pour le 8 mars à Casablanca.

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