MAROC
02/03/2018 07h:52 CET

Accord de pêche Maroc-UE: L'Espagne dit poursuivre normalement la pêche au Maroc (du moins pour l'instant)

Fishing boats are anchored at the Barbate port in Barbate, southern coast of Spain January 9, 2012.Hundreds of fishermen protested against the end of an EU-Morocco fishing agreement that allowed Spanish fishing boats to fish in Moroccan waters as of December 2011, reported local media. REUTERS/Marcelo del Pozo (SPAIN - Tags: MARITIME BUSINESS EMPLOYMENT CIVIL UNREST)
Marcelo Del Pozo / Reuters
Fishing boats are anchored at the Barbate port in Barbate, southern coast of Spain January 9, 2012.Hundreds of fishermen protested against the end of an EU-Morocco fishing agreement that allowed Spanish fishing boats to fish in Moroccan waters as of December 2011, reported local media. REUTERS/Marcelo del Pozo (SPAIN - Tags: MARITIME BUSINESS EMPLOYMENT CIVIL UNREST)

PÊCHE - Même tranquillité affichée qu'au Maroc. Suite à l'arrêt rendu le 27 février par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), le ministère espagnol de l'Agriculture et de la pêche a pris le parti de rassurer le secteur: "la flotte espagnole poursuivra normalement la pêche au Maroc". C'est par la voix d'Alberto López-Asenjo, secrétaire général de la Pêche en Espagne cité par EFE, que le discours officiel espagnol assure que cette activité se poursuivra ainsi normalement, du moins jusqu'au 14 juillet prochain, date à laquelle ledit accord doit être renégocié.

En effet, si Alberto López-Asenjo s'appuie notamment sur le discours commun apaisé de l'Union Européenne et du Maroc, qui ont affirmé dans la foulée de l'arrêt de la CJUE vouloir "poursuivre, préserver et renforcer leur partenariat stratégique", il n'en reste pas moins que l'échéance du nouvel accord encourage les officiels espagnols à envisager différentes options.

Parmi les scénarii envisagés, une prorogation de l'accord, une délocalisation vers d'autres eaux, voire l'arrêt temporaire de la flotte. Si cette dernière hypothèse venait à être confirmée, les marins et propriétaires de navires seraient alors financièrement soutenus par l'exécutif ibérique, précise EFE.

Priorité à l'intégrité territoriale

Des options auxquelles se prépare l'Espagne, d'autant que le gouvernement marocain, à travers son porte-parole Mustapha Khalfi, a souligne ce 1er mars, à l'issue du conseil de gouvernement tenu hier, que "le Maroc n’est nullement disposé et n’acceptera de conclure aucun accord, ou de continuer dans aucun engagement, dont l'actuel accord de pêche avec l'UE", si son intégrité territoriale n'est pas respectée.

"Le Maroc ne sauras accepter et n’acceptera à l’avenir aucune atteinte à ses constantes nationales. Partant de ces constantes dans ses relations extérieures, il demeure flexible dans ses négociations et ses relations de coopération et ses partenariats avec les autres pays du monde", a pour sa part déclaré le chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani.

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a, dans un arrêt rendu le 27 février dernier, considéré l'accord de pêche Maroc-UE valide "dès lors qu’il n’est pas applicable au Sahara occidental et aux eaux adjacentes à celui-ci". Le Maroc et l'Union européenne s'apprêtent à renégocier l'accord de pêche, adopté en 2014 pour une durée de quatre ans et qui arrive à échéance au mois de juillet prochain.

"Nous sommes dans des délais raisonnables pour entamer les négociations d'autant plus que la décision de la Cour ne conteste pas la capacité du Maroc à le faire, y compris dans les zones du Sud", précisait cette semaine, confiant, Aziz Akhannouch, ministre de l'Agriculture. En effet, comme dans la décision sur l'accord de libre-échange pour les produits d’agriculture et de la pêche prononcé en décembre 2016, le tribunal n'enlève pas au Maroc le droit de négocier pour les régions du Sahara. "Dans la première affaire, des négociations ont été entamées avec la population, mais ça ne sera pas le cas pour l'accord de pêche, car il est différent de l'accord de libre-échange", nous confiait-on cette semaine au département d'Akhannouch.

LIRE AUSSI: