TUNISIE
02/03/2018 10h:39 CET

Selon Borhen Bsaies, Ennahdha veut régler ses comptes avec les syndicats sécuritaires

Le chargé des affaires politiques à Nidaa Tounes, Borhen Bsaies, a affirmé jeudi que certains partis voulaient instrumentaliser l’affaire du tribunal de Ben Arous pour attaquer l’institution sécuritaire en Tunisie.

Dans une interview télé accordée jeudi à Attassia, Bsaies a estimé que plusieurs parties “anarchiques” sont en train de profiter de la vague de colère menée par les avocats et les magistrats à l’encontre des sécuritaires pour nuire à l’image des policiers tunisiens.

“Ceux qui ont publié des communiqués ont des problèmes avec les syndicats sécuritaires” a-t-il souligné en citant à titre d’exemple les partis d'El Hirak Tounes Al Irada et d’Attayar. “Même Ennhadha, a-t-il ajouté, veut régler ses comptes avec les syndicats sécuritaires".

Le dirigeant de Nidaa Tounes a, en effet, mis en garde contre les tiraillements politiques et les multiples tentatives de diabolisation de l’institution sécuritaire, tout en manifestant son soutien à la cause des avocats appelant à l’indépendance de la justice. “Et rebelote, chaque année c’est le même scénario” a-t-il encore répliqué en expliquant que les manoeuvres visant à nuire à l’image des policiers se répètent souvent.

Pour lui, l’institution sécuritaire est une ligne rouge, tel est le cas pour la justice. Bsaies a rappelé, d’ailleurs, que l’institution sécuritaire est le bouclier protecteur de la l’État et de ses institutions en évoquant d’autre part le rôle joué par les syndicats sécuritaires pour empêcher l’infiltration de l’institution.

Jeudi, un grand nombre de magistrats et d’avocats ainsi que de représentants de la société civile se sont rassemblés à l’entrée du Tribunal de première instance à Ben Arous, à l’appel de l’Association des magistrats tunisiens qui a décrété une journée de colère dans tous les tribunaux du pays.

Ce mouvement intervient suite à l’incident survenu, lundi, au cours duquel des agents affiliés à différents syndicats de la police, armés, avaient investi le tribunal en protestation contre la garde à vue de sécuritaires suspectés de torture sur un détenu.

D'après, le président de l’Association des magistrats tunisiens, l’incident du Tribunal de Ben Arous a été précédé d’autres incidents similaires à Sousse, Gafsa, Jendouba et Tunis. Aucune sanction n’a été infligée à leurs auteurs, dit-il soulignant la nécessité de créer une structure chargée de la protection des tribunaux sous la tutelle du ministère public.

Les sécuritaires ont, de leurs côtés, estimé que leur présence devant le tribunal de Ben Arous était une manifestation pacifique et conforme à la loi.

Une enquête a été, par ailleurs, ouverte par les services compétents pour faire la lumière sur les incidents survenus, lundi, dans l’enceinte du Tribunal de Ben Arous.

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