TUNISIE
01/03/2018 08h:33 CET | Actualisé 01/03/2018 08h:57 CET

Pourquoi le passage télé de Mondher Belhaj Ali sur El Hiwar Ettounsi a été censuré? Le député répond

Member of Tunisia's secular Nidaa Tounes party, Mondher Belhaj Ali, arrives at a press conference to announce its withdrawal from the party, on November 4, 2015 at the National Assembly in Tunis. Rival ambitions, insults and accusations of violence have brought Tunisia's ruling party to the brink of collapse as the country struggles to lead the way towards a post-Arab Spring democracy. AFP PHOTO / FETHI BELAID        (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)
FETHI BELAID via Getty Images
Member of Tunisia's secular Nidaa Tounes party, Mondher Belhaj Ali, arrives at a press conference to announce its withdrawal from the party, on November 4, 2015 at the National Assembly in Tunis. Rival ambitions, insults and accusations of violence have brought Tunisia's ruling party to the brink of collapse as the country struggles to lead the way towards a post-Arab Spring democracy. AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)

Mercredi dernier, la chaine d’El Hiwar Ettounsi a censuré un "passage de 30 minutes" du député Mondher Belhaj Ali sur une affaire relative au mouvement Ennahdha dans son émission “Klem Ennes”, avait révélé le député. Mardi, celui-ci a publié sur sa page Facebook, la retranscription du contenu qui n'a pas été diffusé à la télévision.

D’après le député Mondher Belhaj Ali, ce sont les aveux du chroniqueur de l’émission Chekib Derouiche, portant sur l’obtention du parti Ennahdha d’un chèque à titre personnel de la part de l’Emir qatari pour dédommager les “victimes de la dictature”, qui sont été la cause de la censure de l’émission.

Ancien chargé de la Communication au sein du ministère des Droits de l’Homme et de la Justice transitionnelle à l’époque de la Troika, Chekib Derouich serait le parrain de toute l'opération judiciaire relative au dédommagement des “victimes de la dictature” au sein du gouvernement de Hamadi Jebali en 2012, révèle le député dans son PV envoyée à ladite chaine, et dont une copie a été publiée sur sa page Facebook.

Durant son intervention, le député dit avoir évoqué les défaillances et la mauvaise gestion de l’argent public durant la période de la Troika, et ce en pointant du doigt le mouvement Ennahdha qui a “mal géré un fonds public de 12 millions de dinars, qui a été consacré aux dédommagements et recrutements partisans”.

En rebondissant sur ces propos, Derouiche aurait affirmé que les fonds qui ont servi à dédommager les bénéficiaires de l'amnistie générale n’ont pas été directement prélevés sur le budget de l’État mais par un chèque prélevé directement sur le compte personnel d’un Emir qatari.

Un témoignage qui appuie, en effet, l'hypothèse que le parti Ennahdha aurait bien reçu des financements illégaux de la part du Qatar.

Mondher Belhaj Ali a, par ailleurs, appelé la chaine d’El Hiwar à rediffuser l’intégralité de l’interview le mercredi 28 février 2018 ou à lui fournir un CD contenant l’émission complète. “Sinon, il sera obligé de poursuivre la chaine en justice pour violation du droit d'accès à l'information", note-t-il.

Il est à rappeler que cette affaire de censure a poussé l’animateur de l’émission Elyes Gharbi à présenter sa démission. “Toutes les lignes rouges ont été dépassées quand mon émission a subi une censure lourde dans mon dos et sans me consulter” a-t-il précisé en ajoutant qu’il “refuse catégoriquement de travailler sous la censure, et de subir les conséquences d’agissements qui ne sont pas les siens”.

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